Centre-ville de Mafikeng

Chaque mois, près de 250 000 voitures franchissent la frontière séparant le Botswana de l’Afrique du Sud. Située à 25 kilomètres de la frontière, Mafikeng est la première ville sud-africaine à en bénéficier. Avec ses cinq centres commerciaux et ses centaines de petits magasins en centre-ville, Mafikeng fait un peu office de supermarché géant pour la région.

« La vie est moins chère, plus facile ici », explique Oupha, 38 ans. Née au Botswana, elle a décidé de s’installer à Mafikeng il y a une quinzaine d’années. Car ce que viennent chercher les Botswanais, c’est une variété de produits qu’ils ne retrouvent pas chez eux à bon prix. Benjamin, 43 ans, traverse régulièrement la frontière pour son travail de charpentier. Somnolant à moitié, le sourire aux lèvres, il veille sur la palette d’œufs qu’il ramène, en mini-bus collectif, à Gaborone au Botswana. Il confirme : « presque tout ce qu’on utilise au Botswana vient d’Afrique du Sud, même si les choses sont en train de changer car le Botswana se développe de plus en plus ».

Si Mafikeng ne dépend pas que du commerce transfrontalier, les Botswanais représentent tout de même une part non négligeable dans l’économie de certains secteurs. « Ils constituent près de 18% de notre clientèle », indique ainsi Jeffrey Mabunda, responsable des produits au « North West Parks and Tourism Board », sorte d’office régional des parcs de la province du Nord-Ouest de l’Afrique du Sud.

La proximité géographique et la rapidité des formalités administratives au poste frontière – comptez une quinzaine de minutes – n’expliquent qu’en partie ce transit permanent. C’est que les Botswanais et les habitants de Mafikeng parlent la même langue, le setswana, et partagent une histoire commune. Jusqu’à l’indépendance du Botswana en 1966, Mafikeng était, bien qu’en dehors du protectorat britannique de l’époque, la capitale du pays. Depuis, la ville a complètement réintégré l’Afrique du Sud et perdu un peu de son faste.

Mais les liens entre les Botswanais et les habitants de Mafikeng n’ont pas pour autant changé. Des liens qui continuent de se tisser chez les jeunes générations puisque les Botswanais représentent, selon les filières, jusqu’à 25% des effectifs des lycées et de l’université. D’ailleurs, qu’ils vivent d’un côté ou de l’autre de la frontière, beaucoup d’entre eux considèrent qu’ils font partie d’une seule et même communauté.

Vusi, 32 ans, est parti de l’un des townships de Soweto, là où habitait Nelson Mandela, pour trouver du travail à Mafikeng. Il nous livre son sentiment sur les relations qu’entretiennent les Botswanais avec cette région d’Afrique du Sud :


Jean-Louis Dell'Oro, avec Steven Jambot.
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Commentaires

  • Vous êtes actuellement à Gaborone, comment se vit la fièvre de la coupe du monde là-bas?
    Y-t-il des voyages organisés par les pouvoirs et ou la société civile pour aller supporter l'Afrique du Sud?
    Je vous souhaite bcp de plaisirs pendant cette tournée australe.
    ABC
  • Hier nous avons fait des interviews sur l'Université du Bostswana (le responsable des échanges et partenariats internationaux ainsi que des étudiants) et sur le monde de la culture ici.
    Cette après midi, des RDV avec une consultante spécialisée dans les questions économiques, la personne en charge des questions énergétiques au ministère de l'énergie et un journaliste politique du Mmegi, un journal local.
    Demain à l'aube départ pour Francistown, à l'Est du pays, où nous suivrons le premier match de l'Afrique du Sud vu depuis le Botswana.
    À bientôt !!!
  • quoi de neuf pour ce jour sur Mafikeng?
  • Comme cela donne envie de vivre cette scène entre Mafikeng et le Botswana. C'est un travail qui nous fera connaître d'avantage cette partie de l'Afrique.
    Courage à vous.
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