La marginalisation des africains

En la regrettée mémoire de Micheal Brow, Eric Garner, Antonio Martin

« Quelqu’un payé pour faire du bien a fait du mal », Mme Garner à propos de la police de New York

Le XIVème sommet de la francophonie s’est achevée sans qu’aucune des candidatures africaines, présentées pour remplacer Abdou Diouf, le sénégalais, au poste de Secrétaire Général, ne soit prise en compte.

La marginalisation de l’Afrique, ou sa place dans le concert des nations (c’est-à-dire, le commerce mondial) comme périphérie de la périphérie, peut être représentée par certains faits.

La plupart du temps, les économies africaines sont ravagées par des pandémies diverses, et c’est à se demander si à chaque époque son épidémie à combattre; à l’exemple des vedettes comme le SIDA (qualifié, par les médias, de pandémie du siècle), la tuberculose (et ses variantes comme les infections pulmonaires, dont les ravages sont proportionnels, voir même supérieurs au SIDA, dans de nombreuses contrées africaines, à l’exemple de Yaoundé, au regard de nombreux reportages réalisés sur la dite infection par des médias autorisés comme RFI), le paludisme (et ses variantes comme la typhoïde, dont, aujourd’hui encore, les immunologistes ou virologues travaillent sur de nouveaux traitements, du fait de l’apparition de formes résistantes du virus aux traitements actuels) ou le cholera (lequel continue de ravager de nombreuses métropoles africaines, dont, en particulier, celles sans adduction suffisante en eau potable, à l’exemple de la cité balnéaire de Yaoundé, au Cameroun, et environ, voir même la capitale économique, du pays, Douala), la fièvre hémorragique Ebola (lequel a été découvert au courant de la décennie 1970, mais qui continue de sévir jusqu’à l’heure actuelle, avec une épidémie récente en Afrique de l’Ouest, dont, en particulier, en Sierra Leone, pays le plus touché par l’épidémie, mais aussi, en Guinée/Conakry, au Nigeria…), et le temps nous manquerait pour parler du chikungunya, sans oublier toutes celles qui s’attaquent aussi au bétail, pourtant, source de richesse en Afrique (en effet, dans de nombreuses contrées sahéliennes africaines,  la richesse s’évalue aussi en termes de têtes du cheptel bovin, à l’exemple de la région septentrionale du Cameroun, où du fait des coutumes  religieuses, les riches propriétaires terriens dits Aladi se contentent de conserver un nombre impressionnant de bêtes, en vue des sacrifices rituels, comme lors de la fête du mouton, ou alors, pour les parades, notamment à chevaux, lors de fêtes traditionnelles,  nationales, ou alors de réjouissance  populaire, devant les autorités religieuses ou politiques comme le Lamido), à savoir, la maladie de la vache folle, ou alors de la fièvre aphteuse.

Ensuite, à l’image de la crise ivoirienne, dont le déroulement défraya la chronique, le président Mbagbo contestant la prise de pouvoir par Ouattara, chaque fois qu’il y a des élections en Afrique, on entend toujours parler de fraudes, de contestations de résultats, c’est à se demander s’il ne faudrait pas revenir, sur l’ensemble du continent africain, au système de castes, royaumes et chefferies, où le pouvoir ne dépend pas des urnes; en effet, en Afrique, à l’exemple du Maroc (le Royaume chérifien), certains Etats ont conservé l’appellation de Royaume. Par ailleurs, constitué d’une cinquantaine d’Etats, à l’image des Etats-Unis d’Amérique, le continent africain aurait pu voir naître le projet d’Etats-Unis d’Afrique, cher au Ghanéen Kwame Nkrumah (considéré comme le père spirituel de l’Unité africaine, l’actuel UA présidée par Nkosazana Dlamini-Zuma), mais malheureusement. Même si les causes sont multiples, c’est surtout les luttes intestines entretenues par les leaders du continent qui en sont la cause, par exemple, en Afrique centrale, alors que Obiang Nguema se fait récipiendaire d’un prix scientifique décerné par l’UNESCO, au Tchad, Deby Itno annonce la création du CATI (le Centre Africain des Technologies de l’Information) dont la tour devant l’abriter pourrait être l’une des plus hautes d’Afrique centrale, et, quant au Président Biya, il ne cesse de snober ses pairs, par ses absences multiples aux conférences de chefs d’Etat de l’UA, pour ne citer que ces quelques exemples. En bref, ce constat soulève le problème du bienfait de la colonisation, posé par le président Sarkozy lors de son séjour officiel en terre sénégalaise du 26 juillet 2007, ceci, au dépends des analyses qui mettent en exergue les légendes du continent: Chaka Zulu d’Afrique du Sud, Samory Touré de Guinée, Soundiata Keïta du Mali,…

Un autre élément de la marginalisation des africains, c’est leur dotation initiale. En effet, le continent africain est si riche, avec près de deux réserves naturelles (l’une au Cameroun et l’autre au Congo) classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais, à ce propos, on parle plutôt de malédiction, puisque, contrairement aux africains, ce sont des économies dépourvues qui ont émergé, à l’exemple des économies du sud est asiatique, en effet, dépourvues de matières premières, ces économies du sud est asiatique n’avaient d’autres choix que d’exporter des produits manufacturés, à sa façon, chacun de ces pays s’engagea vers l’exportation de produits simples à fabriquer (les vestimentaire, jouets, …), qui requièrent peu de capitaux et beaucoup de main d’œuvre, afin de tirer profit du surplus de main d’œuvre libéré par l’agriculture, puis progressivement (au bout de trente ans environ), sous l’impulsion de leur Etat et avec l’aide de firmes multinationales, elles se sont engagées sur la confection de produits plus élaborés qui requièrent d’avantage de capitaux et de maîtrise technique, c’est-à-dire, l’industrie lourde, avec l’avantage d’offrir des rémunérations plus avantageuses. Autrement dit, ces économies qui avaient un niveau de vie comparable à celui du Cameroun sont devenues, en l’espace de trente ans pratiquement, des mastodontes. En outre, pire encore, comme infirmation de l’idée de malédiction des africains par leur richesse, contre toute attente, les africains sont confrontés à des crises à répétition de la faim, à l’exemple des émeutes de la faim de 2008, dont les conséquences en pertes de vie humaine, du fait de la répression armée des gouvernements, font été assez sévères, à l’image du Cameroun. A ces crises alimentaires à répétition, autre paradoxe, c’est la cause principale, celle de l’insuffisance de la production agricole du continent face à la demande qui leur est adressée, ceci malgré l’étendue de ses terres et de ses paysages verdoyants, et, c’est ainsi que l’on parle, de plus en plus, sur le continent, d’agriculture de seconde génération, c’est-à-dire, de la mécanisation des techniques agricoles, en vue d’améliorer le rendement des terres cultivables, via l’usage d’intrants agricoles, et d’accroître la superficie des terres cultivées, via l’emploi des tracteurs, batteuses, ou autres machines agricoles, ceci, avec l’avantage d’offrir plus d’emplois et d’accroître les revenus du paysan.

Oscar KUIKEU est docteur ès sciences économiques, avec la mention Très Honorable, de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (FRANCE)

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