Ces derniers n’ont pas encore digéré le drame qui a frappé   cette espace commercial  en date du vendredi 26 octobre 2012 aux environs de 16h 30 min.

 

La douleur de l’incendie qui s’est déclaré au marché Mboppi  le 26 octobre 2012 reste vive. Treize jours après ce malheureux évènement qui a consumé plus de  80 boutiques et leurs contenus, la plaie est encore béante.  Les commerçants sont encore sous le coup de l’émotion. Ils n’ont pas encore oublié ce qui s’est passé « ce maudit » vendredi 26 octobre 2012 aux environs de 16h30min.

Ce jour là,  raconte maman Kouokam née Tchidjou Christine propriétaire de la boutique «N° 367 bis », détruite par les flammes. «J’étais à la boutique avec mes enfants. Quand le feu  a commencé. On n’était pas trop inquiet puisque, c’était au niveau de la boutique des  biafrais, c'est-à-dire loin de nous. Pendant qu’on éteignait le feu dans ces boutiques là. On ne savait pas que  le feu allait attaquer les nôtres. J’ai demandé que les enfants ferment les portes pour que les bandits ne profitent pas de la situation pour voler les marchandises», regrettent  « mama Sita » complètement abattue.  «Malheureusement,  poursuit-elle, le feu a progressé jusqu’à nous. On a rien sauvé » se souvient elle avec beaucoup d’émotion. Sa douleur est tellement profonde qu’elle coule des larmes. Car, cet incendie a réduit en cendre le fruit des économies de toute sa vie et celle de sa famille. «J’ai même faim. Je n’ai pas encore mangé depuis le matin. Quand tu me poses tes multiples questions là, ça m’énerve même », affirme-t-elle.

Assise à la véranda de sa boutique brûlée  derrière quelques morceaux de savons noircis par le feu et quelques paquets de biscuit,  «Mama Sita» scrute l’avenir et espère gagner quelques cfa pour nourrir sa petite famille sinistrée. «C’était ça ma boutique » dit-elle en pointant du doigt une boutique située juste  derrière elle.  «Depuis l’incendie, je n’ai plus rien puisque le feu a tout brûlé. Je vends ces marchandises là pour avoir même 500 fcfa et nourrir mes enfants» fait-elle remarquer.

Tout près d’elle, Kouokam kemegne une autre commerçante  est presque  aphone. Sous le coup de l’émotion elle ne répond pas aux questions qui lui sont posées.  Mathurin un autre  sinistré,  la trentaine avancée se lance plutôt dans les invectives. «Vous êtes contents comme nos boutiques ont brûlées. Ça fait vendre votre journal.  Sachez qu’on on n’a plus rien. On fuit seulement la maison. C’est pourquoi tu nous vois au marché» déclare-t-il.

Absence de recasement

La douleur des  commerçants est d’avantage ravivée par le fait qu’ils ne sont pas recasés depuis la déclaration de l’incendie.  «Depuis que le marché a brulé, on nous a interdit  d’accès dans nos boutiques pour besoin d’enquête. On ne nous  a recasés nul part. C’est pourquoi nous sommes là, sous la pluie et le soleil. On ne sait où partir» ; se plein un des sinistrés. 

Assis comme la majorité d’entre eux devant sa boutique calcinée par les flammes, il vend quelques produits de beauté installés dans des cartons. « Ceux-ci ont été sauvés pendant l’incendie », précise-t-il.  

Les commerçants dans l’ensemble sont déjà anxieux et ce malgré l’enquête qui a été ouverte par les autorités de la ville de Douala. «C’est vrai que l’enquête a été ouverte pour trouver l’origine du feu et pour évaluer l’ampleur des dégâts. Mais, on va faire comment. En attendant, nos familles ont faim et soif. Est-ce que nos besoins doivent attendre le résultat de l’enquête. Il fallait qu’on nous case quelque part d’abord » ; pense un sinistré mécontent.

Au bureau des responsables de l’association des commerçants du marché Mboppi, Alice Maguedjio, présidente du syndicat des commerçants et détaillants du wouri, par ailleurs secrétaire de l’association des commerçants du marché Mboppi fait savoir que la vie est triste dans ce marché. «L’incendie au marché Mboppi est encore d’actualité. Tant qu’on n’a pas traité ce problème on ne parlera pas d’autre chose» ; déclare-t-elle. Elle refuse de se prononcer sur le bilan de cette catastrophe. Et, laisse le soin au président de la commission d’enquête ouverte à cet effet. «Je suis  de la commission officielle qui traite ce sinistre. Malheureusement, je ne peux pas me prononcer sur le bilan de cette commission avant que celle-ci n’aie rendu sa copie. C’est le gouverneur qui a mis cette commission sur pied. Ce sera prétentieux de ma part de me prononcer avant le gouverneur », affirme la présidente du Sycodew. Au commissariat central N°1, on fait savoir que le recensement poursuit son bonhomme de chemin et que l’enquête se poursuit.

Au marché Mboppi, le site sinistré reste gelé. Toutes les boutiques victimes d’incendies sont encadrées par une ficelle interdisant l’accès à tout le monde. Les ruines sont encore perceptibles. Dans les boutiques, on peut encore apercevoir les restes des marchandises calcinées par le feu. A y scruter de plus près, on a l’impression que c’est hier que le marché Mboppi a brûlé.

 

Hervé Villard Njiélé

 http://hervevillard.over-blog.com

 

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