Aujourd’hui à l’heure du web sémantique, n’est –il pas temps pour nous Africain de réfléchir à une véritable industrie de production et de captation des données.

D'après Internet World Stats, le monde comptait 4,05 milliards d'internautes en 2017, le tout dernier rapport trimestriel 2018 dévoilé par Hootsuite et We Are Social compte 4,2 milliards d’internautes en 2018, dont 3,4 milliards sur les réseaux sociaux et pour la première fois, plus de la moitié de la population mondiale utilise l'Internet.

Ce sont les pays en développement qui ont connu la plus forte progression, l’Afrique est le continent qui a affiché la plus forte progression avec 435 millions d’utilisateurs en 2017 sur une population de 1,272 milliard de personnes, le continent noir est une des régions du monde où le nombre d’utilisateurs d'Internet a été multiplié par 10 entre 2005 et 2018 passants ainsi de 2,1% en 2005 à 24,4% en 2018, l’Afrique a enregistré une progression annuelle de 20%, soit 73 millions de nouveaux abonnés.

 

 

Avec une augmentation neuf fois plus vite qu’en Europe et 20 fois plus vite qu’en Amérique du Nord, le continent noir a beaucoup progressé dans la pratique de l'internet et des services de télécommunications au cours des 10 dernières années, même si l'accès est encore loin d'être universel.

 

En 2009, il n'y avait de réseau 3G ni au Sénégal, ni au Cameroun, ni en Côte d'Ivoire, contrairement au Kenya ou au Ghana. Aujourd'hui, tous ces pays ont lancé l'internet mobile. Ericsson prévoit 930 millions d’abonnements mobiles en Afrique subsaharienne d’ici fin 2019, avec 557 millions de Smartphones et 710 millions d'abonnements hauts débits.

 

Aujourd’hui on peut dire sans doute que l’Afrique a inventé le paiement mobile et qu’il est indéniable qu’elle est le continent qui a le plus bénéficié de l’essor des technologies du téléphone mobiles.

 

Mais force est de constater qu’à l’heure où nous sommes, l’Afrique ne profite pas véritablement de cette explosion du mobile, car ce formidable outil qui est le mobile reste encore par manque d’information et par ignorance à être associé par un grand nombre d’africains à l’accès et à la transmission des données uniquement et très peu d’initiatives se sont développées dans les secteurs de l’éducation, l’agriculture, la télésanté, la météo, la logistique d’entreprise, la télémédecine pour ne citer que ceux-là. 

 

Il est aussi malheureusement notable de constater que le continent africain s’en est pour l’instant toujours arrêté à l’internet social. Il est d’ailleurs possible de constater que 90 % des accès à l’Internet sur le vieux continent correspondent à une connexion à un média social. 

 

En 2016 le rapport phare de la Banque Mondiale “les dividendes du numérique” mettent d’ailleurs en exergue le fait, qu’en dépit de la démocratisation du mobile sur le continent, les bénéfices des techniques numériques ne se sont pas suffisamment diffusé dans l’économie africaine et n’ont pas encore affecté via l’innovation, l’inclusion et l’efficacité, la vie d’un nombre conséquent d’Africains.

Nous savons tous que l’information est aujourd'hui immédiate, disponible et globale, provoquant de profonds bouleversements dans les économies, les entreprises et les cultures. Accélérant ainsi par défaut le processus de mondialisation qui se conjugue dans un autre changement historique et fondamental: la mondialisation de l’économie, qui unifie rapidement les marchés mondiaux et environ quinze ans, après l’introduction de l’Internet dans la plupart des pays africains, il est légitime, face à l’autosatisfaction ambiante, de se demander si la révolution numérique en Afrique s’arrêtera au smartphone? Ou non?

 

Aujourd’hui à l’heure du web sémantique, n’est –il pas temps pour nous Africain de réfléchir à une véritable industrie de production et de captation des données.

Industrie sans lesquelles des secteurs de la technique comme l’automatisation des tâches, le big data, l’intelligence artificielle, le deep et le machine learning restera inaccessibles à notre chère Afrique.

 

 

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Mame Birame Ndoye

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