Le terrorisme à nos portes

La sous-région ouest africaine, déjà en proie à des troubles au Mali avec les rebelles touareg, se voit de plus en plus exposée à la menace de la secte Boko Haram, un mouvement djihadistes dont les actions commencent sérieusement à inquiéter toute la planète toute entière. Après le cauchemar de Ben Laden avec son mouvement Al quaida et celui des shebab en Afrique de l’Est, c’est le tour de l’Afrique de l’Ouest de vivre l’enfer avec Boko Haram, redoutable mouvement armé mené par des aliénés « illuminés » par la force des ténèbres. C’est fini le temps où l’Afrique de l’Ouest regardait avec un air de détachement et d’insouciance les prises d’otage au Kenya, les attentats terroristes dans les capitales occidentales ou dans les villes afghanes ou pakistanaises. Le temps où les conférences internationales sur le terrorisme n’intéressaient pas les dirigeants des pays de l’Afrique de l’Ouest est désormais dépassé.

La menace est aujourd’hui à nos portes, aux portes du Bénin qui partage une très grande frontière avec le Nigéria, sanctuaire du mouvement, aux portes du Togo qui a une frontière commune avec ce Bénin ; aux portes du Ghana qui est le voisin immédiat du Togo et de la Côte d’Ivoire où fleurissent déjà des armes et des moyens de destructions à grande échelle, conséquence de plus de dix ans de conflit politico-militaire.

C’est dire que dans cette Afrique où les Etats sont faibles à tous point vue, le démantèlement des réseaux terroristes et criminel exigera sans doute la conjugaison des efforts de tous avec une vraie prise de conscience des dangers que représente une telle menace sur le développement de ces pays.

La diplomatie doit aujourd’hui d’être plus active et positive afin de mieux coordonner les moyens de prévention et de lutte contre ces réseaux. L’Afrique de l’Ouest est plus que jamais en face d’un de ses plus grands défis : éradiquer ce terrorisme naissant mais déjà très ravageur.

Le président togolais, en véritable visionnaire n’a pas attendu que Boko Haram suscite l’attention du monde avant d’annoncer le renforcement des mesures sécuritaires justement pour enrayer toute menace potentielle dans notre pays. Mais le terrorisme est un mal qui ne peut se résoudre seul. Seule une lutte commune peut apporter une solution définitive à ces différents mouvements.

Toutefois l’exportation de la question dans les capitales occidentales comme cela vient de se passer en France n’apportera pas du tout de réponse au sujet du terrorisme. Boko Haram sévit en Afrique de l’Ouest et non en France. Aussi l’appropriation de la lutte par ces mêmes puissances ne saurait être la solution dans ce combat contre le terrorisme. Certes l’Afrique a besoin des moyens des puissances occidentales pour combattre ce le terrorisme mais les soutiens doivent faire l’effort de ne pas suppléer les véritables concernés par ce problème. L’implication des pays occidentaux dans cette lutte doit savoir être mesurée et limitée surtout au niveau de l’action politique. Les relations entre les dirigeants des pays africains et les dirigeants occidentaux quoiqu’on dise ont toujours gardé ce trait de subordination ; les vrais arguments des vrais concernés du problème risquent d’être sous traités et sous évalués.

C’est aussi le moment de répéter qu’il est temps que l’Afrique se dote de ses propres instruments de défense. La crise au Nigéria dont les premiers responsables traversent des océans pour rechercher de l’aide dénude l’incapacité de l’Union Africaine à remplir sa mission. Nos dirigeants doivent saisir cette occasion pour véritablement doter notre continent des moyens pour s’assurer sa sécurité.

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