La police cybernétique accroit la répression en Iran

Un responsable du pouvoir judiciaire du régime des mollahs a annoncé que six personnes ont été arrêtées à Tabriz en rapport avec des "crimes" liés à la mode et au cyberespace.

Selon l'agence de presse officielle IRNA, Ahmad Movagheri, procureur adjoint à Tabriz (au nord-ouest de l'Iran), quatre hommes et deux femmes ont été arrêtés dans le cadre de l'affaire de mode dans la ville. Deux d'entre eux sont des photographes. « Dans l’affaire de la mode, les accusés essayaient d'introduire des produits cosmétiques et des vêtements indécents par le truchement de réseau Telegram », a-t-il déclaré.

La « Fata police » (la police cybernétique) du régime des mollahs et les autorités judiciaires ont principalement ciblé les centres de services de mariage, les salons de beauté et les centres de photographie et de tournage liés à la mode. Cependant, aucun critère n'est fourni pour identifier les activités illicites.

À la suite de nombreuses informations publiées au sujet d’« activités illégales » sur le net, la police cybernétique et le ministre des communications ont annoncé que les chaine d'informations avec plus de 5 000 utilisateurs sur « Telegram » sont tenus de présenter un directeur de canal et de recevoir une licence.

Selon l'agence de presse officielle Tabnak citant le centre de recherche sur le cyberespace, « les réseaux sociaux se sont fait beaucoup de fans en influençant des personnes parmi la population en Iran. »

Le réseau social Telegram avec 15 milliards de messages échangés quotidiennement est le réseau social le plus populaire en Iran. Quelques 170 mille groupes se sont constitués sur le réseau Telegram dont 11 mille ont plus de 5.000 membres. En moyenne, chaque utilisateur iranien est membre de 10 groupe de Telegram et lit plus de 100 articles ou contenus par jour.

"Le net et les réseaux sociaux plus dangereux que la drogue"

Par Ailleurs, le président de l’assemblée des Experts du régime iranien, le mollah Ahmad Jannati, alors qu’il affirmait que le cyber espace et les réseaux sociaux pouvaient mener les jeunes à s’égarer et que c’était plus dangereux que les drogues, le vol et d’autres problèmes sociaux, il a demandé une répression des cyber activistes.

Selon le site web étatique Entekhab, le mollah Jannati a déclaré la semaine dernière lors d’une réunion avec le chef de la police de Kish Island qu’ils devraient prendre des mesures de force pour gérer et lutter contre les dommages potentiels du cyber espace et il a ajouté : « Le cyber espace affecte les idées, les pensées et le comportement des jeunes et vous devriez rendre public le succès que vous avez eu dans la lutte contre ce phénomène à Kish afin que l’on bénéficie de cette expérience. »

Il a déclaré : « Le cyber espace est l’un des problèmes importants pour le régime et le pays et les autres problèmes sont secondaires. »

Le chef de la police de Kish Island a souligné qu’en plus des mesures prises contre l’activité en ligne, le plan répressif contre les femmes et le port impropre du voile est également une des priorités de la police. Il a déclaré : « Le problème du port du voile est une autre priorité pour la police de Kish Island. Il y a plus de 40 délégations religieuses à Kish et leur participation au devoir de « promotion de la vertu et de la prévention du vice » est très bien accomplie, et dans les bazars, les femmes bassidjies font volontairement leur devoir. »


Le régime craint la popularité croissante de l’OMPI

Telegram a refusé au régime iranien de filtrer les chaînes sympathisantes avec l’organisation des moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI-Opposition). Shohadaye Iran, un site web de l’État, a rapporté que récemment une équipe du régime iranien a demandé vigoureusement à Telegram de filtrer les chaînes sympathisantes avec la Résistance iranienne. Mais la messagerie instantanée l’a tout de suite refusé.

Selon le site web le 31 décembre, Telegram a répondu que selon le principe de liberté d’expression, il ne ferait pas suite à cette demande et ne fermerait pas ces chaînes.

Shahin Gobadi, un porte-parole de l’OMPI, a déclaré : « Les tentatives du régime religieux pour que les compagnies étrangères filtrent les chaînes sympathisantes de la Résistance iranienne montre clairement la peur du régime et son anxiété vis-à-vis la popularité croissante de la Résistance iranienne dans le pays, notamment parmi les jeunes. C’est également une reconnaissance de la part du régime, malgré toute la répression et la censure, que les Iraniens veulent se rapprocher de l’OMPI et obtenir les nouvelles et les informations de la Résistance. »

« C’est la ligne avec des avertissements répétés ces derniers mois de la part des hauts fonctionnaires du régime concernant l’augmentation de la popularité et des activités de l’OMPI parmi les jeunes iraniens, notamment dans les universités. »

M'envoyer un e-mail lorsque des personnes publient un commentaire –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Récemment sur l'atelier

Mélissa Barra posted a blog post
Le 8 décembre 2017 s’est tenue à Paris la remise du Prix Numérique et Transparence. Il récompense d…
Vendredi
Atelier des Médias - RFI via Facebook

Puisque les podcasts ont le vent en poupe, on a quelques questions à vous poser. Vous…

Atelier des Médias - RFI via Facebook

Voila un nouvel événement pour mettre en lumière l'innovation…

Atelier des Médias - RFI via Facebook

« L’idée, c’est de mettre en place un mouvement citoyen à grande…

Plus...