Ce fut un coup des œillets... pour démolir une dictature qui avait monopolisé le pouvoir depuis 1926. Le régime se renforça en 1933 en fondant l'Estado Novo. En réalité, c'était un état suranné, usé, vieillot, qui ne connaissait pas l'industrialisation, un état dépassé qui ne pouvait plus repousser les forces africaines.

Le 25 avril 1974 des généraux putschistes, par le biais d'un coup d'État, démarrèrent une transition démocratique. Aucun complice de Salazar ne fut traduit en justice. Tel que l'Espagne franquiste avec les souteneurs du "caudillo". Horrifié "el generalisimo Franco" tentera de « redresser » le Portugal.

Arias Navarro prêt à réinstaurer la Seconde République de Caetano 

En 1974 la dépouille de Salazar était peut–être à 300 mètres sous terre. Mais ses prières arrivèrent au surface et furent bien exaucées.

À l'issue de son décès en 1970, Salazar fut succédé officiellement par Marcelo Caetano, politicien aussi incapable de prendre une décision que Carlos Arias Navarro, le premier ministre de Franco.

En revanche Arias Navarro pouvait être un lâche, mais il ne cessait pas de rêver de l'Espagne impériale. Et le coup d'État à l'encontre du régime de Caetano fut le moment décisif. Si Caetano n'était pas capable de laminer cette bande de militaires de gauche, l'armée portugaise pouvait compter sur lui. C'était lui qui dirigeait l'Espagne à ce moment-là. Franco était plus concerné à faire des allers et retours à l'hôpital en essayant de faire retarder sa mort imminente. 

Grandola Vila Morena: le putsch éclate

Le 25 avril la radio portugaise transmit la chanson "Grandola Vila Morena", signal du Mouvement des forces armées (MFA), pour annonce le pronunciamiento contre la Seconde République d'extrême droite.

Une sorte de putsch comme celui qui s'est passé en France en 1958, mais réalisé par des militaires de gauche. Il faut différentier que tandis que l'armée française exigeait que la France résistât à l'indépendance de l'Algérie, la portugaise réclamait que le pays signât sa reddition.

Quand même, les deux ont fait une décolonisation ratée. La France s’apprêtait à quitter l'Algérie en laissant les pieds-noirs, dans un milieu hostile. Le Portugal, aveuglé avec des œillets devant les yeux, n'était pas capable de protéger les citadins portugais, coincés au Cap Vert, en Guinée- Bissau et au Mozambique. La dictature en Afrique, plus cruelle que celle de Salazar, s'emparera de tous ces pays émancipés. Les œillets révolutionnaires n'ont pas de cervelles. Ils n'ont qu' une tige et les pétales

« Le coup des œillets » avait un but démocratique, bien entendu. mais il n'était pas concerné d'empêcher un bain de sang hors de la métropole. On sauvera Portugal tandis que ses anciennes provinces seront saccagées, rasées, rendues à la barbarie et à la folie. On ne trouve pas d'œillets dans aucun drapeau africain.

Spinola et le Mouvement des Forces Armées

Tandis qu' en 1958 de Gaulle évita, en quelque sorte, que le coup d'État réussît, le général portugais, Spinola, joua un rôle controversé. Il rassura à l'armée deux choses: que le Portugal renoncerait à ses colonies d'outre - mer et parallèlement que le Portugal ne ferait place jamais au socialisme. Spinola ne tint pas sa parole tandis qu' Arias Navarro, de l'autre côté, étant terrifié de voir comme le Portugal virait à gauche à toute vitesse, proposa aux États-Unis d'intervenir pour redresser le Portugal.

L'Amérique ne s’avéra pas intéressée et l'offre d'Arias Navarro fut rejetée. Quand même, en 1976 le Portugal instaure la Troisième République et approuve une Constitution pleine d'idées socialistes.

Le Roi Juan Carlos I, pragmatique, malin et convaincu qu'il fallait affermir la monarchie, il fit approuver une Constitution moins révolutionnaire que celle du Portugal et au même temps sans attiser la haine de la gauche qui se méfiait de lui. Ainsi le Roi espagnol renvoya son ministre Arias Navarro et le remplacera par Adolfo Suárez.

Suárez et le roi n'essaieront pas de se mêler des affaires portugaises et ainsi le soulèvement des œillets continuera son procès sans aucune intervention étrangère. Pourtant le Portugal comme un réfugié de guerre, prit la fuite et quitta l'Afrique en pleine folie révolutionnaire.

Le Mozambique, le Cap- Vert et la Guinée-Bissau: qu'est devenue la Révolution des œillets?

Une partie, plus de la moitié du Portugal, le Portugal africain avant 1974, n'a jamais pu sentir l'odeur alléchante des œillets. Ils ne pousseront jamais en Afrique. 

Un homme jaloux dirait que les œillets, en tout cas, n'ont rien de révolutionnaire. Ils ont des tiges; mais elles ne bougent pas. Elles restent enchaînées à leurs racines jusqu'à leur mort. Cela c'est l'esclavage des œillets.

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