LANGUE GHOMALA ET CONCEPTS  SCIENTIFIQUES

Par KOM Bernard, Chercheur Indépendant

Douala - Cameroun

Août 2012

          Le souci du progrès, quelle ambition bien naturelle chez les peuples. Que ce soit en pays riches ou en pays pauvres, en occident ou dans le tiers monde, le souci du développement constitue un crédo permanent chez les autorités politiques, administratives ou traditionnelles et autres.

          Et pour parvenir à la réalisation quotidienne de cet objectif commun, il est indispensable qu'une mobilisation des ressources disponibles soit faite systématiquement dans tous les différents domaines: Politique, Agriculture, Urbanisation, Éducation, culture, Science etc. Cette dynamique le plus souvent impulsée par les pouvoirs publics, sont quelques fois aussi l’œuvre d'initiatives indépendantes.

          Pour revenir au cas du continent africain en proie à moultes difficultés de développement, une préoccupation culturelle permanente est la promotion des langues locales, lesquelles sont le plus souvent menacées d'abandon ou de disparition. Mais cependant, malgré l'immensité du travail à faire dans ce sens, une certaine recherche linguistique a plus ou moins lieu en vue de préserver ou d'améliorer ce qui existe déjà.

          Le GHOMALA, comme beaucoup d'autres langues africaines, dites à tons, se trouve aujourd'hui être enseigné sur la base de l'écriture phonétique internationale. Or, un tel enseignement assez exclusivement basé sur la phonétique, même s'il a certains avantages, contribue malheureusement à enfermer la langue à l'usage par écrit, à grande échelle.

          Dans le développement qui suit, il s'agit d'oser donner une autre dimension au niveau actuel d'intégration de la langue ghomalà dans les habitudes linguistiques quotidiennes. A cet égard, il serait indispensable d'en justifier au préalable la nécessité, de définir de nouveaux concepts ensuite, ainsi que leurs modes d'utilisation.

1- Quelques définitions préliminaires

i) Le son: C'est est une sensation auditive provoquée par une vibration, d'après le E-book de la sonorisation.                      

ii) Langue à tons: C'est une langue pour laquelle une différence de tonalité dans la prononciation de mot entraîne des significations différentes. C'est le cas du Ghomalà, par exemple, où Mtze peut désigner ‘‘devant’’, "la chèvre", "l'habit", ou "les testicules", selon les tonalités adoptées. La majorité des langues du monde sont tonales, et de telles langues existent sur tous les continents.                               

iii) Langue vernaculaire: La langue vernaculaire, ou le vernaculaire, est une langue parlée seulement à l'intérieur d'une communauté en général réduite.                                   

iv) Langue véhiculaire: La langue véhiculaire, qui est une langue de communication entre des communautés d'une même région, dont les langues vernaculaires diffèrent plus ou moins.                                                                                  

v) Homographes: Ce sont des mots qui s'écrivent de la même manière, tout en se prononçant ou non de façons différentes. S'ils se prononcent de la même façon, ils sont alors également homophones.                                                         

iv) Diacritique: C'est un signe accompagnant une lettre. Il peut être placé avant, après, au-dessus, en-dessous ou autour de celle-ci, dans le but de modifier la valeur phonétique de la langue, permettre une lecture plus précise, éviter une ambigüité entre les homographes.                          

vii) La phonétique: Du grec « phônêtikos », où « phônê » qui signifie la « voix », le « son », est une branche de la linguistique qui étudie les sons utilisés dans la communication verbale.

 2- Un état des lieux actuel du ghomalà

i) Définition du Ghomalà: Le Ghomalà (littéralement "langue du pays/village") est l'une des onze (11) langues bamilékés. Il est issu du dialecte de Bandjoun et fait office de langue écrite commune à plusieurs dialectes bamilékés parlés.

