La presse de dans il y a deux ans

Pouvant suivre finalement la soirée organisée pour les deux ans de l'Atelier des Médias, je me suis mis à y réfléchir plus à fond. A ce principe de "dans deux ans". Le segment temporel est finalement assez bien choisi, car en deux ans ce sont passées énormément de choses sur le front de la presse et des nouveaux médias. Et sur les deux ans passés? Je vais parler de ce que je connais le mieux -mon cas personnel- pour l'illustrer. Voici ce qui se passait dans ma "life", il y a deux ans et depuis lors :

- presse en ligne : je quittais à peine la rédaction on-line dans laquelle j'avais passé deux années, chez ZDNet.fr du groupe CNet Networks (racheté depuis par CBS Interactive), sur la rubrique Entreprise. J'en ai déjà parlé dans plusieurs débats, ce fut une expérience enlevée et contrastée. L'impression de rentrer deux ans durant dans un bolide à pleine vitesse, fonctionnant déjà (dès 2005 quand je les avais rejoints) à cheval entre articles en ligne, blogs, contenus multimédias, etc. Puis l'impression d'être venu à bout, après mes deux ans, de la rythmique nécessaire pour continuer une production pliée aux contraintes de l'audience permanente... En même temps, ZDNet.fr fut l'un de mes meilleurs "accélérateurs de particules" au fil de mes 15 ans de journalisme. Et sans doute une vraie "école" de journalisme en ligne sur la place parisienne.- problématique bi-média : je rejoignais à peine alors un projet de presse magazine dans un groupe classique voire ancien, croyant pouvoir y combiner le meilleur des deux mondes, ce qui résumait aussi mon parcours personnel (débuté en PQR). Las, je butterai finalement sur le dur mur de la réalité... On ne peut pas emmener vers le web content des journalistes qui ne souhaitent pas y aller; on ne peut pas rattraper le temps perdu sur plusieurs années en investissement technologique; on ne peut pas jouer le rôle du "monsieur internet" devant avoir la réponse sur tout... tout en demeurant un journaliste polyvalent (écrivant des articles print, pondant des stratégies, gérant au quotidien, etc.).- gestion des blogs : quittant ZDNet.fr, je fermais aussi le blog éditorial que j'y avais tenu depuis deux ans, "Entre les Lignes". Un exercice costaud, qui m'avait épuisé pour produire sur mes propres blogs persos ouverts depuis 2003, notamment Les Médiaboliques (sur 20six.fr) et Teknovores (sur U-blog.net, qui finira par fermer...). Je le regrette, car entre temps, entre ces années 2005/07, sont montés en force pas mal de newcomers devenus par la suite des "blogueurs influents". Chez certains, on a l'impression que le bloguing est né avec eux! Et ils remplissent pas mal des diners mondains et causeries depuis...Force est aussi de constater que le blog multi-plateformes auquel je me suis adonné dès le début n'est pas le meilleur des exercices qui soit, ni un réel atout marketing... Un "mono blog" sur une seule adresse web est bien plus efficace.- journalisme de réseau et de marque : en 2 ans, mon temps de bloguing a du être partagé avec moult écrans complémentaires. Dans l'ordre d'apparition et d'usage pour moi : Viadeo, Facebook, LinkedIn puis Twitter. Plus je les utilise, plus je les apprécie mais moins j'ai du temps de cerveau disponible pour écrire sur mes blogs. Je le regrette, je lutte contre, mais c'est ainsi. Sur ces réseaux, j'ai bien senti ce phénomène du personal branding et de l'ego flatté. Quoiqu'on en dise, on y cède toutes et tous, à des degrés divers, sous des formes différentes. Mon propos? Au moins essayer de le faire avec humour et distanciation, bref de s'y amuser... Et aussi, clairement, de tenter d'y rebondir pour retrouver une position. Sinon, à quoi bon?- indépendance new wave : depuis que j'ai quitté mon dernier poste fin 2008, je suis redevenu un "indépendant" comme on dit pudiquement dans le journalisme et les médias. C'est à dire que je pointe aux Assedics en même temps que je fais des piges. Enfin, "faisais" devrai-je dire. Car organisé au sein d'un projet (LeWebLab.com) avec J-P Govekar, je ne pige pratiquement plus, journalistiquement parlant. Je fais en revanche des missions de web content et conseil éditorial (par exemple pour Viadeo et son blog), et aussi de la formation web (pour le CFPJ notamment).Plus j'avance, plus j'ai le sentiment que dire "je suis journaliste" deviendrait presque un argument défavorable : bilans de compétences, évolution du marché, crise de l'emploi... tout me pousse à me recentrer sur un message simple, centré sur mes capacités de base (communiquer, gérer, former). Plus le fait, comme je l'ai commenté ailleurs sur l'Atelier, d'avoir de plus en plus en face de moi des interlocuteurs du monde technico-commercial, et non plus seulement des journalistes.Voilà les premières idées qui me sont venues. En bref, deux ans de profusion de contacts et de frénésie, d'espoirs et de peurs du lendemain, de clics et de claques, de doutes et de frustrations... Et vous, votre parcours de journaliste est-il similaire, différent, complètement opposé? Sur quelques points, ou en totalité? Au plaisir d'en parler demain soir, au sein du réseau de l'Atelier des Médias et déjà ici online ;-)
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