En janvier 2016, Technikart trouvait un repreneur. C’était d’une certaine manière l’opération de la dernière chance pour le magazine, qui ces dernières années, faute d’avoir bien négocié la transformation digitale, avait vu ses ventes décroître de manière significative. Le magazine en redressement judiciaire depuis un an était alors plongé dans des difficultés financières profondes et courait droit vers sa perte. C’est de Laurent Courbin, un homme d’affaires engagé dans le secteur financier, et actuel dirigeant d’Ateo Finance, qu’est venu le salut. Avec ce rachat, Laurent Courbin, entend déployer une stratégie globale, afin de lui permettre de pénétrer dans le secteur fermé du marché international de l’art.

Laurent Courbin, itinéraire d’un passionné

Qui est ce quarantenaire, inconnu du grand public, et qui depuis les années 2000 s’est clairement positionné comme un homme d’affaires influent, gravitant entre le secteur financier et le monde de la culture ? Adolescent Laurent Courbin rêvait de devenir journaliste, finalement il choisira d’emprunter une autre voie, quelque peu différente, mais non moins passionnante : celle de l’informatique. Sa passion pour le langage binaire et le code informatique lui permet, dans ses jeunes années d’étudiant, de financer ses études.

Mais Laurent Courbin n’est pas un informaticien comme les autres. Après avoir édité et commercialisé des logiciels destinés au monde de l’entreprise, pendant ses années d’études, il s’intéresse très vite au secteur de la finance. Après deux années de classes préparatoires scientifiques et une scolarité en école d’ingénieur, Laurent Courbin est diplômé en 1995. Son service militaire effectué, où il servira en tant qu’ingénieur pour le compte du Ministère de la Défense, il commence sa carrière professionnelle au MATIF, le marché à terme international de France. Développeur informatique, il intègre ensuite la prestigieuse banque Barclays, avant de lancer, au début des années 2000, sa propre société.

A la tête d’Ateo Finance, Laurent Courbin lance en 2000 un logiciel intégré qui permet de fluidifier la circulation des ordres dans le système financier et de réduire les risques d’erreurs sur les opérations boursières complexes et lourdes. Pour les néophytes le monde dans lequel évolue Laurent Courbin apparaît pour le moins inintelligible, mais son expertise fait très vite de lui l’un des acteurs influents des logiciels spécialisés sur les opérations boursières.

Laurent Courbin des salles de marché à la rédaction de Technikart

A priori, rien dans le parcours professionnel de Laurent Courbin ne semblait concourir à ce qu’il devienne un jour le principal actionnaire de Technikart, ce mensuel parisien influent dans la scène artistique française. Or, dans la vie de Laurent Courbin art et finance ont toujours constitué deux pôles particulièrement structurants. Et ce dernier, après avoir connu le succès dans le monde de l’informatique appliqué à la finance, entend aujourd’hui s’investir durablement dans le monde de l’art et de la culture.

Et puis, à l’heure où l’on parle de plus en plus d’un processus de financiarisation du marché international de l’art, la rencontre entre la finance et l’art n’a rien d’étonnant. Pour Laurent Courbin, Technikart constitue ainsi un puissant vecteur d’influence pour pénétrer le monde, somme toute relativement fermé, du monde artistique. Technikart est un véritable symbole culturel français, et l’état d’esprit décalé qui irrigue la rédaction de ce trendsetter influent fait de ce mensuel l’un des porte-drapeaux de la contre-culture.

Lancé en 1991 par une bande d'amis, sans réel modèle économique, Technikart est rapidement devenu une référence du monde de la culture contemporaine. Fonctionnant sur le principe de la presse indépendante où les journalistes sont pigistes ou rémunérés au droit d’auteur, cela fait 25 ans qu’il sort de presse.

Après un passage à vide, 2016 sonne comme l’heure du renouveau. Le groupe Vivendi, Capital Event ou encore Talmont Média (qui édite le site Atlantico) étaient en lice pour reprendre Technikart, mais c’est finalement Laurent Courbin, et sa société Ateo Finance, qui a été désigné par le Tribunal de commerce de Paris. En termes de capital immatériel, la marque Technikart est puissante, et demeure attractive pour toute une frange de la société, essentiellement les CSP+ urbaines. Laurent Courbin souhaite faire du mensuel son vaisseau amiral pour pénétrer le marché international de l’art, et le rayonnement de la marque Technikart constitue, à bien des égards, une force de frappe non négligeable pour mener à bien ce dessein. 

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