Le Ghomalà est parlé dans des départements de la Province de l'Ouest –Cameroun, tels que:

  • Mifi, Koung-Khi et Hauts-Plateaux : la plus grande partie des trois départements (sauf extrême sud et sauf poches dans le nord et l'Ouest)
  • Ménoua : Est du département
  • Bamboutos une poche au sud

Il représentait 260 000 locuteurs en 1982 et appartient, comme les autres langues bamilékés, à la famille des langues semi-bantoues.

ii) L'alphabet du ghomalà: Il compte quarante caractères différents:

a

b

bv

c

d

dz

e

ə

aə

ɛ

f

g

gh

h

i

j

k

l

m

n

ny

nt

ŋ

ŋk

o

ɔ

p

pf

mpf

r

s

sh

t

ts

u

ʉ

v

z

zh

ʼ

Source: Encyclopédie universelle Wikipédia

iii) Quelques Travaux Antérieurs sur le Ghomalà.                                          

- " De la terminologie de l'éducation à la citoyenneté en langues camerounaises: le cas du ghomalà. Mémoire de formation au DIplôme de Professeur de l'Enseignement Secondaire deuxième grade, par KAYUM FOKOUE Carole, 05K662, année académique 2010-2011.                                                                       - Dictionnaire Ghomalà, 2002, Erika EICHHOLZER.                                                                                             - "Apprendre le ghomalà", par NTAGNE Sébastien.                                                                                            - Pé Khé, par Vincent FOUTCHANTSE et P. BOUBOU.                                                                                        - Le Bamiléké-Ghomalà: Parler de Bandjoun, par Gabriel Nissim.

3- De la nécessité d'améliorer le ghomalà:

          Quelques raisons peuvent justifier la nécessité d'envisager une amélioration de la langue ghomalà, autant qu'il peut en être ainsi pour toutes les autres langues africaines.                                                                                                                                                                                                   i) Le ghomalà est jusque-là assez exclusivement enfermé dans l'écriture phonétique. Même si cette dernière a le mérite d’être internationale, il n'en demeure pas moins qu'elle constitue une barrière pour ceux qui voudraient apprendre et surtout écrire le ghomalà, et qui sont nombreux à ne rien connaître du tout de l'écriture phonétique. Donc, si juste peu de gens maitrisent l'écriture phonétique et qu'une langue se l'approprie assez exclusivement, alors cette langue a peu de chance de bien se vulgariser.                                   

ii) L'alphabet ghomalà standard comporte jusqu'à quarante lettres, utilisables en plus avec adjonction possible de diacritiques. Tout cela est relativement étendu et complexe pour un bamiléké ordinaire qui voudrait pouvoir écrire cette langue. Quel bamiléké (intellectuel au sens classique ou pas) est-il disposé à revenir apprendre cet alphabet avant d'écrire sa langue, malgré toute la bonne volonté? Très peu d'entre eux, certainement. Le monde va si vite et la concurrence linguistique est là, surtout avec ces langues étrangères déjà ancrées et contraignantes.                                                                                                        iii) Le ghomalà, comme d'autres langues, considéré comme langue vernaculaire ne bénéficie que de préjugés défavorables et pourtant,...

     Alors, comment donner une autre dimension au ghomalà? Comment la rendre plus accessible à un public plus large? Voilà qui explique l'avènement du concept de ghomalà intégré ci-dessous.

4- Le ghomalà intégré:

          - C'est le ghomalà classique, au niveau du parlé.                                                                                             - C'est le ghomalà écrit plutôt à l'aide des vingt six (26) lettres latines de l'alphabet français A, B, C,  ..., Y, Z.      

          - C'est un ghomalà surtout accessible aux personnes parlant le ghomalà, sachant lire et écrire le français et dont la population est probablement plus grande  que celle des personnes maitrisant l'écriture phonétique. Ne pas connaître le Français ou le ghomalà parlé, serait donc un petit handicap pour qui veut écrire le ghomalà intégré.      

