Adolfo Suárez, l'homme qui réussit à sortir l'Espagne de l'isolement en Europe en 1977, est décédé. Les funérailles furent pompeuses. Il ayant lutté pour conserver la monarchie et créer un système de partis, ne put pas voir la fin de sa création. Lors de ses derniers jours il était atteint d’Alzheimer: le cynisme des maladies.

La dernière pièce franquiste sur l’échiquier que l'on connait comme Transition Démocratique fut prise. Ayant le cavalier disparu il nous reste que le Roi, la Reine et les autres pions. Les indignés réclament l'arrivée de la Troisième République, d'autant plus que le Roi n'a plus son cavalier qui puisse défendre son régime.

Suárez et Juan Carlos, deux hommes ambitieux

Les hommes et les femmes qui firent sa connaissance assurent qu'il était assoiffé de pouvoir. Mais le roi Juan Carlos cherchait aussi quelqu'un de remplaçable. Autant il fut investi en 1976, autant il devra démissionner en 1981. Il fallait qu'il fût remplaçable. Quand même, Suárez était autant ambitieux que sa majesté. Qu'il fût écarté du pouvoir aurait dû blesser son orgueil. Le roi n'eut jamais ce problème. Suárez avait fait approuver la Constitution en 1978... une constitution royaliste valable jusqu'à nos jours.

Les deux Adolf: Suárez et Hitler

Comment est -ce qu'il réussit à se faire connaitre? Avant tout, Adolfo Suárez ne faisait pas partie du cercle Franco, famille quasiment adoptive du jeune Juan Carlos. Les événements se déroulèrent ainsi: avant de devenir ministre, il avait travaillé comme directeur général de Radio Televisión Nacional de España, chaîne que tel que le journal ABC maquillait l'image sacrée du dictateur mourant. Donc, Adolf le bon connaissait la censure et les moyens de museler l'opinion publique dans le silence. Fut - il un collabo avec l'ancien régime? Peut-être on est en face d'un ancien franquiste réformiste qui légalisera les partis politiques et demandera que l'extrême droite se dissolve.

Tous contre Suárez

Depuis 1979, malgré son ambition qui se voyait de loin, Adolfo sera dévoré par des loups: la gauche (Felipe González et Santiago Carrillo), le franquisme sociologique (Fraga, fondateur du PP) et sans hésitation, le noyau dur du franquisme (Blas Piñar).

Le spectacle pour salir son image et pour que ses votants s’habituassent à lui manquer du respect fut télévisé. Cela fut un véritable hara-kiri. L'opposition qu'il a légalisée réussira à le caricaturer comme un homme faible. Les deux extrêmes, PSOE et le post-franquisme, se mirent d'accord que Suárez encombrait. Claudio, l'empereur romain fut empoisonné. Suárez décidera de démissionner en janvier 1981. Il ne bégaya pas lors de son départ. Il était sûr qu'il voulait partir.

Si Franco a dû fixer un rendez-vous avec un Adolf autoritaire qui exigait l'entrée de l'Espagne dans la Seconde Guerre Mondiale, le Roi Juan Carlos eut la chance de s'entretenir avec un Adolf plus réflexif. Pourtant Adolf le bon n'était pas un saint ni une souris au milieu de la jungle.

Est ce qu'il y eut des points en commun entre les deux Adolfs? Si l'Adolf allemand était arrivé au pouvoir du parti nazi, Adolf le bon avait été le secrétaire général du parti unique autorisé par Franco, connu comme Falange Española Tradicionalista y Juntas de Ofensiva Nacional Sindicalista.

Les prénoms partagés par les deux fut un hasard du destin. C'est connu que les deux n'étaient pas de bons élèves. Mais ils montrèrent que les études valent rien quand l'ambition est forte. Et avec celle - là, l'un d'eux fit autodétruire son pays rêvant de devenir un empire, et l'autre fit marcher en avant un pays divisé... sans faire enterrer ses cadavres.

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