Le projet de loi sur le renseignement français était peu présent dans les conversations quotidiennes alors que la question de la liberté d’expression à la française et la lutte contre le terrorisme avaient suscité beaucoup de débat et d’interrogation après l’attaque sur Charlie Hebdo. Cette inquiétude pour la liberté d'expression se retrouve aujourd'hui dans plusieurs médias américains.

Il parait donc d’autant plus remarquable que le New York Times consacre un édito à ce sujet, mis en ligne le 31 mars dernier. Cet édito est un appel direct aux parlementaires français à ne pas voter la loi. Pour le quotidien américain, elle représente telle quelle une “menace sur la liberté de la presse”, une intrusion du gouvernement dans la vie des citoyens, et prive le parlement de moyens de contrôle.

Cette inquiétude pour la liberté d’expression, se retrouve dans d’autres supports.

Ainsi, pour l’Electronic Frontier Foundation (EFF), la France réagit de façon excessive. L’EFF redoute les dérives : elle a ainsi déjà constaté que des sites censés être bloqués en France seulement lui étaient inaccessibles avec un fournisseur d’accès américain. Inquiète - comme le New York Times - de l’absence de contrôle juridique, l’organisation “appelle le gouvernement à réfléchir sur la manière dont ses efforts de surveillance et de censure touchent la liberté d’expression et la vie privée.”

Le journaliste Glen Greenwald est plus direct dans The Intercept: pour lui, “il ne peut pas y avoir de doute que de telles lois ont pour intention spécifique de bannir des idées que les gouvernements n’apprécient guère.”

Toujours dans ce registre de la liberté d’expression menacée, on trouve la plateforme d’information collaborative Global Voices Online, qui rappelle qu’un pays comme la Turquie cite les pratiques françaises en exemple pour justifier le blocage de sites ou médias sociaux.

L'argument économique

Qu’est-ce que cette loi implique pour les entreprises Internet américaines ? La question est posée par le site d’information technologique Venturebeat et le quotidien économique Wall Street Journal. VentireBeat se demande si les sociétés américaines devront jouer les mouchards et à quel prix. Le Wall Street Journal affirme lui que cette loi ajoute une nouvelle pression sur Google, Twitter, Facebook etc en Europe. Un “sujet de friction” avec les autorités européennes. Il gêne car - officiellement - cela risque de causer de fâcheux précédents ailleurs et - officieusement - promet aussi d’être compliqué - voire coûteux - à mettre en place.

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