Ils protestent, s’indignent, font de bonnes œuvres, signent des pétitions, multiplient les clics ou donnent un tweet et tout ceci... du fond de leur canapé prostrés derrière leurs écrans: ce sont les nouveaux activistes fénéants ou plutôt les slacktivistes.

Le “slacktivism”, ou “activisme fénéant”, existe depuis près de 10 ans mais il a pris de l’ampleur depuis quelques années surtout avec l'émergence des réseaux sociaux.
Changer sa photo de profil selon la nouvelle cause adoptée, signer de pétition en ligne ou tweter avec un hashtag particulier sont désormais devenues les nouvelles formes d'activismes voir de lutte 2.0 voir les nouveaux moyens pour changer le monde.

Les militants étaient autrefois définis par leurs causes, ils sont aujourd’hui définis par leurs outils.Malcolm Gladwell, journaliste au New Yorker
Pour Gladwell, l’engagement social, l’activisme sur les médias sociaux, est une légende.


Certes,internet et les réseaux sociaux sont de bons moyens de mobilisation en masse et pour créer du bruit autour d'une cause dans les quatre coins de la planète (Exemple l'affaire de Kony en début 2012) mais les clics et les stauts Facebook sont-ils suffisants pour changer le cours des choses? Et même lorsque ces causes prennent de l'ampleur, y a -t-il un vrai changement par la suite (exemple la cause palestinienne ou massacre de dauphins au Danemark et au Japon)?

De plus, pour certaines causes, il faut vérifier la crédibilité de l'information qui a été communiquée et grâce à laquelle il y aura un mouvement de protestation et un engagement, chose qui n'est pas aussi évidente que ça.

Mais la question qui se pose, pourquoi devient-on slacktivist ?

 

Peut-être pour satisfaire son besoin d'appartenance et pour ce l'appartenance à une communauté militante, main dans la main avec le reste du monde. Peut-être aussi pour satisfaire ses besoins d'estime et d'auto-accomplissement et se rendre utile en faisant changer les choses. Ou parce qu’on a tellement le choix entre les causes, que grâce au slacktivisme, un simple click te permet d'adopter plusieurs causes à la fois .
Sans oublier que militer en ligne, c’est plus facile et plus fun.
Même les marques exploitent le slactivisme des internautes avec des opérations marketing bien ciblées comme par exemple cliquez sur “J’aime” pour cette cause et nous reversons telle somme pour la lutte contre le cancer.

Le militantisme numérique ne remplacera certainement pas l’activisme de la vie « réelle » car, au final, ce sont les personnes « physiques » qui font toute la différence.

Toutefois, l'efficacité du slacktivisme a été prouvée avec les révolutions arabes; le partage et la prolifération de l'information sur la toile a contribué au renversement du pouvoir de dictateurs comme Ben Ali et Moubarak. Mais à la fin, les gens qui sont descendus dans la rue, qui ont affronter les forces de l'ordre qui ont prouvé la force de la volonté d'en finir avec la tyrannie .
courage des révolutionnaires qui ont défié leur régime dictatorial dans la rue, sous la menace des balles et de la torture.


La mobilisation virtuelle doit être liée à des actions et des engagements concrets, des actions dans le vrai monde et sur le terrain.

 

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