Le directeur du comité chargé de censurer les informations sur Internet, Abdolsamad Khoram-Abadi, a reconnu dans une interview datée du 2 Janvier 2017 que dans ce domaine le régime a échoué.

Malgré la sencure et les efforts du régime, les réseaux sociaux sont extrêmement répandus en Iran. Par exemple le Telegram est une application très populaire en Iran. Actuellement, plus de 40 millions de smartphones dans ce pays utilisent cette application. Le régime iranien qui a peur des réseaux sociaux a demandé aux sociétés de gestion de ces réseaux de coopérer avec lui et d’espionner les utilisateurs en Iran.

Le président de l’assemblée des Experts du régime iranien, le mollah Ahmad Jannati, alors qu’il affirmait que le cyber espace et les réseaux sociaux pouvaient mener les jeunes à s’égarer et que c’était plus dangereux que les drogues, le vol et d’autres problèmes sociaux, il a demandé une répression des cyber activistes.

Selon le site web étatique Entekhab, le mollah Jannati avait déclaré à la fin de l’année lors d’une réunion avec le chef de la police de l’Ile de Kish qu’ils devraient prendre des mesures de force pour gérer et lutter contre les dommages potentiels du cyber espace et il a ajouté : « Le cyber espace affecte les idées, les pensées et le comportement des jeunes et vous devriez rendre public le succès que vous avez eu dans la lutte contre ce phénomène à Kish afin que l’on bénéficie de cette expérience. »

Il a déclaré : « Le cyber espace est l’un des problèmes importants pour le régime et le pays et les autres problèmes sont secondaires. »

Selon les chiffres officiels annoncés par le régime iranien, à la fin de septembre 2016, il y a au quelque 150 millions et 230 000 cartes SIM en service en Iran, soit près du double de la population totale du pays. Ce chiffre est parmi les plus élevés au monde. Les Iraniens utilisent de façon massive leurs téléphone portables pour communiquer et pour accéder aux sources indépendantes et fiables d’informations.

Le ministre de l’Intérieur, Abdolreza Rahmani-Fazli, a reconnu que les audiences ses médias officiels en Iran sont en baisse. L’agence de presse ISNA a rapporté que sur Telegram, il y a près de 170 mille comptes en persan et environ 11 mille comptes ayant plus de 5000 suiveurs. Sur les quelque 100 millions d’utilisateurs de Telegram Messenger dans le monde, 20 millions sont des Iraniens.

Alors que Telegram Messenger est très utilisé par les jeunes en Iran, le régime des mollahs tente d’empêcher la diffusion via ce média de toute information relative à l’opposition en particulier aux Moudjahidine du peuple (OMPI) et l’ensemble de la Résistance iranienne. A ce sujet, un officiel du régime a déclaré : « Telegram ne coopère pas avec le gouvernement iranien et la politique de filtrage est devenue une blague, alors que nous sommes à quelques mois des prochaines élections présidentielles en Iran. »

Abdolsamad Khoram-Abadi (le directeur du comité chargé de censurer le contenu des sites Internet) a déclaré : « Ces dernière années, les rumeurs diffusées sur les médias sociaux ont considérablement perturbé le déroulement des élections du parlement et de l’Assemblée des Experts. Les sociétés étrangères qui gèrent les médias sociaux refusent de nous communiquer les coordonnées et les adresse IP des personnes ayant lancé ces rumeurs, de sorte que nous n’avons toujours pas pu sanctionner ces personnes. » (La chaîne numéro 2 de la télévision du régime iranien, le 1er janvier 2017).

Le PDG de Telegram Messenger, Paul Dorf, a déclaré qu’il a refusé de coopérer avec le régime d’Iran, lequel lui avait demandé d’espionner les citoyens iraniens.

Pourquoi le régime iranien déploie autant d’efforts pour filtrer Telegram et quel est le principal problème ?

La réalité est que le régime d’Iran a demandé à Telegram de filtrer les informations relatives à l’OMPI et à la Résistance iranienne. Les mollahs craignent la montée de la popularité de l’OMPI et ont toujours essayé d’empêcher que les Iraniens s’informent sur les activités de ce mouvement, mais le régime a de plus en plus du mal à empêcher la diffusion des informations dans le cyberespace.

« Telegram a déclaré que conformément au principe de la liberté d’expression, il ne peut pas filtrer certains canaux », a rapporté le 31 décembre 2016 un site Internet officiel du régime iranien.

Shahin Ghobadi, le porte-parole de l’OMPI, a déclaré : « La tentative du régime des mollahs d’inciter même les compagnies étrangères à filtrer les canaux d’informations sur la Résistance iranienne manifeste clairement la peur et l’inquiétude de ce régime face à la popularité croissante de la Résistance iranienne auprès de la population en Iran, en particulier auprès des jeunes. Ainsi, le régime reconnait que malgré la répression et la censure, les Iraniens sont désireux d’obtenir des informations sur les activités de la Résistance. »

M. Ghobadi a ajouté : « Des officiels de haut rang du régime ont évoqué à plusieurs reprises la popularité de l’OMPI auprès des jeunes iraniens, en particulier dans les universités. »

Le régime des mollahs a peur des manifestations, des grèves et des rassemblements de protestation. Des messageries instantanées permettent aux gens de constituer des réseaux et d’organiser des rassemblements et de protestation, par exemple devant le parlement du régime ou devant la prison d’Evin à Téhéran.

Après le soulèvement de 2009, le régime iranien a immédiatement mis en place un comité chargé de censurer les informations sur Internet. Le directeur de ce comité, Abdolsamad Khoram-Abadi, vient donc de reconnaitre dans son interview, l’échec du régime à contrôler l’internet et à décourager l’usage des réseau sociaux.

 

 

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