La liberté de la presse est-elle en danger en France?


Écoutez le débat (36 min. et 00 sec.)


La liberté d'informer est-elle en danger en France ? La question peut paraître osée mais plusieurs éléments et événements récents nous incitent à en débattre avec nos invités cette semaine:

Gérard Davet journaliste au Monde, Augustin Scalbert journaliste à rue89, Jean-François Julliard, Secrétaire Général de Reporters Sans Frontières et Abdou Latif Coulibaly, journaliste sénégalais plusieurs fois mis en examen et jugé cette semaine pour diffamation.

Retour sur les faits et quelques infos sur nos invités.

Ce lundi, Le Monde a annoncé qu'il allait porter plainte contre X pour violation du secret des sources. Le quotidien ne s'en cache pas, dans son esprit, cet "X" n'est autre que le sommet de l'Etat français. Selon lui, après la publication d'un article lié à l'affaire Woerth-Bettencourt, l'Élysée aurait demandé une enquête à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) pour identifier l'informateur du journaliste du Monde Gérard Davet. Un haut fonctionnaire du Ministère de la Justice a, par la suite, été sanctionné. L'Élysée a démenti ces allégations mais plusieurs témoignages semblent montrer que les accusations du Monde sont fondées. Cette affaire n'est pas la première à questionner la manière dont le pouvoir en place gère sa relation aux médias et à la liberté d'informer.

Il y a quelques semaines, on évoquait déjà la mise en examen d'un journaliste de rue89, Augustin Scalbert, pour recel dans une affaire de vidéo off montrant Nicolas Sarkozy sous un jour peu favorable avant un direct sur France 3. Comme l'a expliqué Pierre Haski, invité de l'Atelier en juin dernier, cet extrait, bien que diffusé sans accord de la chaîne France 3 ou du principal intéressé, a un véritable intérêt en termes d'information. Il n'est pas une atteinte à la vie privée. La vidéo montre un homme public dans un déplacement public avant une émission publique.

Quelques jours après la mise en examen d'Augustin Scalbert, c'était au tour d'une journaliste de France Inter Alexandra Ackoun et de Jean-Luc Hees, PDG de radio France, d'être mis en examen pour complicité de diffamation. La reportrice a simplement enregistré et diffusé des propos d'Eva Joly sur le député UMP et ex-judoka David Douillet qui a porté plainte pour diffamation. (Alexandra n'a finalement pas pu participer au débat)

Toutes ces affaires ont eu lieu quelques mois après l'adoption d'une nouvelle loi censée mieux protéger les journalistes et leurs sources. Elles posent toutefois la question de la liberté d'informer en France. On ne peut exercer son métier si l'on sait que nos sources, même anonymes, courent des risques importants et qu'on peut soi-même être mis en examen pour avoir diffusé des informations publiques.


Depuis le Sénégal, Abdou Latif Coulibaly a écouté le débat et a apporté son regard sur la situation française. Il intervenait quelques jours après une audience dans un procès pour diffamation qui l'oppose à un conseiller du président Wade.


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Ziad Maalouf est journaliste, producteur de l'Atelier des médias RFI

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