Mc Luhan, le President et Megavideo

J'ai adore le billet publié par Jules Roques sur les réflexions identitaires que les media traditionnel vivent face aux nouvelles possibilités de consommation offertes pars le web. J'ai d'ailleurs aimé Mc Luhan quand j'ai été a la fac, et ses propos - en effet - me paraissent plus que jamais vrai aujourd'hui: le médium, dans beaucoup de cas, est le seul message. C'est étonnant de voir la vitesse a laquelle de personnes (entreprises, politiciens, intellectuels...) qui n'ont rien a dire multiplient les supports pour toujours continuer a rien dire. S'il faut faire prendre de l'air a la bouche, autant le faire de façon virale.Toutefois, en tant qu'auditrice, et en tant que représentante d'une génération qui a grandi dans un Pays ou 20 ans de médias traditionnels ont fait plus de ravages sur l'intelligence et la dignité humaine que une lobotomie, je sent la nécessité de m'exprimer en faveur des options ( des fois, je suis d'accord, redondantes) de distribution (et de consommation) que le web offre au public. Tout d'abord une observation d'ordre très égoïste: j'ai déménage en France ça fait un an et, bien que l'offre radio et télé françaises soient assez satisfaisantes, la possibilité d'écouter la radio que je préférais quand j'habitais a Rome, et de savoir que au même temps mes amis et ma famille écoutent la même émission, ou le même morceaux, m'aide a vaincre la nostalgie. il s'agit évidemment d'une considération personnelle et qui ne s'applique qu'a une petite portion de population (les expatriés nostalgiques). La deuxième considération concerne la modalité de consommation que le web permet.Dans les années 80 - 90, les télévisions privées et les enseignements qui allaient avec (c'est pas la peine de travailler dur, d'avoir une culture et des valeurs pour obtenir un résultat: une mini jupe et des nouveaux seins feront tranquillement l'affaire) étaient au sommet de leur gloire, et le processus d'annulation d'une quelconque forme d'intelligence et auto-conscience chez les italiens était déjà bien avancé. Apres un court zapping (et après avoir du constater que même Mamie, estimée prof de latin et excellente cuisinière, faisait cramer la pasta parce qu'elle pouvait pas rater le générique de Haine et Passion au cas ou la terrible Riva - ou son clone, je ne sais plus - arrivait a séduire ce crétin de Joshua ), ma mère a démocratiquement décidé qu'elle pouvait supporter d'avoir des filles pas intégrées dans la société, mais pas d'élever des Veline. Elle a donc cassé la télé, cachée la télécommande sous le palmier du jardin, et inaugurée une longue et heureuse tradition de jeux de cartes, lecture et dodo a 9h30.J'ai donc approché tous les meilleurs classiques de la télévision italienne a partir de mes 18 ans (ce qui est bien, chez les chaines italiennes, c'est qu'elles achètent 50 passages de chaque série, programme, variété et connerie, ce qui permet a tout âge de récupérer le temps perdu et devenir aussitôt con, exactement comme tous les autres...c'est vraiment de la television de rattrapage ). Comme je faisais des études de communication, la consommation boulimique de télé ne m'a pas affectée complètement (regarder Big Brother assise entre McLuhan et Chomsky devait être une sorte d'antidote) et j'ai pu garder une pourcentage de matière grise suffisante a me faire dire: pour les italiens de ma génération, ou des générations précédentes c'est moyennement fichu (voila la réponse a la question que tous les français adorent me poser: comment ça se fait que les italiens votent encore Berlusconi? ). Toutefois je garde de l'espoir pour l'avenir, et pour les nouvelles générations: le fils de mon mari, qui a 16 ans et arrive a manipuler au même temps 6 appareils électroniques tout en restant un garçon joyeux, sympa et intelligent, se fiche royalement de la programmation classique proposée par les radios et télés nationales (et internationales, d'ailleurs). Il choisit, instant par instant, quoi regarder, quand et sur quel support: bien sur, des fois c'est des conneries, mais souvent, très souvent, ces ne le sont pas. Ce qui me fascine c'est qu'il a le choix, il a plein de choix. Et dans ce sens, oui, le médium est le message, et les media traditionnels (et ceux qui essayent de faire passer leur messages a travers ces media) doivent tenir compte de ça.
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