Ce fut un coup des œillets... pour démolir une dictature qui avait monopolisé le pouvoir de 1926 à 1974. Le régime se renforça en 1933 en fondant l'Estado Novo. En réalité, c'était un état vieillot qui ne connaissait pas l'industrialisation, un état nabot, qui ne pouvait plus repousser les forces africaines.

Le 25 avril 1974 des généraux putschistes, par le biais d'un coup d'État, essayèrent de démarrer une transition démocratique sans traduire en justice tous ceux qui s'étaient adhérés à la dictature. Franco horrifié tentera de « redresser » le Portugal.

Portugal et l' "Estado Novo"

Avant le coup d'État, le Portugal refusa de suivre l'exemple de la France qui dût renoncer a son passé colonial. Mais la France n'a pas de temps pour donner des leçons de morale. En 1974 après le décès du président Pompidou l'appareil politique français s'avère plus concerné à empêcher que le socialiste François Mitterrand, l'emporte la présidentielle.

Après le putsch, la dictature de Franco propose aux États- Unis d'envahir le Portugal et piétiner les œillets. Arias Navarro, premier ministre espagnol, assure une victoire, comme celle du 1er avril 1939. 

Salazar

Le Pont Salazar n'existe plus à Lisbonne. Il changea de nom. À partir de la réussite du coup d' État qui eut renversé le régime dictatorial, le gouvernement le rebaptisa Pont du 25 avril. 

Salazar n'eut pas d'enfants. Aucune épouse non plus. Bien que sa devise nationale disait clairement « famille », il ne se maria jamais. Il se diférentia des autres dictateurs voulant s'apparenter avec un être mythologique ou surhumain. Il était l'austérité au sens propre. 

Qui était Salazar? Il était le grand allié de Franco et en même temps, son ennemi fraternel. Un stratège qui aimait les fleurs et les livres, plus cultivé que Francisco Franco (quelque chose de facile) qui raffolait de la chasse. Salazar le regardait de haut en bas. Franco, à ses yeux, était vraiment pittoresque.

On n'imagine pas Franco à côté des fleurs, sauf dans son cercueil, bien entendu. Salazar, par contre, détestait l'armée et ne créa jamais un mouvement de masses comme Hitler et Mussolini. 

Il dormait tout seul. Il avait des cauchemars comme d'habitude. Dans les années 30, son premier cauchemar était l'invasion par l'Espagne. Si Franco l'avait faite, le Portugal aurait été en péril d'un possible Anschluss

Portugal, avant les œillets

Franco, en profitant de ses négociations avec l'Allemagne, aurait pu oser traverser les frontières avec une autre Legión Azul, Légion Bleue, et annexer le Portugal comme une province naine. Pourtant l'Espagne était très épuisée, après trois ans de guerre civile. Elle n'en pouvait plus et elle ne se reposait que pour fusiller la résistance républicaine. Dépenser plus d'armes à fin d'élargir le pays pouvait disperser los nacionalistas, affaiblir son régime et créer deux fronts de combat. Il ne valait la peine aucune invasion. Après tout, le Portugal accomplissait ce qu'il fallait faire en faveur du régime de Franco: c'est à dire, extrader des exilés républicains qui tentaient d'échapper de l'épée franquiste.

Néanmoins, la crainte de Salazar se justifiait. Trente ans plus tard l'Espagne franquiste envisageait d'envahir le Portugal si c'était nécessaire. Arias Navarro, le premier ministre de Franco, rêvait de le faire.

L'avis de Salazar ne comptait plus. Le franquisme attendait la réponse positive des États-Unis. Sous la peau d'un lâche, après avoir échoué avec la chétive Legión Azul en URSS, l'Espagne tentait d'écraser une autre république... la Seconde République portugaise.




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