Le Groenland va exploiter son sous-sol

 

Le Buzz européen de Maria Afonso

 

Le Groenland qui vit essentiellement de la pêche, de la chasse et de l’élevage, se lance dans l’exploitation de ses richesses minières. Après des années de débat, le nouveau gouvernement du territoire autonome danois vient d’accorder un permis de 30 ans pour exploiter le minerai de fer et il vient d'autoriser l'extraction de l'uranium.

 

Ce territoire quatre fois grand comme la France, dispose, en effet, d’un sous-sol riche en métaux, en uranium, en Terres rares sans parler des hydrocarbures. Cette immense île qui borde l’océan Arctique, contiendrait 20% des réserves pétrolières mondiales et d’énormes quantités de gaz. Des ressources minières de plus en plus facilement accessibles, avec le réchauffement climatique et son corollaire la fonte accélérée des glaces arctiques.

 

Le Groenland vient donc d’autoriser l'extraction de l'uranium et d’accorder un permis à une compagnie britannique, London Mining, pour extraire du fer. Ce gisement de minerai de fer, à 150 km au nord-est de la capitale Nuuk, devrait produire 15 millions de tonnes par an. L’exploitation de la mine devrait, aussi, créer près de 800 emplois, dont la moitié pourrait être occupés par des Groenlandais. London Mining calcule qu'il devrait payer près de 4 milliards d'euros d'impôts sur 15 ans, ce qui aujourd'hui gonflerait le budget du Groenland de près de 20%. Pour Jens Erik Kirkegaard, le ministre groenlandais de l’industrie et des minerais, c’est un projet très positif pour le pays.

 

 

 

Des ressources financières qui arrivent à point nommé pour le Groenland, qui a fait le choix de l’indépendance. Le Groenland dépend financièrement des subventions versées par le Danemark, ce qui représente aujourd’hui près de la moitié du budget de l’Etat. Des subventions, dont le Groenland devra, bientôt, se passer, car il a fait le choix de l'indépendance.

 

Son nouveau statut d’autonomie renforcée étend les compétences des autorités groenlandaises à une trentaine de nouveaux domaines, dont la police, la justice, le droit de la famille, mais aussi et surtout la gestion des matières premières. Un point fondamental du texte d’autonomie fixe la répartition des recettes provenant de l’exploitation future des ressources naturelles. Il est précisé que les subventions du Danemark seront suspendues, si les revenus réalisés par le Groenland dépassent 7 milliards de couronnes soit 935 millions d’euros. Reste que ces retombées financières attendues ne devraient pas être immédiates. 

 

Dans l'uranium, les projets sont embryonnaires. Le plus avancé est celui de l'entreprise australienne Greenland Minerals and Energy, qui prospecte, actuellement, un gisement prometteur, au sud du Groenland, qui pourrait devenir l’une des plus grandes mines de terres rares et d’uranium, au monde.

 A Narsaq, à la pointe sud du pays, les habitants s’interrogent.

 

 

"Tant qu’il n’y a pas de risque, je suis pour. Sinon notre village va mourir."

Une situation qui inquiète les organisations de défense de l'environnement... Des ONG comme WWF et Greenpeace militent pour la défense de la faune marine et des fjords très fragiles.

 

Ces organisations avaient un allié, le climat groenlandais qui refroidissait les ambitions de ceux qui ont voulait s’accaparer ses ressources. Mais aujourd’hui l’avenir s’annonce inquiétant. Mads Christensen de Greenpeace souligne les risques pour la sécurité.

 

 

"Nous ne croyons pas en l’avenir avec le nucléaire et on craint que l'uranium puisse se retrouver entre les mains de ceux qui veulent fabriquer les bombes ou les armes nucléaires."

 

Mais le Danemark qui gagne t-il ? Dans un premier temps, probablement, des retombées financières. Mais par la suite la revendication indépendantiste du Groenland.

 

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted blog posts
4 févr.
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv.
Plus...