Par Franck Pouya

Le bilan de dix mois de la présidence d'Hassan Rohani ne laisse aucun espoir de modération ni de réforme au sein de la théocratie iranienne, pourtant un groupe de parlementaires français s'apprête à se rendre en Iran.

La situation des droits humains a en effet empiré selon les défenseurs des droits de l'homme et les promesses de liberté d'expression ont échoué avec plus de 700 exécutions depuis l'élection du nouveau président des mollahs.

Cette semaine les Iraniens et la communauté internationale ont été particulièrement choqué par une nouvelle violence à l'égard des prisonniers politiques à la sinistre prison d'Evine. Amnesty Internationale a déploré un raid brutal lancé le jeudi 17 avril contre les détenus politiques, faisant plusieurs blessés et de nombreux placés en isolement.

Les prisonniers ont été attaqués pour avoir fait valoir leurs revendications légitimes, notamment l'amélioration des conditions de détention et leur droit à la liberté de conscience. Selon les militants des droits de l'homme, les sympathisants des Moudjahidine du Peuple (OMPI), la principale cible du raid, ont été particulièrement brutalisés et quelque 30 détenus placés en isolement dans la section 240 d’Evine.

Le 24 mars 2014, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a décidé de prolonger le mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits en Iran et le Secrétaire Général de l’ONU a estimé que « le Président Rohani a échoué d’accomplir ses promesses de campagne pour permettre une plus grande liberté d’expression et il y eu une recrudescence aigue du nombre des exécutions depuis son élection ». De son coté le Parlement européen a enjoint, le 3 avril par une résolution sans précédente, l'Union Européenne à « intégrer les droits de l’homme dans tous les aspects de ses relations avec l’Iran ».


La visite des parlementaires français n'est pas admise
Dans ces circonstances délétères, une délégation de parlementaires français a programmé une visite officielle pour les jours à venir en Iran. Or, selon les observateurs, le régime iranien exploite les visites de délégations étrangères pour prétendre à la population iranienne que le monde est indifférent à ces exactions et ne s’intéresse qu’à gagner de nouveaux marchés.

Le Comité français pour un Iran démocratique (CFID), un groupe d'amitié avec le peuple iranien constitué de personnalités français, s'est indigné de la visite malavisée des parlementaires chez les mollahs. Il vient de publier un communiqué pour condamner les violences à l'encontre des prisonniers politiques iraniens et appeler la France à suivre les recommandations du Parlement européen pour conditionner ses relations à l'amélioration de la situation des droits de l'homme en Iran.

Si le Parlement européen, dans sa résolution du 3 avril dernier, a suggéré que “toute future délégation du Parlement en Iran devrait s’efforcer de rencontrer des membres de l’opposition politique et des militants de la société civile et de rencontrer des prisonniers politiques”, le CFID considère quand à lui que dans ces conditions dramatiques, "la visite d'une délégation de parlementaires français en Iran, est inacceptable et devrait être annulée".

Sous risque de se faire manipuler par l’appareil de propagande d’une théocratie despotique qui a fort besoin de ce genre de visite pour redorer son image, les parlementaires français devraient faire preuve de clairvoyance et corriger le tire afin de se placer aux côtés du peuple iranien en quête de démocratie et de préserver le prestige de la France auprès de cette grande nation et des démocrates du monde.

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