Refonte biométrique. Le pourcentage (35%) classe cette région au septième rang national. Elecam a mis de nouveaux moyens en place pour combler le déficit avant la date de fermeture de cette opération pré-électorale.

 

On s’achemine progressivement vers la date butoir des inscriptions sur les listes électorales. Dans la région du Littoral, ce n’est pas la grande affluence. Seuls 35% des objectifs sont atteints à ce jour. Soit environ 289.500 électeurs inscrits. La démotivation est plus poussée dans le département du Wouri avec moins de 200.000 personnes figurent sur le fichier électoral. Cette absence d’engouement autour de l’opération d’inscription sur les listes électorales est due à la désaffection des populations, la spécificité des activités économiques des populations du Wouri, le manque de temps et d’informations. « Les élections ne m’intéressent plus au Cameroun à cause des fraudes observées dans le processus depuis plusieurs années. Cette désapprobation a commencé depuis les élections de 1992. Inscription ou pas, il y a des candidats qui sont d’office sûrs de gagner. Ce n’est pas important. Je le referais quand les choses vont changer », estime Parfait Djoumsie, rencontré au marché Nkoulouloun. Son acolyte, Juliette Wansi, de poursuivre : « Elecam n’informe pas assez les gens. En plus, je ne vais pas laissez mes effets ici pour aller m’inscrire. S’ils ne veulent pas venir ici, qu’ils laissent parce que personne ne nourrit mes enfants. Les cinq minutes que je perds, je pouvais écouler toute ma marchandises ».

Pourtant, l’inscription se fait en moins de cinq minutes. Pour remobiliser et motiver les populations, « tous les acteurs du processus électoral doivent jumèlent leur effort pour permettre à Elecam d’atteindre les objectifs qu’on s’est fixé au départ. Inscrire le maximum de camerounais sur les listes électorales. Il y a des leaders d’opinion qui ont donné des mots d’ordre de boycotter les inscriptions », soutient Thomas Edjake Bonda, membre du conseil électoral dans le Littoral. A cette allure, pense certains leaders de l’opposition, « on n’a pas l’impression qu’on va atteindre même les 800.000 électeurs prévus par Elecam. Nous sommes alors loin du comble », estime Anicet Ekanè du Manidem. Me Jean De Dieu Momo du Padec affirme, pour sa part, avoir été « le premier à décrier les dérives d’inscriptions. Mais quand je voie l’un des responsables d’Elecam dire qu’à ce stade il n’y a pas encore de fraudes, je me dis que c’est une façon d’encourager davantage les fraudes qui sont visibles ».            

La société civile n’est pas en marge. Elle avoue avoir déjà « convaincu nos populations parce que si tu n’as pas la carte d’électeurs, comment tu vas participer à l’édification de ce pays. Vraiment, je crois que les camerounais sont entrain de comprendre, surtout ceux de ma communauté », explique Jean Banassoukek. Cependant, tous prescrivent à Election Cameroon d’intensifier sa communication, de se montrer plus crédible auprès de la population et plus présent sur le terrain. Depuis quelques jours déjà, Elecam se déploie dans certains marchés et carrefours à forte densité pour inscrire les populations. Ce n’est qu’ainsi, que cet organe chargé de gérer les élections au Cameroun pourra espérer atteindre le cap de 100% au soir du 28 février 2013.

Frank William BATCHOU

 

Réactions

Hervé Emmanuel Nkom, membre du comité central du Rdpc

Elecam peut faire mieux. Mais, il ne s’est pas donné assez de moyens pour réaliser ses inscriptions dans une ville qui compte plus de trois millions d’habitants. Avoir 25 kits à douala c’est faible pour réaliser de grands scores. Il faut que la communication s’améliore d’abord et il faut qu’Elecam la fasse et que les partis politiques se concourent au suffrage universel en faisant que les gens viennent s’inscrire.

 

Me Momo Jean De Dieu, président du Padec

Il y a un contact, c’est qu’il y a peu d’engouements des populations à s’enregistrer sur les listes électorales. La perte de confiance dans notre fichier électoral. Les gens vous disent qu’on va aux élections pour faire quoi ? Que vous ne pouvez pas gagner parce que les vainqueurs sont déjà connus. Donc, c’est une perte de temps. Pour contrer cela, nous demandons une forte mobilisation d’Elecam sur le terrain

 

Thomas Edjake Bonda

Le principal problème c’est que nous n’avons pas encore suffisamment enrôlé les camerounais sur les listes électorales.  C’est parce qu’ils trainent encore le pied. Nous avons travaillé pendant près de soixante-dix jours ; il nous en reste quarante. Il n’y a pas d’échec. Bien au contraire, nos enfants et nous-mêmes sommes sur le terrain. Nous travaillons avec l’appui des autres acteurs qui ont fait de leur mieux pour qu’on atteigne ce niveau et nous espérons qu’ils feront plus pour qu’on aille plus loin.

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