Marc Ravalomanana, mon beau et généreux président

Tout d’abord, ce billet n’affiche ni préférence ni couleur politique. Le titre a bien été calculé pour attirer ton attention car en blogging, on nous apprend que tout repose sur le titre. Mais ne sois pas vexé comme si je t’ai tendu un piège mon cher lecteur, je te raconte des choses qui se sont passées ici à Madagascar.


Marc Ravalomanana (Source photo)


Le bogosse Ravalomanana

Te souviens-tu de lui ? Il voulait se présenter à la mairie d’Antananarivo, que déjà à 1000 km de là, dans des coins « reculés » comme Tuléar, on eut vague de sa réputation. Jeune, ayant visiblement réussi sa vie et avec un sourire comme celui d’une pub pour dentifrices, on se demandait s’il avait besoin des services d’un conseiller en image, car le charme, c’était clair, Dieu ne l’en a pas dépourvu. Sa chance d’emballer les cœurs des belles-mères décuplait quand il opérait cette espèce de magie d’on-ne-sait-où dans ses discours. On lui reprochait de ne pas très bien parler le français cependant, selon les dires, il avait la langue de Shakespeare dans la poche (il parlait bien anglais). Mais on s’en fout de ces histoires linguistiques, ce n’est pas pour les écrevisses qu’on engage les traducteurs dans les réunions internationales.

 

Premier mandat : Actions avec s et grand A

Preuve que la majorité des malgaches majeurs n’étaient pas indifférents aux idées de Marc (puisse-t-il me  laisser l’appeler ainsi), le beau, après explications, querelles et corps-à-corps, gagne finalement les élections de 2002 au premier tour face à Ratsiraka (un autre bogosse de son temps, je le connais très peu). Je crois que c’est en partie grâce aux stylos, T-shirts et flyers : ceux de Ravalomanana avaient un meilleur design.

Parmi ses brillantes idées, construire les routes était une priorité pour Marc. « Il a mis du bitume jusqu’au devant de nos portes ! C’est une révolution !» disaient les gens bien et les partisans tandis que les mauvaises langues leur demandaient « Est-ce que le goudron fait bouillir vos marmites ? »

Dans son premier mandat, je me souviens que Marc avait envoyé des centaines d’étudiants brillants poursuivre leurs cours à l’étranger. Je me souviens aussi qu’il avait distribué des vélos pour une modique somme. A Tuléar, les files d’attente pour se procurer ce qu’on appelait « bisikileta ravalo » ressemblaient à quelques millimètres près à la queue qu’il y a devant un guichet de la Bank of Africa en fin de mois. Ce sont les seuls souvenirs qui me reviennent. Il y en a sûrement d’autres.

Image n’ayant aucun rapport. Juste pour faire joli (Source)

Urine et deuxième mandat

« Etre président c’est comme être père de famille : tu montres la fiche de paie à Madame, tu scolarises et nourris le gosse. Ce n’est qu’après que tu peux voir ailleurs pépère. » avait dit quelqu’un que je connais bien. Je ne sais pas si vous êtes d’accord. Marc comprenait la combine pour bien diriger à Madagascar : être généreux, bien payer l’armée et les fonctionnaires et rédiger des pages et des pages de projets pour avoir quelques sous des bienfaiteurs de la planète. Te souviens-tu de MAP (Madagascar Action Plan) que des comiques ont détourné en « Marc Atsangana ho mPanjaka » (Marc Adoubé en Prince). Ce fut une longue liste d’innovations sociales, agricoles et environnementales. N’était-ce pas  bien ça ?

A mon avis, « voir ailleurs » pour lui, l’emportait de plus en plus sur la famille, si bien que les mauvaises (ou bonnes ?) langues commençaient à gagner du terrain.... (Lire la suite sur MONDOBLOG)

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

ziad maalouf posted a blog post
L’Atelier des médias est allé en Turquie pour enquêter sur la liberté d’expression dans le pays. No…
26 déc. 2017
Mélissa Barra posted a blog post
Le 8 décembre 2017 s’est tenue à Paris la remise du Prix Numérique et Transparence. Il récompense d…
15 déc. 2017
ziad maalouf posted a blog post
Nées il y a douze ans en France, les conférences gesticulées désignent un exercice d’expression en…
20 oct. 2017
ziad maalouf posted a blog post
En 2005, Anjan Sundaram renonce à de brillantes études de mathématiques aux États-Unis pour partir…
18 oct. 2017
Plus...