            - C'est une écriture normalisé de ce ghomalà que le bamiléké francophone adopte spontanément quand il veut écrire sa langue au moyen de sa connaissance de la langue française. 

            - C'est une écriture qui utilise les consonnes et voyelles de la langue française, avec des sons souvent modifiés.

         Le GHOMALA INTEGRE peut autrement être appelé GHOMALA FRANCISE ou encore GHOMALA LATINISE. Cela ressemble à la capacité à tirer le positif du " négatif ".

          Les sons des consonnes et voyelles relatives au Ghomalà sont les suivants:

A comme dans: Ne wa (fendre, égorger), Ne ta (voler dans l'air), Ne kwa (porter, transporter), Ta (vase d'argile), yata (trois), etc.

A comme dans: Ne tà (fouiller), (la maison), Ne pà (tisser, tresser), Ne kwà (coucher une femme), Ne pàdjim (rembourser, renvoyer, retourner), etc.

E comme dans: Ptse (la cola), Kkghe (la corde), Die (intérieur de la maison), Tondie (Le foyer, le domicile), Ne ptse (semer), etc.

E comme dans: TCHUENTE ou TCHUINTE (nom propre), Ne Kedie (courir), Te (le fer), Kamte (morceau de fer), Me ou Methhe (l'être humain, l'homme), etc.  

E comme dans: Ne pé (prendre, ramasser), (la concession), TCHUENPE (nom propre), Ne té (vomir, soustraire), Ne kwé (tousser), etc.

I comme dans: Ne zi (dormir), Ne kwi ou kui (recevoir), Ne wui (rire), Ne kuie (grandir), wuie (une chose), kki (la clé), etc.

I (i accent grave) comme dans: Ne kwi ou kui (augmenter, ajouter), Ne zipi (regretter), Ne juitse (tester, essayer), etc.

O comme dans: Ne to (brûler, braiser), Ne lo (demander, quémander, solliciter), Longa (le seau), Dopà (la toiture), Ne tom (tenir, saisir), etc.

O (O accent grave) comme dans: Ne to (commencer, débuter), Ne lo (sursauter), Lo (l'igname), Ko (carcasse, le coq), Tcho (le chapeau), etc.

U comme dans: Ne tsu (manger une banane, une mangue, du couscous), Ne Tsum (serrer, enrouler avec une corde), Dzu (dehors), Dzudie (le successeur), Ne kku (fuir), etc.

U (U accent grave) comme dans: KAMSU (nom propre), TCHUENSU (nom propre), Ne Tsù (cultiver, essorer, torsader), Ne Kkù (longer), Ne pù (soulever), etc.

Y comme dans: Ne Yà (couper), Ne Yap (poser, déposer), Ne Yen (être léger), Ne Yoù (écouter, comprendre), Yoù (igname blanc), etc.

          S'agissant des sons relatifs aux consonnes de l'alphabet français, leurs modifications pour adaptation au ghomalà semblent pour l'instant ne pas être d'une quelconque urgence.

5- Quelques concepts scientifiques en ghomalà

          Étant donné la nouveauté de l'initiative, et qu'il s'imposait aussi au préalable de façonner convenablement la langue à cet effet, les concepts scientifiques en questions ici sont surtout élémentaires.

i) Les chiffres: Somwuie(0), Yamoù(1), Yapwe(2), Yata(3), Yapfe(4), Yato(5), Thhock(6), Sombwe(7), Hom(8), (9). Pour le zéro, il y a aussi Tchewuie(qui n'a rien) qu'on pourrait adapter, s'il n'y a pas mieux.

ii) Les nombres: Gham(10), Chouamoù-gham(11), Chouopwe-mgham(12), Mbwe(20), Chouopfe-mthho(54), Kkgheta(300), Chouopwe-mkketo(502), chà(1000), chàto(5000), Tàchoù(1 million), le reste à développer au fur et à mesure.

iii) Les opérations arithmétiques: Ne Tamtse (Additionner), Ne Té (Soustraire), Ne wa (Diviser). S'agissant de  "multiplier", peut-être y a t-il aussi un terme approprié. A l'aide.

