Un an après les expulsions où en est on ?

Maroc, Aïn Leuh, Le 8 mars 2010, en l'espace de 2 heures, 23 personnes expatriées étaient expulsées de l'orphelinat "Village de l'Espérance" (Village of Hope - VOH).
Il s'agit de 16 adultes et de leurs enfants qui s'étaient constituées familles d'accueil pour de jeunes orphelins marocains, pour la plupart abandonnés par leur mère, suite à une grossesse illégitime.
Les 33 enfants de VOH dont personne ne voulaient furent accueillis et aimés à partir de 1999 et jusqu'à 2010 dans des cellules familiales.

 

Depuis cette expulsion, qui s'est faîte en total désaccord avec la loi Marocaine (voir section "questions et réponses" ci-dessous), les familles d'accueil se battent ne serait-ce que pour ouvrir un dialogue avec les autorités du pays pour:
- Pouvoir retrouver les enfants qui pour la seconde fois dans leur vie ont été abandonnés.
- Obtenir justice concernant la totalité de leurs biens spoliés en l'espace d'une matinée (possessions, documents personnels, véhicules, bâtiments...), de manière arbitraire et sans procès d'aucune sorte.
 
Un an après ces événement dramatiques, malgré les tentatives d'apaisement et de rencontre de la part de l'équipe du Village de l'Espérance aucune ouverture de dialogue n'a été possible avec les autorités marocaines.

Nous lançons un appel afin de faire valoir le bien être des orphelins traumatisés par la séparation d’avec leurs familles d’accueil ainsi que les droits des travailleurs de VOH dont les biens ont été spoliés sans aucune forme de procès.
 
Les mois écoulés ont confirmé que le fonctionnement de VOH n’était pas le coeur du problème. En effet, presque 150 chrétiens et ainsi que des chiites marocains ont été expulsés au cours de l’année. Il s’agit en fait d’un geste politique comme l’explique le reportage de France 24.
 

 

Michael PAÏTA - Responsable projets de solidarité internationale pour La Gerbe



Quelques articles et vidéos publiées dans les jours suivant l'expulsion:
Article publié par "Telquel" mensuel Marocain , n°416
Vidéo :Conférence de presse de l'équipe VOH: Appel public au Roi Mohammed VI, suite à l'impossibilité d'être entendus par les autorités marocaines, 16/03/2010
Déroulement de l'expulsion : un responsable témoigne : 10/03/2010
Déclaration officielle du Village de l'Espérance , 11/03/2010
Vidéo France 24: une équipe de journaliste s'est rendu sur place et à interviewé des gens du village de Aïn Leuh, 06/04/2010
Article diffusé par France 24: Pourquoi le Maroc expulse-t-il les chrétiens?, 09/04/2010
 
 
Questions et réponses:
> De quel droit les chrétiens du Village de l'Espérance accueillaient-ils des orphelins Marocains?
VOH est en fait un projet issu du travail de deux femmes américaines ayant constaté, avant 1955, un besoin important concernant des enfants marocains abandonnés. En effet, dans le cas de naissances illégitimes, les jeunes mères, si elles gardent l’enfant, se retrouvent dans une situation extrêmement douloureuse, puisqu’une mère célibataire ne pourra jamais se marier et sera socialement rejetée, avec son enfant dont l’avenir est, de fait, directement compromis. De 1955 à 1995, Ellen Doran et Emmagenes Cortes accueillirent donc ces enfants, leur offrant l’espoir d’une existence sociale.
A partir de 1997 Errol Muller (directeur de V0H de 1999 à 2009), originaire d'Afrique du Sud, s'est rendu sur place et s'est mis en contact avec les autorités qui ont donné leur feu vert pour l'accueil des enfants. Ce sont ces mêmes autorités qui ont fixé un objectif d'accueil à 100 places. A la fermeture de l'orphelinat, 33 enfants étaient accueillis. Enfin, chaque enfant était confié à VOH légalement par le Caïd (juge de famille local) qui lui était le tuteur légal des enfants (question de la Kafala). Il est extrêmement suprenant de constater la fermeture de cet organisme sans aucune forme de procès et
dans l’espace d’une matinée alors que VOH avait reçu le 8 janvier (2 mois jour pour jour avant l’expulsion) un agrément le reconnaissant comme Etablissement de Protection Sociale (EPS). VOH était le seul établissement de la région d’Ifrane a posséder cet agrément. Seuls 5 établissements du pays possédaient cet agrément en 2010.

 
 
> Le Village de l'Espérance n'a t-il pas caché ses activités qui en fait consistaient à faire du prosélytisme?
Depuis le départ, les responsables du Village de l'Espérance ont toujours affiché une éthique chrétienne. Il était clair pour tous que les enfants seraient élevés dans une double culture et qu'à leur majorité ils choisiraient de s'orienter selon leur libre arbitre. Les familles étant chrétiennes vivaient leurs convictions à la maison. A l'école, les enfants recevaient un enseignement coranique comme la loi l'exige. Dans la mesure où la morale chrétienne n'est pas en conflit avec la morale de
l'Islam, les autorités ont accepté ce fonctionnement qui s'est fait depuis le départ en toute transparence. Enfin, et c'est essentiel, ces enfants on été élevés dans l'amour de leur pays. Ils étaient préparés à devenir de bons citoyens marocains. S'ils n'avaient pas été accueillis par le Village de l'Espérance, ils n'auraient eu comme espoir de vie social que la marginalité du fait de leur naissance vue comme illégitime
par la société.

 
 
> Les autorités marocaines sont souveraines sur leur territoire. N'ont-elles pas le droit de refuser la présence de personnes qu'elles estiment indésirables?
Le Maroc est souverain lorsqu'il s'agit d'accorder un droit de séjour sur son territoire. Mais sur ce point comme sur les questions d'expulsion, la loi marocaine est très claire.
Le Chapitre III de la loi n°02-03 relative à l'entrée et du séjour des étrangers au Royaume du Maroc, à l'émigration et à l'immigration irrégulières déclare que:

- sont susceptibles d'être expulsées les personnes étrangères ayant fait l'objet d'une condamnation définitive à une peine au moins égale à un an de prison sans sursis (Article 26 §6) :
disposition de la loi marocaine non respectée par les autorités


- Un étranger résidant régulièrement sur le sol marocain depuis plus de 10 ans ne peut être expulsé (Article 26 §3). Disposition de la loi marocaine non respectée par les autorités


Selon l'Article 23 de cette même loi:

- L'étranger, qui fait l'objet d'une décision de reconduite à la
frontière, peut, dans les 48 heures suivant la notification, demander l'annulation de cette décision au président du tribunal administratif, en sa qualité de juge des référés.
Disposition de la loi marocaine non respectée par les autorités
 

- L'étranger peut faire appel à un traducteur et avoir accès au dossier contenant les pièces sur la base desquelles il a été attaqué. Disposition de la loi marocaine non respectée par les autorités


- L'étranger a droit à une audience publique durant laquelle il est présent. Disposition de la loi marocaine non respectée par les autorités


Selon l'Article 24 de cette même loi:

- L'expulsion d'un étranger ne peut être exécutée avant l'expiration d'un délai de quarante-huit heures suivant sa notification ou, si le président du tribunal administratif est saisi, avant qu'il n'ait statué.
Disposition de la loi marocaine non respectée par les autorités


Un groupe de soutien s'est constitué sur Facebook et recueille déjà plus de 1500 amis.

 

 

 

Le Village de l'Espérance lors de l'annonce aux enfants du départ immédiat de leurs parents


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