Ma réponse à Xavier Ternisien, sur Twitter

Bon, je vous le dis de suite : ma réponse ne devait pas être très très intéressante. Car Xavier Ternisien ne m'a ni contacté ni mailé... Ternisien, vous savez? Le journaliste dont toute la presse parle en ce moment depuis son "Les forçats de l'info" paru sur LeMonde.fr, qui marque un avant et un après dans la perception de la presse en ligne en France.

Pour "réponse" de ma part, elle venait suite à une question de Xavier Ternisien donc, posée sur Twitter ces derniers jours (où nous sommes connectés l'un à l'autre). The question : "Recherche témoignages journalistes du print utilisant Twitter pour enquête", avec son mail indiqué et suivi d'autres variantes dont une en anglais. En gros, comme demander poliment : "Twitter, ça sert à quoi dans la presse?". Question somme toute pertinente, puisque tout le monde (ou presque) y est en ce moment, parce qu'on nous a dit d'y aller, parce que c'est génial et parce que c'est l'avenir du journalisme!Je lui ai répondu donc avec enthousiasme et réactivité, envie d'échanger avec cet ovni catapulté "pilier de la critique web", car le sujet est inspirant et d'importance. Pas de retour de sa part depuis lors. Pas grave, un journaliste, c'est toujours "débordé, sur la brèche, en bouclage, pas le temps" etc : je le sais, j'en suis un ;-) Peut être aussi sa soudaine notoriété l'a t-il vu noyé de réponses quantitativement impossibles à toutes digérer... Et qu'un "stagiaire forçat" est en train d'éplucher et de ficher? Pas grave, j'espère avoir l'occasion de vous rencontrer Xavier, et d'échanger nos points de vue.Mais du coup je me suis dit que ça valait peut être la peine de partager cela avec la communauté. Voire de me faire étriller sur ma vision, car elle dépasse le seul usage de Twitter et vise le web 2.0 dans sa globalité. Work in progress.Voici le texte du mail donc, envoyé le 5 juin au journaliste du Monde :"Sur votre question précise, quelques expériences personnelles :* je n'utilise pas Twitter pour cette finalité, mais parce que ce que je ne suis pas en poste actuellement ;-)* en poste, dès 2007, j'ai utilisé en revanche Facebook pour préparer des enquêtes (en mag print éco)* je lançais une question (par exemple sur les usages informatiques), pour repérer quelques témoins* puis je sélectionnais ensuite les témoins figurant dans le papier print final* parfois sortaient de ce processus des remarques pertinentes pour nourrir la trame même du papierMes remarques sur Twitter, outil de journalisme :* il est devenu un tronc commun, un écran unique d'échange entre journalistes ("avancés" dirons-nous)* pour moi il complète une panoplie d'outils de "contacting" (tel, mail, messagerie instantannée, réseaux sociaux, etc.)* c'est pour moi un Telex communautaire, rien d'autre; je le trouve un peu étriqué pour une vraie démarche d'enquête; mais il peut amorcer, lancer des pistes, etc.* il contribue à une "précipitation" de production, exigée aussi par le rythme d'une rédaction web : parfois, un tweet est repris pour illustrer un papier, une idée, tel quel (ça m'est arrivé)* il créé un phénomène de mode assez hermétique : "ceux qui en sont, manipulent sa langue", "l'élite twiterienne" vs. "les ignares qui n'y comprennent rien", les "retardataires".Twitter, FB, etc : je suis aussi réservé sur cette perception, par certains journalistes et/ou influenceurs, que ces réseaux seraient des réservoirs à idées, contacts, matières, etc. dédiés à nourrir leur papiers, chroniques, enquêtes, dossiers, projets, etc. Il y a certes pleins de gens dispos, prêts à donner, contribuer, cherchant leur nanoseconde de gloire par la grâce du tweet repris ou cité... Mais c'est une situation en fait déséquilibrée, assez machiavélique : qques journalistes ou entités ayant le pouvoir de "mise en lumière", de validation, vs. une masse d'avides de participer, qui se font juste utiliser... Sous couvert de principes d'échange et de participatif, on cache des instincts plus basiques. Ce qui concerne toute la vision de l'UGC (contenu généré par l'utilisateur) : en gros l'exploitation d'un contenu gratuit et immédiatement disponible, pour blinder équipes rikikis et budgets contractés.Je ne peux m'empêcher de penser qu'on organise ainsi un système pyramidal très hiérarchique, une matrice à communiquer sourde et répétitive dont on perd quelque part le sens. Ce sans avoir en sus vraiment posé les bases du modèle économique qui définirait la place de Twitter et autres services au sein de sites d'informations élargis et cohérents. Les outils s'empilent et fonctionnent frénétiquement, avec des journalistes zélés ou inversement groggy, des marketeux excités, sur un marché de type Beyrouth. Ca fait bcp!"Pour compléter :- Lundi 4 mai 2009, France : on a marché sur Twitter!- Les journalistes se mettent à Twitter : de JP Govekar, sur LeWebLab.com- 7 préambules avant de se lancer sur Twitter
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