Marcory-Résidentiel/ Descente musclée des Frci, hier

Les jeunes font fermer les magasins pour une semaine

-La liste des blessés

L’assassinat de Doumbia Fousseni dit Losseni et d’un individu non encore identifié, dans la nuit du samedi 1er octobre 2011, à Marcory-Résidentiel par des éléments armés, continue de faire des vagues.

Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) ont fait une énième descente musclée hier, mardi 4 octobre 2011, en moins de 72heures, à Marcory-Résidentiel. Bilan : 10 blessés graves dont deux parents de feu Doumbia Fousséni. Et ce, en présence d’un impressionnant détachement des éléments de la police et de la gendarmerie postés à des endroits stratégiques du quartier. Notamment la Station Total, la rue de la paix, la pharmacie des lagunes et le carrefour de la Banque. Tout est parti de la mort par balles de Doumbia Fousséni, le 1er octobre dernier. On se rappelle que des éléments des forces de l’ordre avaient, selon leurs dires, riposté aux tirs de feu Fousséni et d’un autre individu qui a d’ailleurs, lui aussi, péri dans les mêmes conditions. La population avait crié au complot et accusé M. Samir d’avoir sollicité les services de ces forces de l’ordre pour se débarrasser de son ex-employé qui lui réclamait des droits. L’employeur supposé avait nié tout contrat de travail de ce type le liant au sieur Doumbia et argué qu’il lui payait 10000 FCFA chaque semaine pour qu’il balaye la devanture de son magasin, action qu’il charitable, vu le handicap de ce dernier (il est mal entendant et mal voyant). Le fait est que nos investigations nous ont permis de mettre la main sur la plainte de Doumbia Fousseni contre son employeur (voir fac-similé) signée de l’inspecteur du travail de Marcory. Toute chose qui achève de convaincre que M. Doumbia était loin d’être un gangster.

Une affaire alambiquée qui continue de faire des vagues à Marcory-résidentiel, au regard des blessés d’hier. Selon des témoignages recueillis dans la famille de la victime et auprès des jeunes du quartier, c’est aux environs de 10 heures que des éléments armés taxés par les populations d’appartenir au capitaine Tuo, basés non loin de l’EGS, ont fait une descente des plus musclées dans leur quartier. Perquisition dans les domiciles de personnes soupçonnées d’être proches ou amies de la victime, bastonnade des commerçantes et de jeunes du quartier etc. Dont la sœur aînée de la victime, Doumbia Affou qui s’en est sortie avec le visage tuméfié et son neveu, Wali Gassama qui a été roué de coups. Dans cette chasse à l’homme, plusieurs personnes ont eu qui le bras fracturé, qui le crâne ouvert, qui des blessures au front, le dos endolori, le visage tuméfié... Les victimes, complètement abattues, se sont retrouvées, pour la plupart, à la clinique Polymed du quartier. La jeunesse de la commune a demandé dans ce sens « la fermeture de tous les magasins pour une semaine, le temps que le calme revienne ». En revanche, selon des témoignages, si le pire a pu être évité, c’est grâce au sang-froid des éléments du commissaire du district de Marcory, Allah N’Guessan et à l’intervention de l’ex-speakerine Annick Amon que les jeunes appellent affectueusement "maman bonheur". « Nous n’allons pas baisser les bras jusqu’à ce que justice soit rendue parce que cela fait la cinquième fois que des éléments tuent, dans l’impunité totale, ici à Marcory-résidentiel», a soutenu l’un des jeunes qui a requis l’anonymat. Le mis en cause, Samir Chalou que nous avons aperçu à la Police judiciaire, libre de tout mouvement, s’est refusé à commentaire. Renseignement pris auprès des services de la police, son nom ne figure nulle part dans le manifeste de police. Pis encore, personne n’a été arrêté dans cette affaire qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. En effet, c’est dans la nuit du samedi 1er octobre 2011, selon des témoignages, que Doumbia Fousseni a été froidement abattu par des éléments des forces de l’ordre à bord d’un véhicule de marque Toyota Corolla, de couleur blanche. Vivement que les autorités compétentes fassent la lumière sur cette énième affaire dans laquelle la communauté libanaise est toujours visée avec la complicité de certaines autorités des forces armées.

 

                                                                                                   Sériba Koné

                                                                                                  seriba67@yahoo.fr

Légende : Doumbia Affou, sœur ainée du défunt, le visage tuméfié après le passage des Frci, en médaillon sur le fac-similé (Ph : S.K)

 

La liste des blessés

1-Tolo Papis (crâne ouvert et bras fracturé)

2-Brou Ahou Roseline (bras et dos tuméfiés)

3-Kéita Ibrahim (bras fracturé)

4-Sangaré Tiémoko (dos tuméfié)

5-Affi Aya Marcelle (lynchée)

6-Meh Adjo (blessure au front)

7-Sangaré Fanta, cardiaque (lynchée)

8-Aka Marthe (lynchée)

9-Wali Gassama, neveu du défunt (lynché)

10-Doumbia Affou, sœur ainée (visage tuméfié) 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

  • Je suis vraiment consterné. Le comble, c'est qu'on en parle même pas dans les médias officiels. tenez nous informés de l'évolution de la situation.
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