La figure actuelle d'Haiti

Aspect general

A l’heure actuelle, la planète terre souffre les douleurs des changements climatiques, celles-ci relèvent de

la conséquence de nos inconséquences en ce qui attrait à la gestion des ressources naturelles et de

l’environnement. En effet, la vulnérabilité des communautés face aux risques et aux catastrophes

naturelles relève d’un défi mondial. Son impact sur le développement national et international constitue

une préoccupation majeure pour tous les décideurs, dans le sens que la gestion de l’environnement, des

risques et des désastres devient un domaine transversal.

Aspect specifique

Haïti, le pays le plus pauvre d'Amérique Latine et des Caraïbes est classé parmi les plus pauvres dans le

monde. Avant le tremblement de terre du 12 janvier 2010, près des trois quarts de la population haïtienne

vivaient avec moins de deux dollars par jour, alors qu'à peine 20 % avaient des emplois dans l'économie

formelle et que 86 % des habitants des villes logeaient dans des bidonvilles. Les multiples facettes de la

pauvreté haïtienne sont énormes comme en témoigne les faibles indicateurs sociaux tels que

l'alphabétisation, l'espérance de vie, la mortalité infantile et maternelle. Ces indicateurs permettent de

mieux comprendre le classement d’Haïti (148 sur 179 pays) dans l’indice de développement humain

publié par l'Organisation des Nations Unies en 2008. Au cours de cette même année, le pays a connu une

forte hausse des prix des produits alimentaires de base et du carburant, des conditions météorologiques

exceptionnellement défavorables (une tempête tropicale et trois ouragans majeurs consécutifs en un an).

La crise économique mondiale a également affecté le pays en raison de sa forte dépendance aux transferts

de fonds provenant de la diaspora haïtienne et de l’aide de la Communauté Internationale.

VULNERABILITE DU PAYS FACE AUX CATASTROPHES NATURELLES

Haïti est soumis à une kyrielle de catastrophes naturelles ayant des répercussions sur la vie de population.

Cette situation est aggravée par la dégradation de l’environnement, les taux élevés de pauvreté et de

vulnérabilité structurelle et non structurelle, des problèmes de gouvernance et de manque de maîtrise de

l’espace rural et urbain. Les risques majeurs encourus par le pays sont d’origine hydrométéorologique

(cyclones, inondations et sècheresses), géologique et géodynamique (tremblements de terre, mouvements

de terrain et tsunami).

Le rapport mondial sur la Réduction des Risques et Désastres publié par le PNUD en 2004 fournit un

indice de risques de catastrophes naturelles1 pour Haïti parmi les plus élevés au monde.

Sur le plan sismique

Haïti est située sur une zone de faille tectonique majeure séparant les plaques Caraïbe et Amérique du

Nord. Ces deux plaques coulissent l’une par rapport à l'autre à une vitesse de 2 cm/an. Ce mouvement est

accompagné de déformations de la croûte terrestre, qui provoque des séismes.

Les études géologiques réalisées en Haïti ont permis d'identifier deux principales zones de failles

susceptibles de générer des séismes. Une première se trouve en mer le long de la côte nord. Il s’agit d’une

faille de direction est-ouest, qui se prolonge à terre dans la vallée du Cibao en République Dominicaine.

Une seconde traverse la Presqu'île du Sud d'Haïti de Tiburon à l’ouest jusqu’au Port-au-Prince, qu’elle

traverse, et se poursuit vers l’est dans la vallée d’Enriquillo en République Dominicaine.

le séisme du 12 Janvier provenant d’une faille de 30 mètres de long jusqu’alors inconnue a dépouillé les

départements de l’Ouest, du Sud Est et des Nippes de leurs infrastructures les plus importantes, y compris

les églises, les écoles, les hôpitaux, les logements, l'électricité, l'eau et les télécommunications, sans

oublier les pertes en vies humaines.

Sur l’angle des risques cycloniques et des inondations

De par de sa localisation, le pays se trouve sur la trajectoire des cyclones qui prennent naissance dans le

bassin Atlantique Nord non loin des Iles Cap-Vert pour la plupart.

En outre du passage du quatuor de la tempête tropicale Fay et des ouragans Gustav, Hanna et Ike en 2008,

le 5 novembre 2010, le cyclone Thomas a frappé Haïti et a provoqué des inondations, des glissements de

terrain, la destruction d’infrastructures et la perte de récoltes dans les régions de l’ouest du Sud Est, du

Sud et de la Grande Anse. Cette nouvelle catastrophe naturelle a, une fois de plus, aggravé les conditions

de vie de la population déjà précaires.

