Ce samedi, se tient à Marseille la première rencontre nationale de la presse "pas pareille". Un événement voulu et organisé par le mensuel satirique des Bouches du Rhône, Le Ravi. Qu’est que la “presse pas pareille”? Pourquoi se réunit-elle? Pour tenter d’en savoir plus, l’Atelier des médias a réuni cette semaine des médias participant à la manifestation ainsi que son organisateur.



Vous pouvez écouter l’entretien en version longue dans le lecteur ci-dessous.

 

 

« Pourquoi, pour qui et comment imprimer des journaux aujourd’hui ? » C’est à cette question, entre autres, que vont tenter de répondre les représentants de 17 médias “pas pareils” ce samedi à Marseille. Parmi eux, l’Atelier a reçu Michel Gairaud, rédacteur en chef du Ravi, Catherine Tricot, rédactrice en chef de Regards, Xavier Delacroix, directeur de rédaction d’Au Fait, Nicolas Roméas, directeur de Cassandre/HorsChamp, et Fabien Ginisty, journaliste à l’Age de faire.

C’est le mensuel Le Ravi qui organise cette rencontre nationale de la "presse pas pareille" (PPP) dans les quartiers Nord de Marseille. Dix sept journaux alternatifs payants se retrouvent pour parler de leurs perspectives d’avenir et mutualiser des idées qui sortent des sentiers battus.Dans une société en accélération, notamment avec le développement d’Internet et des nouvelles technologies, nos invités font le constat que l’on communique de plus en plus sans pour autant informer de mieux en mieux. La “presse pas pareille” veut prendre le temps de chercher ses sujets, d’enquêter et de soigner son écriture.

 

Il n’y a, bien entendu, pas de définition de la PPP. Pour Michel Gairaud, organisateur de la rencontre, “ces journaux font entendre une autre approche du métier en renouant souvent avec les vieux fondamentaux du journalisme”. Ce sont des titres engagés, pas forcément d’opinion, qui militent pour une indépendance économique et éditoriale afin de se distancer des pouvoirs”.

Cette presse se définit comme “média qui n’a pas pour finalité de faire des bénéfices. Certains journaux reposent en totalité sur le bénévolat, d’autres ont opté pour la professionnalisation, certains réclament de l’argent public, acceptent parfois (sous condition) de la pub, d’autres misent à 100 % sur leurs lecteurs”.

La survie de la presse papier payante est un débat qui agite la sphère journalistique depuis des années. Quels modèles économiques pour quelle presse ? Quelle solution pour perpétuer le papier ? De quelles aides la presse doit-elle bénéficier ?

Ces titres pas pareils militent pour survivre, pour obtenir un statut et pour sortir de l’isolement, explique Michel Gairaud, "sans pour autant trouver de solutions financières durables". Pour Fabien Ginisty, la presse pas pareille “va à l’encontre de la presse généraliste, concentrée et uniformisée. Le but de la rencontre de Marseille étant de “donner rendez-vous aux "petits” pour mutualiser leurs efforts”. Pour Catherine Tricot, ce rendez-vous doit permettre de “fédérer des savoirs faire pour perpétuer la PPP”. Selon Xavier Delacroix, "il faut aller vers une politique de l’offre. Chercher à savoir ce que veut lire le public et pour cela, inventer des modèles.

Cette autre presse résiste, s’acharne à produire des journaux papiers, et persiste à dire qu’une remise en question de la presse en général s’impose pour sortir de l’impasse actuelle".

 

Tour d’horizon des titres invités à travers leurs présentations en ligne et ailleurs.

Enregistrement de l'émission avec Catherine Tricot, Nicolas Roméas, Ziad Maalouf et Xavier Delacroix

Le Ravi, publication spécialisée dans l’investigation et la satire de la région PACA, se revendique du mouvement slow media. L’équipe traite l’actualité politique, sociale et culturelle locale tout en laissant une large place au dessin de presse. “Le mensuel régional sérieux qui ne se prend pas au sérieux ” vient de lancer un appel à la foule pour financer son prochain numéro et même assurer sa survie par le biais du crowdfunding.

L’Age de faire, mensuel coopératif de la région PACA fondé en 2005, traite d’écologie, de citoyenneté et de solidarité. Son credo : “offrir à (ses) lecteurs des outils qui leur permettront de mettre œuvre leurs idées.”  La rédaction est basée à Salignac, un village proche de Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Mais ce n’est pas un journal local, le magazine témoigne des initiatives de celles et ceux qui contribuent à “faire autrement” en France et dans le monde. Faire autrement, c’est avoir recours à des pratiques économiques ou politiques alternatives.

La diffusion de L’Age de faire repose essentiellement sur le coopératif et le participatif.

Au Fait, diffusé depuis mai 2013, prône les vertus d’un média lent par opposition à l’urgence qui prime dans les grands médias d’information. “Se poser pour mieux regarder les choses, les comprendre et proposer au lecteur de scruter avec lenteur un monde qui voudrait nous faire croire qu’il va plus vite que le monde d’hier alors que l’on ne fait que regarder plus mal le monde d’aujourd’hui.”

Pour y voir plus clair dans le flux d’informations, le mensuel a pris le parti de traiter uniquement deux sujets chaque mois: une enquête au long cours (60 pages pour une plongée dans l’information), et un grand entretien (20 pages pour voir le monde autrement).

Au Fait refuse toute publicité pour ne dépendre “d’aucun annonceur, donc d’aucun pouvoir”.

 

Regards est un journal d’informations créé en 1932. Il se décline sur Internet, en e-mensuel, et en papier avec un magazine trimestriel. “Son concept originel : investigation du monde au travers du photojournalisme, enquêtes et contributions d’intellectuels.” Toujours engagé, le magazine décrypte et analyse l’actualité politique, sociale et culturelle. L’image y tient une place importante puisque la publication l’appréhende comme un témoignage.

