Ce mouvement de non-violence est initié par le Cameroon People’s Party (CPP). Il fait appel aux autres leaders politiques et de la société civile mener à bien cette action.

 

Le Cameroon People’s Party (CCP) n’a pas changé sa décision. Celle contestant la mise en place d’un Sénat dans l’état actuel des choses. Sans conseil régional et une conjoncture économique très accentuée au sein de la population camerounaise. « Cette conjoncture demande d’apporter des solutions aux problèmes clés des camerounais et non pas de créer une énième institution non-fonctionnelle car, le Sénat va nous coûter annuellement au moins 18 milliards de Fcfa. Chaque député nous coûte déjà plus de 30 millions de Fcfa en moyenne par an », estime Kah Walla, la présidente du CPP avant d’ajouter : « 65% des camerounais n’ont pas accès à l’eau potable et environ le même pourcentage n’ont pas accès à l’électricité au moment où nous comptabilisons plusieurs dizaines de camerounais morts en l’espace de quelques semaines à cause de l’insécurité, au moment où nos frontières permettent à des malfrats de prendre en otage des camerounais et nos hôtes étrangers, 18 milliards ou plus peuvent certainement être utilisés à des fins beaucoup plus urgentes et importantes pour le bien-être des camerounais. Le Sénat ne va résoudre nos problèmes ».

Le CPP de Kah Walla n’a pas présenté une liste aux sénatoriales. Son choix repose sur un argumentaire bien élaboré. Le Sénat, tel que conçu, est anti-démocratique dans notre Constitution. Car, estime le CPP, l’exécutif nomme 30% de l’effectif du Sénat, garantissant ainsi sa dépendance et ne pourra pas contrôler les actions de cet exécutif. Il estime aussi que le Sénat n’apporte aucune valeur ajoutée réelle à la démocratie camerounaise, qu’aucune réflexion n’a été menée pour garantir la représentativité des groupes marginalisés (femmes, jeunes, groupes ethniques minoritaires, personnes vivant avec un handicap…), et l’âge requis pour être sénateur est très élevé au regard de la moyenne d’âge de la population camerounaise. Ces paroles restant vaines jusque là, cette formation a opté, depuis le 22 mars 2013, d’organiser les vendredis noirs contre le Sénat. « Nous disons Non au Sénat et Oui à l’eau, à l’électricité et au travail. L’histoire retiendra que nous avons dit NON ! Quand le peuple se lève, les choses changent. Seule la lutte non-violente nous permettra d’obtenir définitivement nos droits ! », soutiennent les membres du CPP.

Pourquoi seulement les vendredis ? « C’est un jour de transition entre une semaine pleine de travail et le week-end. Dans les sociétés, très souvent, les gens sont décontractés ce jour. Nous les invitons donc à se vêtir en noir ; qu’ils se réunissent, s’expriment et débattent sur cette question », explique Franck Essi, le Sg du Cpp. Selon lui, cette campagne se mène à trois niveaux. D’abord sur le terrain où les gens se réunissent en noir. Ensuite, avec les autres leaders de la société civile et de partis politiques pour qu’ils participent au mouvement. Et enfin, dans les médias (les médias traditionnels et les nouveaux médias) pour qu’ils aient aussi des espaces noirs pour protester cette mauvaise gouvernance actuelle. Cette campagne prendra fin, selon le bureau exécutif, le 20 mai 2013. Courage !

Frank William BATCHOU

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