GESTION DES CATASTROPHES NATURELLES

LA SITUATION SANITAIRE

Les dix départements d’Haïti comptent 717 institutions de santé incluant 63 hôpitaux parmi lesquels 34

sont privés et 4 mixtes (privé/public) ; 54 centres de santé avec lits ; 198 centres de santé sans lits ; et 402

dispensaires. Quarante-cinq pour cent des institutions de santé sont privées, et 16% mixtes. Trente-deux

pour cent des institutions de santé sont situées dans le Département de l’Ouest. Il existe environ 717

institutions de santé en Haïti. Selon une liste d’institutions de santé publiée par le Ministère de la Santé en

septembre 2005, ces institutions fournissent des services de santé à environ 7 millions d’habitants. Les

institutions de santé sont classées dans les catégories suivantes : institutions publiques directement

financées et gérées par le MSPP ; institutions appartenant au secteur privé et gérées par lui, qui pour la

plupart appliquent les normes tarifaires du MSPP pour la prestation des services de santé mais dont les

frais sont subventionnés par des sources privées ; et institutions dites « mixtes », auxquelles participent le

secteur public et le secteur privé. Certaines institutions urbaines fonctionnent sur une base pleinement

commerciale.

Dans le monde, plus de 884 millions de personnes n'ont toujours pas accès à une eau potable. La

dégradation des services écosystémiques rend plus difficile l'atteinte des objectifs d'amélioration de santé,

de la santé maternelle, d'approvisionnement en eau potable et de lutte contre la faim. Malgré les progrès

observés dans certains domaines, Haïti affiche les indicateurs qui sont loin d’atteindre les Objectifs du

Millénaire avec des taux de mortalité infantile et maternelle parmi les plus élevés dans l’hémisphère Nord

et seulement la moitié de la population haïtienne a accès aux services de santé.

Bien que la mortalité infantile a diminué depuis les années 80, le taux de mortalité des enfants de moins

de cinq ans reste élevé avec 87 sur 1,000 naissances en vie (soit trois fois la moyenne régionale) et la

diminution n’est cependant pas suffisamment rapide pour atteindre l’OMD-4. Avec les efforts consentis et

réalisés, l’espérance de vie est estimée à 62,5 ans en 2012, elle était fixée à 57,5 en 2008.

La mortalité maternelle en Haïti est la plus élevée de la région avec 630 pour 100,000 naissances en vie

(soit six fois la moyenne régionale) et ce est partiellement dû au manque d’accès au personnel qualifié

lors des accouchements et aux défaillances du système de soins post-partum et du système de référence,

en plus du besoin de contraception non satisfait mais élevé, et du faible statut nutritionnel. Bien que

l’accès aux soins prénataux est estimé à 84 %, seulement 26 % des femmes ont bénéficié d’un

accouchement assisté par du personnel qualifié dans les cinq années qui ont suivi l’Enquête

Démographique et de Santé de 2005/06. L’accouchement institutionnel ne concerne que 25 % des

femmes. Or, 64 % des femmes ayant accouché ne reçoivent pas de soins de suivi et 80 % de celles qui

n’ont pas accouché dans un établissement de santé ne reçoivent pas de soins postnataux. Six enfants sur

dix (âgés entre 12-23 mois) ne sont pas complètement vaccinés alors qu’un enfant sur dix n’a jamais été

vacciné.

La diarrhée, les infections respiratoires, le paludisme, la tuberculose et le VIH/Sida constituent les

principales causes de décès. L’accès limité aux autres besoins de base, notamment l’eau et

l’assainissement, demeure un sujet extrêmement préoccupant : 40 % de la population n’a pas accès à l’eau

potable et 80 % n’a pas d’accès à des équipements d’assainissement2.

Alors que le taux de malnutrition s’est stagné depuis l’année 2000, un quart des enfants présentent un

faible poids à la naissance (soit environ deux fois la moyenne mondiale). Presqu’un tiers de tous les

enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance alors que trois-quarts des enfants de 6 à

24 mois sont anémiques. Un tiers des enfants présentent une carence en vitamine A et presque 60 % des

enfants en âge scolaire présentent une carence en iode en raison du manque de sel iodé et de programmes

d’alimentation supplémentaire adéquats3. Alors que 46 % des femmes en âge de reproduction sont

anémiques, seulement 27 % reçoivent des suppléments en fer adéquats (pour une durée d’au moins 90

jours) et 35 % n’en reçoivent aucun. De plus, un grand pourcentage des foyers Haïtiens sont en situation

d’insécurité alimentaire et l’accès à l’eau demeure insuffisant. Le tremblement de terre du 12 janvier 2010

a entraîné vers les zones rurales une augmentation de la taille des ménages dans certains départements,

exerçant ainsi une pression supplémentaire sur les services de base et sur la disponibilité des produits

alimentaires dans un contexte déjà précaire.

