Les drônes au service du journalisme ?

Photographier le haut d’un volcan en ébullition, filmer du ciel une manifestation ou un camp de réfugiés interdit aux visiteurs : voilà quelques-unes des possibilités qu’offre le drone aux journalistes. Aujourd’hui, cet engin piloté à distance n’est plus réservé aux seuls militaires. Il se démocratise et intéresse de plus en plus les médias français. La preuve : le journal L’Express lance son projet de drone journalisme, « Drone It ». Le réseau parisien des Hacks Hackers a profité de l’occasion pour se pencher sur ce nouvel outil d’information. C’était lors de son 6e meet-up, le 28 mars dernier, dans les locaux de L’Express.

Les Hacks Hackers sont soit journalistes, soit développeurs. Ils font partie d’un réseau international qui compte 10 000 personnes sur le globe et se retrouvent ponctuellement par petits groupes pour réfléchir au futur de l’information. Dans ces conditions, difficile pour les Hacks Hackers français de passer à côté du drone journalisme ces temps-ci.

 

 

Car si aux Etats-Unis cette nouvelle pratique est déjà en place depuis un certain temps, en France on est en train d’assister à son éclosion, là, maintenant. Un journaliste du quotidien Ouest-France, Dominique Mesgouez, a été le premier à se lancer il y a quelques mois, filmant avec son drone un piano abandonné sur un bout de falaise inaccessible :

 

 

Le projet « Drone it », lancé par le Lab de L’Express le 30 mars risque de donner un coup d’accélérateur au phénomène. Pendant deux mois, cinq équipes munies chacune d’un drone partent réaliser (entre autres) des reportages photos et vidéos. Dans chaque drone, une caméra ou un appareil photo, un contrôleur de vol, et au sol, un pilote. Et pour les résultats, le rendez-vous est donné le 4 juin, ici.

 

 

LES POUR

 

Le directeur de l’innovation à l’Express, Raphaël Labbé , le répète : le drone permettrait au journalisme de « prendre de la hauteur ». Il fournirait des images inédites,  impossibles à capturer telles quelles depuis la terre ferme ; « Mieux que les photos de Yann Arthus Bertrand », nous dit-on.

 

Exemple avec cette vidéo tournée pendant une manifestation en Pologne :

 

 

Autre atout en faveur du drone journalisme, son coût plutôt réduit. Un drone tel que ceux utilisés pour le projet de L’Express coûte environ 300 euros, caméra embarquée comprise. Une somme dérisoire à côté du prix d’une location d’hélicoptère pour une équipe de tournage qui voudrait filmer depuis les nuages. Surtout, le temps d’un vol, le drone peut filmer une scène sous toutes les coutures : pas besoin d’une armada de cadreurs et de caméras.

 

 

LES CONTRE

 

Sous d’autres aspects, le drone journalisme s’avère moins accessible. En effet, un drone, même s’il peut tenir dans le creux de la main, reste un appareil bourré d’électronique qu’il faut savoir conduire. Sans cela l’usager risque, au pire, la chute, au mieux des photos ratées. Prévoir donc quelques leçons de pilotage avant de se lancer.

 

 

Dans le cas des « AR Drones » utilisées par les équipes de L’Express, le pilotage se fait via un Iphone ou une tablette sur laquelle on peut voir en direct les images tournées par la caméra installée dans le drone. Les photos quant à elles s’enregistrent sur une clé usb.

 

Le drone peut aller jusqu’à 100 mètres de distance, et voler plusieurs dizaines de minutes… à condition de ne pas trop être chargé, selon Nicolas Halftermeyer, le directeur marketing du groupe Parrot, fabriquant des drones.

 

Dans leurs bagages les équipes du projet « Drone it » emportent aussi un texte de loi, on ne sait jamais. Car personne, dans les rédactions, chez Parrot ou à la direction générale de l’aviation civile, n’est en mesure de dire exactement ce que peut ou non filmer un drone, tant son utilisation journalistique est récente.

 

 

Que se passera-t-il si une personne filmée par l’engin dans une manifestation fait valoir son droit au respect de sa vie privée ? C’est ce que raconteront peut-être les équipes de « Drone it » à leur retour.

 

 

LE DRONE JOURNALISME DOIT FAIRE SES PREUVES

 

Du côté des Hacks Hackers, malgré la démonstration de pilotage Nicolas Halftermeyer, on attend donc le rendez-vous avant d’être totalement convaincu.

 

Après tout, comme le signalent les deux journalistes Maël Inizan et Pierre Alonso,

"le drone journalisme n’existe pas encore vraiment en France"

 

Si tout semble prêt côté technique, pour le fond tout est encore à inventer. De l'autre côté de l'Atlantique en revanche, la machine est déjà bien en route. Aux États-Unis, où vivent la plupart des pilotes de drones, plusieurs laboratoires d’université comme celle du Nebraska ou du Missouri, consacrent une partie de leur recherche au phénomène. Certaines écoles de journalisme entraînent même leurs étudiants au pilotage. 

 

 

C’est aussi le cas des reporters de The Star, un journal Kenyan qui bénéficiera d'ici peu du projet Skycam 4 Africa.

 

 

BONUS :

www.diydrones.com

www.dronejournalismlab.org

 

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