Les compagnies low cost en Europe

 Ryanair par Andy_Mitchell_UK (Flickr, CC)

Le Buzz européen de Maria Afonso

 

Les compagnies à bas coût ou low cost ne connaissent pas la crise. Ryanair, la compagnie low cost irlandaise est désormais numéro un dans son pays, en Espagne, en Pologne et en Italie. Cette année, la direction de la compagnie table sur un bénéfice net de 569 millions.

Pour un chiffre d’affaire en 2012, de plus de 4 milliards d’euros. Le succès, Ryanair, le doit à l’application à la lettre du modèle qu’elle qualifie « d’ultra-bas-coût ».

 

Ce modèle repose sur quelques principes simples : toud’abord Ryanair ne dessert que l’Europe, se limite à des vols de 3 heures au plus. Elle n’atterrit jamais sut les grands aéroports. Ni Roissy, ni Orly mais Beauvais à 70km de Paris. Ces aéroports sont moins onéreux, moins congestionnés et la rotation des avions y est plus rapide ; ensuite les formalités d’embarquement sont simplifiées. Impossible d’acheter un billet Ryanair en dehors d’internet autant dire que les frais de commercialisation sont nuls ; Ryanair n’a qu’un seul type d’avion le Boeing, 737, ce qui facilite la maintenance et la gestion des équipages ; enfin et surtout Ryanair recrute des salariés polyvalents, mal payés et socialement désavantagés.

 

Jonathan Brisy, responsable marketing Raynair France et Belgique, explique comment ils arrivent à baisser leurs charges.


 

 "On ne peut pas proposer des billets à 5 ou 10 euros si l’on a des coûts d’exploitation élevés."

 

La baisse des coûts permet une diminution du prix des 
billets c’est bien pour les voyageurs mais pas pour
les salariés la pression est maximum et les avantages
sociaux minimum pour ne pas dire inexistants.

A force de tirer sur les prix Ryanair applique des pratiques qui frôlent l’illégalité. En France, Ryanair a été mise en examen en septembre 2010, au sujet des rémunérations de ses salariés locaux payés dans le cadre de contrats de droit irlandais et non français. Les navigants de Ryanair basés en France sont soumis au droit irlandais, plus avantageux pour la compagnie aérienne  et moins pour les salariés.

La même année, une autre compagnie Low-Cost, EasyJet, a été condamnée à verser 1,4 million d'euros de dommages et intérêts à Pôle Emploi. Depuis la compagnie britannique, qui emploie près de 800 personnes en France avec des contrats de droit français est quand même parvenue à s'affranchir de certaines obligations du Code du travail.

A Ryanair, il n’y a pas de syndicats mais ce qui s’y passe  ne reste pas à l’intérieur. John Foley, fondateur du blog Ryanairdontcare, dénonce les contrats que Ryanair fait signer à ses employés.


 

La compagnie Volotea, low cost espagnol, tout comme Ryanair facture à ses hôtesses et stewards les formations obligatoires au moment de leurs embauches.

Chez Ryanair, le personnel signe des contrats ahurissants : mutations sans compensation, interdiction de vivre à plus d'une heure de trajet de l'aéroport, préavis de licenciements très courts . Des clauses qui obligent les personnels à travailler quand la compagnie le veut, sans leur payer les jours de congés ou de maladie. Il n’y a pas de contrepartie pour les salariés dans les compagnies low cost, pas même un salaire minimum. Témoignage d’un ancien steward chez Volotea.

 

"Je m’attendais à ce que ce soit un peu dur parce que je savais que c’était du low cost. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi dur. On n’était pas très bien traité finalement."

 

 

Sur les douze derniers mois, Ryanair a transporté près de 80 millions de passagers, et vise les 100 millions en 2019. Dans 5 ans, la low-cost irlandaise envisage aussi de s’attribuer 20% du marché européen.


 

 

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted blog posts
4 févr.
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv.
Plus...