Après plusieurs années, le comité d’organisation de l’élection Miss Tchad peine à se professionnaliser.
Comme dirait quelqu’un, le ver est dans le fruit. Ce ver s’appelle copinage et bureaucratie. Comment peut-on réussir à bien organiser si le comité qui est chargé de cela est truffé de conseillers à la présidence, à la primature et autres responsables du Ministère de la Culture? De nos jours, lorsque les gens savent qu’il y a de l’argent quelque part, ils perdent la tête et leurs efforts tendent à trouver la meilleure façon d’en garder le plus au détriment de la qualité.


C’est ainsi qu’au lieu de trouver des professionnels dans les différents domaines, le ministre de la Culture qui s’est taillé le rôle de président du Comité a pris la précaution de s’entourer des conseillers du Chef de l’Etat et du Premier ministre ainsi que de son SG et d’un de ses collaborateurs. Comme si, il n’y a pas d’autres Tchadiens. C’est la même logique qui a prévalu dans la désignation du jury. Aucune base logique ne permet que ce soit Taboye qui la préside. Même s’il est enseignant de Lettres, est-ce qu’il est le seul dans ce pays? Pourquoi sur les onze millions de Tchadiens, le comité n’a trouvé que la famille Sakkal pour en faire de la maman membre du Comité et de la Fille membre du Jury, l’une travaille à la Cour Suprême et l’autre dans une banque de la place.


Vraiment, tant que l’esprit actuel n’est pas revu, rien ne sortira de bien de cette élection tant attendue par les Tchadiens et qui entre dans les habitudes des uns et des autres comme l'évènement de l’année. Les Tchadiens voudraient savoir réellement ce qu’on fait des 70 millions alloués pour l’organisation de cette manifestation culturelle. Est-ce que cette année enfin la miss Tchad trouvera une vraie voiture neuve malgré le démenti du rapport du Comité d’organisation dans notre édition n°185, La Voix, pour dire que la voiture donnée à la miss sortante est d’occasion.

La miss de cette année ne doit pas faire exception dans la mesure où Tchami Toyota n’importe pas des Rav4 neuves. La voiture à elle donnée ne doit absolument pas dépassée les 12 millions chez nos concessionnaires du quartier.


Malgré tout, il faut persister dans l’organisation de cette compétition qui permet aux jeunes filles de se « brasser ». Contrairement aux idées reçues, Ibrahim Mahamat Adam, le chargé de la Communication du Comité Miss Tchad affirme que «les filles ne viennent pas à Miss Tchad pour la débauche». Il en appelle aux familles tchadiennes de laisser leur fille concourir parce qu’«on a de très belles filles qu’on empêche de venir représenter leur pays».
Il faut reconnaitre que nombreux sont les internautes et autres qui ne manquent pas de critiques. Un clin d’œil sur la page facebook «La Beauté Tchadienne» fait prendre conscience de la volonté des jeunes à avoir une meilleure organisation. Des critiques acerbes sur l’organisation de cette élection sont lisibles sur cette page.
Des gens ont même critiqué la présélection «Miss Fashion et non Miss N’Djaména alors comment peut-elle se présenter au concours au nom de la capitale?», a posté un internaute. Supercherie des supercheries, à Bol, c’est la Miss Airtel 2012, élue lors d’un concours entre deux établissements de la place qui a représenté la région. Simple coïncidence ou cela cache le mauvais jeu des délégués?


Par ailleurs, dans les autres régions du Tchad, les informations font croire que la sélection s’est faite au gré et au plaisir des délégués du ministère de la Culture, qui ont certifié la tenue d’une telle organisation par des soi-disant procès-verbaux pour justifier les deux cent mille reçus du Comité national.
«La Première dame, étant informée de cette mauvaise organisation, n’a pas voulu être présente à l’élection», explique une source proche du comité d’organisation. Cette absence de la Première dame, marraine de la cérémonie, explique à suffisance qu’elle refuse de cautionner cet amateurisme. Grande surprise! Alors qu’elle était attendue, elle s’est faite représentée par le Premier ministre (sic !!).
Encore très grave, les journalistes de la presse privée n’ont pas été invités pour couvrir l’événement. Que cachent les organisateurs? Selon des informations, c’est par manque de moyens financiers pour les perdiems des journalistes que ces derniers n’ont pas été invités. Et pourtant, un budget de 72 millions a servi à l’organisation. Même ceux de la télé et de la radio qui étaient présents n’ont pas eu de places assisses parce que le comité ne les a pas pris en compte. Que font donc les deux journalistes au sein du comité s’ils ne peuvent même pas s’occuper de leurs collègues?
Il est temps de confier cette cérémonie aux hommes qualifiés pour une véritable élection Miss Tchad.

Sabre Na-ideyam

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