         Cependant, il convient de réaliser qu'une multiplication peut être ramenée à une addition, dans certaines circonstances déjà. Par exemple, 2x3=2+2+2=3+3=6, et plus généralement, nxm=n+n+...+n (m fois) = m+m+...+m (n fois), dans l'ensemble Z des entiers relatifs.

          De même, dans le cadre de l'amélioration de la langue ghomalà, un terme pourrait toujours, en cas de manquement, être trouvé pour exprimer le concept "multiplier".

Mini dictionnaire scientifique en ghomalà :

- : le bord, le côté, Bang: A côté, Bédie: A côté ou le long du mûr, Baskou: Le vélo

- Chuikke: Appareil de messagerie, le téléphone portable, Connem: Angle, Chie : L’eau

- Dandan: Droit, rectiligne, Dessem: Identique, identiquement, pareil, équivalent, Djo: Le miroir, Demtchà: La surface terrestre

- Fo (Ne): Mesurer, Fang(Ne) : Tirer

- Galloum: unité de volume anglo-saxonne = 3,8 litres, Ghang: côté, Gwàgne : Le livre, Gwà (Ne) : Ecrire, Gweing (Ne) : Briller, Illuminer,Ghhia (Ne): Appuyer, Presser,

- Hap (Ne): Scinder, séparer, Haptse (Ne): Diviser successivement, Démultiplier, Hap: La moitié, Hhia (Ne) : Appuyer, Presser

- Jùtse (Ne): Goûter, tester, tater, Jie (Ne): Recueillir, amortir, Jie (Ne) : Connaître, savoir

- Kken: La ligne, la droite, Kamkken: le segment, Kwuiwuie ou kuiwuie: Idem, Identique, pareil, Ken (Ne): Trier, Kwi, Kui (Ne): Augmenter, Ajouter, Kuie ou kwie(Ne): Verser, Kwuietse ou Kuietse (Arroser, déverser), Kkghe (Ne): Tracer, Kilou: Kilogramme, Kketse (Ne): Griffonner, Esquisser, Ké (Ne): lire, appeler, Kkete: Téléphone fixe, Kkghe: Message, la nouvelle, la corde, Kiè (Ne): Allumer, Kam: Un morceau, kwé (Ne): clouer, tousser, Kang (Ne): barricader, kweing: moto, collier, bracelet

- Latré: Lumière, Lam: lampe d'éclairage, Lagne (Ne): Apprendre, Enseigner, La (Ne): Prendre, Lock (Ne): Fermer à clé,

- Méta: Le mètre, Màtse (Ne): Expliquer, Jeter ou lancer successivement, Mà (Ne): Jeter, lancer, Mtchoung: Information, Mseing: Les étoiles, un éclair, Matoua: La voiture,

- Ning (Ne): Introduire, Neing (Ne): cuire, Nomtse (Ne): Tenir avec précaution, Nam: Le soleil, Noba: nombre

- Pap: Surface, Région, Pétse (Ne): Prendre successivement, Evoluer logiquement, raisonner, Pempem: Rond, Pakwuie: Objet plan, Pakpak: Plan, Pia: paire, Potse (Ne): Briser en petits morceaux, Pe: et, Piètse (Ne) : Economiser, optimiser

- Sum: La frontière, Seing (Ne): Compter, Analyser, Seingtse (Ne): Cogiter, Sotse (Ne): Casser en plusieurs morceaux, Sak: Côté, Ssing (Ne) : Tirer (élastique)

