Des crimes horribles se produisent dans la ville irakienne de Tikrit depuis que les forces irakiennes et les groupes affiliés à l’Iran y ont chassé Daech. Deux correspondants de Reuters ont été témoins de la mort d'un homme par deux miliciens qui ont poignardé à plusieurs reprises un homme dans le cou et lui ont tranché la gorge.


Depuis sa reprise il y a trois jours, la ville sunnite de Tikrit a été le théâtre de violences et de pillages. Outre les meurtres, les correspondants de Reuters ont également vu un convoi de milices chiites trainer un cadavre dans les rues derrière leur voiture.


Reuters a rapporté les propos de responsables locaux affirmant que le chaos continu dans la ville martyre. Deux agents de sécurité, s’exprimant sous couvert de l'anonymat, ont déclaré vendredi que des dizaines de maisons ont été incendiées et qu'ils avaient été témoins du pillage des magasins par les miliciens chiites affiliés à l’Iran.


Ahmed al-Kraim, chef du Conseil provincial de Salaheddin, a déclaré à Reuters que les hordes chiites avaient brûlé "des centaines de maisons" et pillé des magasins au cours des deux derniers jours. «Notre ville a été brûlée devant nos yeux. Nous ne pouvions pas contrôler la situation", a déploré Kraim.


Les miliciens chiites en camionnettes parcouraient la ville en transportant des marchandises qui semblaient avoir été pillées des maisons et des établissements publics.


Un Iranien, avec une kalachnikov en bandoulière sur son épaule et une photo du guide suprême Ali Khamenei épinglé à sa poitrine, vantait le rôle de Téhéran dans la campagne. «Je suis fier de participer à la bataille pour la libération de Tikrit", a déclaré l'homme, qui s’appelait Cheikh Dawood. "L'Iran et l'Irak sont un même état maintenant."


Les empreintes des milices chiites - et de l'Iran lui-même - étaient partout visibles au cours des dernières heures de l'opération, ajoute le rapport.


Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s’est dit préoccupé par les exactions commises par les forces irakiennes et les milices dans leur guerre contre l'État islamique et a exigé une enquête. Ses propos, tenus lors d'une brève visite en Irak, vendredi, ont été l'avertissement le plus ferme à ce jour par l’ONU sur la conduite des milices chiites.


«Je suis préoccupé par les allégations d'exécutions sommaires, d'enlèvements et de destructions de biens perpétrés par les milices qui combattent aux côtés de l’armée irakienne," a déclaré Ban Ki-moon après avoir rencontré des responsables irakiens. "Les violations des droits de l'homme doivent être examinées et les auteurs doivent rendre des comptes."


«Les civils libérés de la brutalité de Daesh ne devraient pas avoir à craindre ensuite leurs libérateurs. Une forme de violence ne peut pas remplacer une autre," a-t-il ajouté.


Plusieurs organisations internationales ont exprimé leurs préoccupations au sujet des groupes affiliés à l’Iran qui commettent des crimes de guerre en Irak.


Dans un rapport en octobre, Amnesty International a déclaré que les milices chiites soutenues par l'armée irakienne commettent des crimes de guerre contre les civils en utilisant la lutte contre Daech comme prétexte pour mener des attaques de «revanche» sur la communauté sunnite.


Amnesty a dit avoir en sa possession des preuves de « nombreuses meurtres délibérés » contre les sunnites à travers l'Irak, ainsi que des familles sunnites contraint de payer des dizaines de milliers de dollars pour obtenir la libération de leurs parents enlevés.


Beaucoup de personnes enlevées sont toujours portées disparues et certaines ont été tuées même après que leurs familles ont payés de lourdes rançons pour obtenir leur libération, a indiqué l’ONG dans un rapport.

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