Le magazine est organisé en société coopérative et participative (scop) depuis 2003. Tous les salariés sont propriétaires du journal.

 

Cassandre/Horschamp, magazine culturel né en 1995, réfléchit sur les pratiques collectives de l’art en lien avec la société contemporaine. “L’équipe de Cassandre/Horschamp s’applique depuis dix-huit ans à fabriquer une série d’outils pour travailler, sur plusieurs plans, à approfondir la relation art/culture/société.” Dirigée par Nicolas Roméas, la revue est enrichie par un blog d'actualités liées au monde de la culture, MicroCassandre, et d’une Web TV, Horschamp-TV

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Commentaires

  • Prendre part à vos réunions futures en France Comme j’aurais voulu prendre part à votre réunion ouverte ce matin à Marseille avec des rédacteurs des Journaux.

    Je m’appelle Saidi Asenge jean marie, de la nationalité RD Congolaise. Je viens de commencer africannewsagency le 15 mars 2012 et je mets l’accent sur l’information en Afrique. Nous faisons le journalisme d’investigation et informons les citoyens français en particulier et les francophones ou francophiles en général habitant dans l’espace de la francophonie réunissant 77 1096377526.jpegpays.

    Nous vivons des pubs sur net et des subsides venant de nos partenaires à travers tous les pays francophones et pouvons même accepter de recevoir des subsides venant des pays autres que ceux de la Francophonie et ceci pour la promotion de l’information et de la culture dans le monde francophone.

    Nous serions heureux de collaborer avec ppp si vous nous mettez dans le coup et si nous nous invitez dans vos rencontres en France, dans les jours qui viennent .

    Nous prendrons un visa de séjour en France sans beaucoup de difficultés pour vous joindre. De ce fait, nous payerons notre billet de voyage s’il le faut. Le parrainage ne pourrait pas être refusé de toute manière s’il est envisagé. Nous sommes spécialistes sur la région des grands lacs : RD Congo, le Rwanda, le Burundi, l’ouganda, le Soudan du Sud, le Soudan et la Lybie.

    Nous misons plus sur le Rwanda et le nord de la RD Congo concernant la guerre à Rusthuru, du M23 contre la fardc, qui a repris il y a deux jours et sur l’évolution de l’info en Centrafrique et faisons deux fois par an des descentes sur terrain pour vérifier horizontalement les infos et constituer notre base des données.

    Prenez nous comme l’un des vous pour avoir vécu à Saint Denis basilique, en France et nous ne manquerons pas d’être reconnaissant.

    Saidi asenge Jean-Marie, Rédacteur africannewsagency,

    Http// :www.africannewsagency.wordpress.com La page de saidiasengejeanmrie-atelier.rfi.fr

    Tel : +211 9 54 63 24 22,

    Email : bolimosisa@yahoo.com

  • Bonjour,

    C’est bien réjouissant de voir proliférer les journaux pas pareils. Pour info, dans la veine des journaux « pas pareils » renouant avec les fondamentaux du métier tout en innovant dans la forme et le fond, nous avons créé, en 2011, un journal en ligne -  GLOBALmagazine - sur une idée de « slow info » que j’ai lancée en 2007.

     GLOBALmagazine (www.globalmagazine.info ) est axé sur la géopolitique, la société, la culture, la lutte contre la censure et le politiquement correct. Le tout sur fond d'alerte écologique planétaire (sans catastrophisme), tout en gardant la distance et l’humour qu’il sied pour continuer à (bien) vivre. Aucune prétention à l’exhaustivité, ni à la couverture de l’information quotidienne. L'idée maitresse est de sortir l'information de la dictature de l'instant, pour prendre le temps de réfléchir. Notamment à la nécessaire mutation de la société confrontée à une crise générale aux multiples facettes (économique, écologique, climatique, sociale, politique) … et GLOBALmagazine offre l’espace pour en rendre compte. On a lancé le concept de slow-info. Donc de l'enquête, des dossiers, de l'investigation, des mises en perspective. Nous pensons qu’en démocratie les journaux d’information ne sont pas faits pour distraire mais pour former des citoyens et les nourrir intellectuellement.

    Le modèle économique se remarque par sa singularité dans le paysage médiatique français: il repose sur la création d’une Fondation européenne de l'information. Fondation alimentée par les abonnements, les dons défiscalisables, les legs. Le but est de disjoindre la production de l’information (faire des reportages, des enquêtes, des dossiers) de sa rentabilité immédiate : en d’autres termes ne pas choisir l’information en fonction de ce qu’elle peut rapporter de bénéfices mais en fonction de son importance intrinsèque. Autre particularité de notre démarche, dans ce cadre de la Fondation, nous lançons un abonnement définitif. Pour une somme modeste au regard du produit – 80 euros – on accède sans limite au travail de l’équipe de journalistes. Cela permet de matérialiser la pérennité de l’espace que nous voulons créer.

    GLOBALmagazine fonctionne avec un Comité de Veille, composé d’intellectuel-le-s internationaux, à géométrie variable. Le comité a un rôle de veille intellectuelle, d’alerte, de suggestion et il a une entrée libre permanente au comité de rédaction. Pour le moment il est composé de : Miguel Benasayag (psychanalyste, philosophe), Rony Brauman (médecin, Fondation MSF), Geneviève Fraisse (philosophe), Merri Jolivet (peintre), Véronique Nahoum-Grappe (anthropologue), Carlo Petrini (journaliste, fondateur de slow-food), Jean-Claude Vernier (fondateur de Libération), Sophie Wahnich (historienne).

    www.globalmagazine.info

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