- Tam (Ne): Frapper, Taper, coudre, Tamtse (Ne): Additionner, sommer, mélanger, associer, Tchoùtse (Ne): Rassembler, unir, Té (Ne): Soustraire, Enlever, Ta(Ne): voler dans l'air, Tchang (Ne): Chercher, Attacher, Tcheing (Ne): Suspendre, Tcha (Ne): Envoyer, Tchak (Ne): Piquer, Injecter, Tchoù (Ne): Enfoncer, Tchui (Ne): Transmettre une information, un message, Tsù (Ne): Tordre, essorer, torsader, serrer, Tsù: Lieu, Tchetse (Ne): Approcher, tendre vers, Touomtchoung: La radio, Tom (Ne): Tenir, Tcheingtse (Ne): Asperger, Tchetcha: Le milieu, Tchouo (Ne): Ouvrir, Tchwing: un bout, Tchà : La terre, le sol, Tosselam : Torche

- Ve (Ne): Ecrire, Ve (Ne) : Briser, Vetse (Ne): griffonner, Vetse (Ne): Casser successivement, Vang (Ne): Frapper

- Wa (Ne): Diviser, fendre, Wàtse (Ne): liquider, Wuie: L'objet, la chose,

- Xam ou tsam (Ne): Contourner, Entourer,

- Yà (Ne): Couper, Yàtse (Ne): Découper en plusieurs morceaux, Yang (Ne): Relier, Yangtse (Ne): Relier successivement ou plusieurs éléments, Ye (Ne): Couvrir

- Zia (Ne): Coller.

          Voilà pour l'instant quelques petites notions scientifiques tirées du ghomalà pratiqué actuellement. Ce travail n'est qu'un début, et comme tel, comporte assez d'insuffisances à améliorer.

          Nous avons bien pu ignorer des mots et/ou expressions scientifiques que d'autres personnes connaissent. Bien vouloir toujours nous faire part de vos critiques et suggestions qui seront naturellement les bienvenues. Des mots tels que Woudou (fenêtre), Taplé (Table), Pépa (Papier), inspirés de l'anglais viendront bien à rentrer d'une manière ou l'autre dans notre mini dictionnaire scientifique, autant que chaque langue en emprunte souvent aux autres.

          Une remarque au passage consiste à dégager le besoin actuel de compléter à la main, les accents diacritiques, à la fin d’une saisie d’un texte ghomalà sur un clavier azerty d’ordinateur, par exemple.

          Le précédent mini dictionnaire scientifique pourrait servir de base à l’élaboration progressive d’un dictionnaire (tout simplement) du ghomalà intégré.

          L'amélioration continue de l'écriture ghomalà pourrait passer non seulement par la formalisation du vocabulaire existant, mais aussi par la création progressive de nouveaux mots, de la même manière que les langues dites véhiculaires ont dues apprendre à désigner un ordinateur, un photocopieur, un laser, l'internet, pour ne citer que quelques uns de ces nouveaux noms. Pour cela il faudrait que des ‘académiciens’ locaux s’y mettent.

          Aussi, au niveau actuel d'avancement des choses, ces précédents concepts préliminaires peuvent permettre la traduction minimale de quelques petits problèmes scientifiques, autant que composer quelques dictées élémentaires. Mais, cet autre volet du problème fera l'objet d'études ultérieures, au point que l'on puisse éventuellement parvenir à la traduction en ghomalà de la théorie de la relativité d'Einstein, par exemple, comme feu le Pr CHEIKH Anta Diop l'a fait avec le wolof, langue parlé et écrite au Sénégal.

          Le présent travail de latinisation du ghomalà, qui visiblement n'altère en rien le parlé original, pourrait être mené avec d'autres langues autant engluées par quelques considérations péjoratives. Aucune langue n'est définitivement destinée à rester morte ou vernaculaire, car il suffit que des hommes en général et des académiciens linguistes s'y affairent. La concurrence linguistique naturelle dans le monde ne doit plus nécessairement supposer une inféodation des langues africaines. Merci.

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