La « presse à gage » fait ses emplettes

  • A l’approche de l’élection présidentielle , une « certaine presse » se met au service des réseaux du pouvoir.

J’ai jeté un regard amusé sur la une des journaux camerounais ce matin. On sent vraiment qu’on est en année électorale.

Le champion de la campagne de lynchage médiatique cette semaine est le titre « Comment Dayas Mounoune  est entrain d’entrainer Franck Biya dans le pillage ? » publié par le Canard Libre. En toute honnêteté, je n’ai pas lu l’article mais dès la une déjà on devine qu’il y a très peu d’informations qui respectent le titre tonitruant de la Une. Première question : Dayas Mounoune c’est qui ? Et de quel pillage parle-t-on ?

Vous avez dit lynchage médiatique ? Voici La Météo Hebdo, le tristement célèbre hebdomadaire de Yaoundé qui, dit-on est l’instrument des faiseurs de rois du RDPC, le parti au pouvoir. Le journal aux feuilles jaunies dès la publication annonce avec conviction : « 15 directeurs généraux dans le viseur. » Mais encore, on ne nous dit pas quels directeurs généraux sont dans le viseur de quel chasseur de prime.

 

La Météo n’est pas bonne dans les kiosques

Dans le rayon des grandes annonces qui sentent l’arnaque journalistique à des kilomètres, citons la une de Le Soir : « Le Cardinal Christian Tumi règle ses comptes avec Paul Biya ». Ce titre peut attirer le lecteur incrédule qui arrive au Cameroun pour la première fois. Mais même les biographes du pieux cardinal n’oserons acheter ce journal parce qu’il s’agit d’un titre qui revient deux ou trois fois par an dans un journal ou dans un autre.

La première page la plus invraisemblable est celle où le directeur de la Camtel annonce fièrement. L’hebdomadaire, Le Front Hebdo fait dire au directeur de la Camtel, la société publique de télécommunication « Comment j’ai pillé la Camtel ! »

Les journaux que j’ai sélectionnés mettent un point d’honneur à enterrer vivant des personnalités de la scène politico-administrative de la place sans raison apparente. En même temps ce ne sont pas les journaux les plus lus de la République.  Mais la multiplication des « titres à gage » au service des luttes d’influence est un lapsus révélateur à l’approche de la présidentielle camerounaise. Certains hommes proches du pouvoir veulent discréditer leurs vis-à-vis pour se positionner comme les « esclaves » les plus assujettis au président Paul Biya.

 

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