Malgré toutes les restrictions sur Internet à la veille de l’élection présidentielle en Iran, les jeunes iraniens ont trouvé des moyens pour les contourner et les réseaux sociaux sont remplis de commentaires mettant en doute l'intégrité du scrutin.

Cela a mis en colère les responsables du régime qui expriment continuellement de l'angoisse à ce sujet et aucun jour ne passe sans que l’on ne publie des avertissements à cet égard et que l'arrestation de gestionnaires de réseaux sociaux ne soit largement signalée.

Ces activités révèlent clairement le caractère creux de l’élection et exposent en même temps les dossiers criminels de tous les candidats à la présidence, ainsi que les plans sinistres du Guide Suprême. Le slogan populaire, « le vote du peuple iranien est le renversement du régime », a largement circulé sur les réseaux sociaux. Les partisans du mouvement d’opposition de l'OMPIjouent un rôle actif dans ces campagnes en ligne. Ils participent également à l’affichage des bannières et de banderoles sur lesquelles on peut lire « Non au simulacre d’élection », avec des portraits de Maryam Rajavi collés dans les rues de Téhéran et en province.

Un aperçu des messages des internautes sur Twitter et Telegram (puisque le régime ne peut les contrôler et sont très populaires en Iran) permet de saisir la raison de la colère des autorités. Le rôle d'Ebrahim Raisi (candidat favori de la faction du Guide Suprême Ali Khamenei) dans le massacre des prisonniers politiques en 1988 en Iran est largement évoqué.

Mais les utilisateurs n’épargnent pas non plus Hassan Rohani, le président sortant, l’interpellant au sujet de son silence en 1988 lors des exécutions collectives des opposants politiques. Certains rappellent que Rohani avait exhorté à plus d'exécutions et de répression lors des prières du vendredi dans les années 1980, y joignant des coupures de journaux de l’époque.

Des commentaires publiés sur les médias sociaux affirment notamment: « Mon vote est le changement de régime », « A bas le principe du Guide suprême religieux ».

D’autres internautes tournent en dérision le président Rohani qui a récemment déclaré : « Nous partageons un même pays et tous les citoyens iraniens devraient avoir les mêmes droits ». Et ils ajoutent ironiquement : « tels que le droit légitime d'exécuter une personne toutes les 8 heures ». En effet, selon le décompte des ONG, qui déplorent 3000 pendaisons sous le mandat d’Hassan Rohani, un prisonnier est pendu toutes les 8 heures en Iran.

Un internaute a écrit au sujet de Raïssi: « Que s’est-il passé durant l'été 1988 ? Pourquoi le bilan d'un mois manque-t-il à votre dossier de campagne ? ».

Les bloggeurs ont également diffusé les appels au boycott de dizaines de personnalités, dont celui du courageux Professeur Mohammad Maleki, le premier chancelier de l'Université de Téhéran après la chute du régime du Chah, emprisonné et torturé pendant de nombreuses années sous le régime des mollahs. Ce dernier a récemment déclaré lors d’une interview: « Nous n'avons pas d'élections en Iran, nous avons des sélections (…) Je ne participerais donc pas à l’élection, car je n’y vois aucune légitimité ».

 

 

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