la recherche d'informations fiables sur Internet, éducation et journalisme : les élèves peuvent-ils être plus exemplaires que le reste de la société?

Comme promis j'y reviens, voici. Je veux reparler, en cette veille de rentrée, de ce prof de lettres parisien qui avait suscité l’hilarité gênée de ses élèves et des polémiques médiatiques et Internet fort généreuses suite à la “farce éducative” qu’il avait élaborée: habitué bien malgré lui aux plagiats du web qu’il trouvait de plus en plus fréquemment dans les copies de ses élèves, il entreprit de concocter une belle pochade de début de 21e siècle, créant une fiche d’auteur erronée sur Wikipédia concernant Charles de Vion d’Alibray puis “pourrissant” deux sites de fiches payantes où s’abreuvent les élèves en panne. La polémique qui s'ensuivit fut marquée par la création nette de deux camps dont on ne peut dire lequel l'emporta vraiment, - peut-être certes plutôt celui des admirateurs et rieurs, à l'applaudimètre du moins. Les arguments “contre” étaient pourtant intellectuellement audibles aussi: un prof se doit de montrer l’exemple; quant à l’école, elle doit être un sanctuaire où le vrai règne en maître... Les élèves,eux, quoique gênés d'être pris en situation malaisée, ont paraît-il apprécié sans retenue.

On ne peut oublier que les journalistes eux aussi, ces artisans de l’info, se posent la question de l’utilisation des sources. Cela donne lieu d’une part à réflexions et débats, d’autre part à l’élaboration de chartes, jusqu’au coeur des agences de presse elles-mêmes considérées historiquement comme des sanctuaires par la profession (ainsi celle de l’AFP, voire l’interview de la directrice adjointe d..., et sa mise en scène sur le site d’Educavox tenu par l’enseignant Daniel Salles… signe qu’il y a bien des enjeux communs.)

Quant à moi, pour ma gouvernance personnelle, je retiens au final particulièrement cette conclusion du professeur qui fut l'auteur de cette mystification pédagogique, lorsqu’il insiste sur le fait que “les élèves n’osent pas réfléchir par eux-mêmes”, du moins pas face à l’institution, ce qui rejoint mon propre sentiment .

Et je découvre cette semaine également avec grand intérêt un article sur le blog “Hôtel Wikipédia” paru dans la même période à propos de “l’affaire”. Il a été rédigé par Pierre-Carl Langlais, “contributeur et membre du comité d’arbitrage de la Wikipédia francophone”. Prenant au passage la défense de ''l'encyclopédie en ligne'' mise à mal dans l’histoire, il expose de manière intéressante combien ce sont nos modes de lecture et de traitement de l’information qui sont réellement en première ligne, plutôt que la qualité intrinsèque du processus d'élaboration des articles...

Et alors que la communauté éducative, universitaire et scolaire, rappelle encore souvent que seuls les ouvrages à valeur scientifique avérée sont des sources autorisées, non les sources Internet, Pierre-Carl Langlais le Wikipédien cite surtout les nombreux usages, parfois à leurs propres dépens, quefont particulièrement de Wikipédia bien des autorités actuelles!

Comment dès lors exiger des élèves qu’ils contournent obstinément des pratiques devenues courantes?

(ceci est une version abrégée ciblée d'un post plus long tourné vers l'éducation, paru sur mon site)

Vues : 240

Les commentaires ne sont pas permis sur ce billet

Commentaire de ILBOUDO Adama Arukey le 5 septembre 2012 à 22:56

Personnellement je n'approuve pas la méthode de ce professeur, parce qu'il ne donne pas le bon exemple...Un article suivra!

Podcasts

La vie de la communauté

Photos

Chargement en cours…
  • Ajouter des photos
  • Tout voir

Mondoblog

© 2014   Créé par Philippe Couve et Simon Decreuze. Coordonné par Ziad Maalouf.

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation