Comme beaucoup de monde le sait, les Observateurs de France24 ont déménagé en Tunisie à l'occasion des élections pour la constituante. J'arrive dans leur QG général très tôt, Julien et Sara sont seuls et déjà penchés sur leurs ordis. Le temps d'un café et de me parler de l’équipe qu'ils ont composé à travers un appel à participants sur internet et sur les réseaux sociaux. Le jeunes contributeurs arrivent peu à peu, tous le doigt bleu bien levé, tous avec des récits sur les files d'attente, les impressions sur l’ambiance dans les différents bureaux de vote. Ils sont des blogueurs, des journalistes, des jeunes qui ont souhaité fournir leur contribution pour ce projet, et faire au même temps l’expérience du travail dans une rédaction atypique comme celle des observateurs, ou la voix qui est mise en valeur est celle des citoyens, ou l'on se bat avec les rumeurs, ou la vérification des sources est une choses très sérieuse. Julien et Sara lisent, corrigent, conseillent. J'offre d'aller visiter un bureau de vote ou, dit-on, les hommes et les femmes qui attendent de voter sont rangés sur deux files distinctes. J’écris des textos à Julien en lui decrivant la situation, il me repond, en me donnant des indications, c'est amusant, et je trouve le courage d'aller parler aux gens qui attendent, de leur poser les questions qu'il faut. Je me rend compte qu'il faut pas un grand courage, que les gens ont envie de raconter ce qu'ils arrivent. Partout, dans tous les bureaux de vote, il n'y a pas que les "observateurs" étrangers venus pour surveiller que le vote de déroule de façon correcte. Ce sont les gens même, qui attendent depuis des heures le sourire aux lèvres, malgré la chaleur et la fatigue, qui guettent tout ce qui se passe, qui n’hésitent pas à aller vois les observateurs pour leur dire que "madame n'a pas déposé son portable" ou que "Monsieur a crié tout fort pour qui a voté". De retour au bureau, l’équipe travaille pour vérifier si les signalisations d’irrégularités sont fondées. On attend la cloture des bureaux de votes, tout ce qu'on attend c'est le bruit des touches du clavier et, en bas, dans la rue, les rires d'un groupe d'enfants qui joue au foot.
Billet de Famory Karim BathilyAjouté(e) par Simon DECREUZE
Ajouté(e) par Simon DECREUZE
Ajouté(e) par Awa Seydou, Journaliste
26 mai 2013 de 10:00 à 18:00 – La Grange
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Balises : Deby, Mingar, régime, arbitraire, détention
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