Pas les choses que le sprinter Jamaïcain, Usain Bolt, fait souvent sur les pistes d’athlétisme bien tracées. Ça s’est passé, en moins de quinze (15) secondes, sur une piste boueuse au lieu dit Nouvelle-Zélande. Histoire d’une course incroyablement réussie à l’aube de la nuit.

 

Encore un petit soupir. Et hop ! Je me décide finalement à écrire ce billet. A l’instant où je soigne mes démangeaisons manuelles sur le clavier de mon ordinateur, ma montre signale 1h50. Le seul bruit qu’on peut entend dans cette nuit calme, c’est le battement de mon cœur. Honnêtement, le rythme cardiaque a augmenté. « Coum, coum, coum ! ». On dirait que Jésus-Christ insiste enfin pour entrer dans mon cœur. Peut-être l’accomplissement de la parole de cette fidèle, belle comme un ange, de l’église Les témoins de Jéhovah. Elle qui m’a dit ; quelques heures plus-tôt, que Seigneur veut que j’ouvre mon cœur. Un peu comme notre Noum-ngui l’a fait, à cœur joie, via papa François. Pardon, je voulais dire, le Pape François. Yeuch ! Qui lui a d’abord dit que mon cœur était fermé ? Et d’ailleurs, avec quoi devrais-je l’ouvrir ? Un ciseau, un bistouri ou une scie en moteur ?

En même temps, l’horoscope n’a pas dit que je devais avoir des atomes crochus ce jour avec les signes astraux « Prédiction » et « Réalisation ». Si tu cherches encore ton signe, écoute Petit Yode dans son titre « Signe zodiaque » et tu sauras. Revenons à notre course de 1000 mètres menée avec maestria sur cette piste boueuse dans l’arrondissement de Douala IVe, au lieu dit Nouvelle-Zélande. C’est à Bonabéri. Seul hic, il n’y avait pas de prix à gagner. Donc, le mien est loin de dormir avec les poissons au fond du Wouri comme celui du Prix Yvan Amar remporté par ma sister Gaëlle Ngo Tjat.

 

Nous sommes le 22 octobre 2013. J’opte finalement à 14 heures de passer la nuit avec une parenté vivant à Bonendalè. Un coin très spécial et reposant de la ville. Mais arriver n’est pas chose facile. Après plusieurs va-et-vient dans la ville, j’emprunte mon taxi au rond-point Deïdo. Le taximan me prévient à l’avance : « Je vais te laisser à 4 étages et tu vas prendre une moto. La route est bloquées ». Sans problème tonton. Allons-y ! Sauf que je ne suis même pas arrivé à la destination préalablement indiquée. Le taximan a décidé rebrousser chemin au niveau de Grand Hangar. Plus moyen d’avancer. C’était le « na yélélé » de l’embouteillage. A force de ronfler sur place, une voiture en partance pour Limbé a pris feu. Heureusement que le propriétaire, secouru par les policiers en faction, avec son extincteur. Ouf ! On a eu néanmoins chaud ! Même la moto n’arrivait pas à circuler. Il fallait même d’abord trouver. J’ai donc commencé mon job. La marche à pied. Un, deux… un, deux et sans pression comme Foning. Au niveau de la Sonel avant les rails, je décide de bifurquer par un raccourci. Question d’arriver un peu plus-tôt !

 

Cette fille, témoin de Jéhovah, m’avait d’ailleurs dit que Dieu n’oublie pas ses enfants assoiffés (dans cette marche sous le soleil caniculaire). Alors que je saute les marres d’eau, j’entends, comme une voix descendue du ciel, appeler avec insistance : Frank, Frank !! Qui me connait encore ici ? Quand je me retourne, qui vois-je ? Un vieux frère assis dans un bar. On a « coupé » quelques bouteilles… Il est pratiquement 19h quand je décide poursuivre mon périple. Alors que je faufile dans le coin obscur et perdu de Nouvelle-Zélande, un costaud chien s’est mis à me suivre. Montrant de temps en temps ses crocs. On peut faire comme ça, après le boutiquier bouffé par deux chiens ici à Bonabéri, c’est mon tour.

 

J’avance, le chien avance. Je m’arrête, il s’arrête. Une, deux fois. Malchance ! La troisième fois, le chien a commencé à me suivre avec vitesse. J’ai dit : « Catch me if you can ! ». C’est la vitesse que tu voulais voir ? Quand j’opte souffler un peu, une grand-mère a surgi, j’ignore de quel buisson exactement, pour me demander nonchalamment : « Mon fils, tu cours plus que qui ? ». A l’heure ci hein, je cours plus que toi la vieille. J’ai pris mes deux (grandes) jambes au cou. Top départ avec un (manyaka) sprint jamais expérimenté jusqu’ici. Au finish, 1000 mètres en moins de quinze secondes. Il n’y a que dans de pareille circonstance qu’un non-coureur comme moi peut devenir, miraculeusement et dans un coin marécageux, recordman mondial. Sans médaille ni honneur comme les autres champions. Hey, il est 3h45. Je m’arrête là. Mon cœur aussi !

Frank William BATCHOU

 

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted a blog post
Les récentes législatives et l’état de santé du président Ali Bongo Ondimba ont ravivé certaines…
4 févr. 2019
mapote gaye posted a blog post
Ceci après avoir publié par «erreur» l’information selon laquelle la présidente du Sénat,  Lucie…
4 févr. 2019
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv. 2019
Plus...