En raison des faibles niveaux de production agricole et des mauvaises pratiques d’alimentation, 60 % de

la population est sous-alimenté. Le manque de connaissances sur les pratiques appropriées d’alimentation

des jeunes enfants et l’influence des normes culturelles ont eu plusieurs conséquences : nombre

insuffisant de repas par jour, taux moyens d’allaitement maternel exclusif de 40 % seulement, et

fourniture insuffisante d’aliments riches au plan nutritionnel pour les enfants en phase de croissance. La

malnutrition cause des dommages sérieux et irréversibles, exposant davantage les enfants au risque de

maladie et de décès et compromettant leur développement cognitif et physique, ce qui se traduit par une

réduction du capital humain et une diminution des revenus de manière permanente.

ENVIRONNEMENT BIOPHYSIQUE

Située au centre des Grandes Antilles, la République d’Haïti s’étend entre 18°02’ et 20°06’ de latitude

nord et 71°41 et 74°29 de longitude ouest. Elle partage l’île d’Hispaniola avec la République

Dominicaine dans sa partie Est. Elle est bornée au nord par l’Océan Atlantique, au sud et à l’ouest, par la

mer des Antilles. Son littoral s’étend sur 1,771 km avec un plateau continental de 5,000 km2. Haïti est un

pays montagneux sur les ¾ de sa superficie de 27.750 km2.

Le relief d’Haïti est marqué par un fort contraste entre les plaines (plaine de l’Artibonite, plaine du Nord,

plateau Central, plaines des Gonaïves) occupant 25% de la superficie du pays et les mornes, zones de

montagnes caractérisées par des pentes accentuées.

La situation géographique prédispose le pays à un climat tropical et maritime influencé par des vents de

courant nord-est. En raison de sa topographie irrégulière, le pays présente une grande diversité de

microclimats régis par l'altitude. Dans les zones basses et les plaines, la température excède souvent les

30 °C par contre elle peut aussi baisser à 15°C dans les zones de haute altitude. En moyenne, la

température s'élève à 27°C le long des côtes, avec de légères variations entre l'hiver et l'été.

Le régime de pluviométrie annuel varie de 400 à 4 000 mm suivant la région, avec une moyenne de 1 400

mm de pluie sur plus de la moitié du pays (Port-au-Prince) et seulement de 500 mm dans le Nord-Ouest.

Les régions méridionales et occidentales sont assez sèches alors que certaines plaines, comme le Cul-de-

Sac, sont en partie semi-arides.

Le climat se caractérise par l'alternance de saisons sèches (novembre - mars) et de saisons pluvieuses

(généralement février - mai et octobre), avec des risques de cyclones de Juin à Novembre.

Des chaînes de montagnes, des plaines pour la plupart côtières, et de nombreuses rivières, forment le

relief d’Haïti. Le relief est en effet marqué par la présence de trois massifs montagneux importants (le

Massif de la Selle, le Massif de la Haute et la Chaîne des Matheux) et environ 10.000 km² de plaines.

Les principaux cours d’eau sont le Fleuve Artibonite, la Rivière Massacre et les Trois Rivières.

Le pays possède une diversité extraordinaire, avec la présence d’une grande variété d’écosystèmes, de

régions de haute altitude, de plaines, d’écosystèmes côtiers et marins et de zones humides (telles que des

mangroves, récifs coralliens, estuaires, herbiers etc.), mais également, des écosystèmes insulaires au

niveau des îles satellites.

On distingue neuf zones éco-géographiques, des zones arides et jusqu'à la forêt humide, et elles

maintiennent l'existence d'une grande diversité botanique depuis les mangroves jusqu'aux forêts de pins.

La flore haïtienne comprend plus de 5000 espèces de plantes vasculaires dont 36% endémiques et parmi

lesquelles on dénombre environ 300 espèces de rubiacées, 300 espèces d’orchidées, 330 espèces de

composées, 3 conifères. Au niveau de l’île Hispaniola, Haïti contribue à 30% d’endémisme en termes

d’espèces végétales alors qu’elle n’occupe que le tiers de ce territoire.

La faune contient plus de 2000 espèces dont 75 % d’espèces endémiques. Le pays abrite ainsi une

exceptionnelle faune de grenouilles terrestres. La faune de reptiles témoigne de l’existence de 5 espèces

de tortues marines, de 2 espèces de tortues d’eau. Les écosystèmes d’eau intérieurs contiennent environ

32 espèces de poissons. Environ 245 espèces d’oiseaux connues ont été recensées.

Cependant, la disparition rapide de la couverture forestière a entraîné l'extinction de certaines espèces

végétales et animales, parfois uniques au monde, et menace l'ensemble de l'écosystème. Moins de 2% de

la surface forestière d'origine subsiste encore et la végétation continue de disparaître à un rythme élevé

RESSOURCES ET POTENTIALITES DU PAYS

Paradoxalement, le pays recèle d’importantes ressources et potentialités, cependant, l’une des contraintes

à leur mise en valeur demeure la détérioration de l’environnement, avec :

Plus de 1.500 km de côtes où la présence de fonds coralliens offre des possibilités de développement

axées sur la pêche, le tourisme balnéaire et la croisière ainsi que le développement du transport

maritime ;

Des écosystèmes riches et diversifiés favorables au développement des cultures maraîchères,

fruitières, céréalières et de plantations ;

Des sites naturels exceptionnels comprenant des montagnes, des grottes, des chutes d’eau et la

présence d’une faune et d’une flore exceptionnelles pour le développement de l’écotourisme.

L’existence de gisements de minerais : le marbre, le carbonate de calcium, le lignite et l’argile ;

Sur le plan de son patrimoine culturel (matériel et immatériel) et touristique, le pays dispose

d’importants vestiges historiques. Sept cent quatre vingt-dix (790) unités patrimoniales sont réparties

en fortifications (114), monuments historiques (149), grottes (75), plages (111), sites archéologiques

(86), paysages naturels (49), hauts lieux sacrés (18) et fêtes patronales (188).

CARACTERISTIQUES SOCIOECONOMIQUES

Le recensement réalisé par l’Institut Haïtien de Statistique et d’informatique (IHSI) en 2003 a permis de

dénombrer 8,4 millions d’habitants en Haïti, soit près du double de la population recensée en 1971 (4,3

millions d’habitants) et 2,7 fois celle dénombrée au recensement de 1950 (3,1millions de personnes). Le

taux de croissance intercensitaire est passé respectivement à 1,4 % entre 1971 et 1982 et à 2,5 % entre

1982 et 2003.

Moins de 2/5 de cette population (37 %) habitent l’Ouest, département où se trouve la capitale du pays.

L’Artibonite (16 %) et le Nord (10 %) représentent après l’Ouest les départements les plus peuplés de

l’ensemble du pays. Le poids de chacun des autres départements se situe entre 4% et 7% de l’ensemble.

Près de soixante pour cent de la population de l’ensemble du pays (59,2 %) vivent en milieu rural. Moins

de 2/3 de la population urbaine de l’ensemble du pays (évaluée à 40,8%) résident dans le département de

l’Ouest.

Le taux de l’urbanisation est de 36%, l’aire métropolitaine de Port-au-Prince regroupant à elle seule 22%

de la population du pays, soit 60% de la population urbaine du pays. La densité de la population à Portau-

Prince est de plus de 4000 hab/km2 et dans l’aire métropolitaine de 800 à 4000 hab/km2, en milieu

rural dans les zones les mieux pourvus en ressources naturelles elle est de 300 à 400 hab/km2 et de 150 à

300 hab/km2 dans les zones les plus arides.

Sur le plan administratif, la République d’Haïti est composée de 10 départements. Le tableau suivant

fournit des données sur ces entités administratives.

La natalite

La natalité est encore très élevée avec 28 naissances pour 1000 en 2003. Le taux brut de mortalité s’élève

à 10,5 ‰; l’espérance de vie à la naissance est de 62,5 ans pour les deux sexes, 63,89 ans pour les

femmes et de 61,15 ans pour les hommes en 2012; les quotients de mortalité infantile s’élèvent

respectivement à 60,7 ‰ pour les garçons et à 51,1 ‰ pour les filles; les quotients de mortalité juvénile

(1-5 ans) sont de 40,0 ‰ pour les enfants de sexe masculin et 37,6 ‰ pour ceux de sexe féminin. La

population haïtienne présente une structure jeune. Plus de la moitié de la population a moins de vingt et

un (21) ans et plus de la moitié de la population de l’ensemble du pays est constituée de femmes.

Seulement 8,5 % des logements sont connectés à un service de distribution d’eau dont 80,7 % en milieu

urbain. Dans l’ensemble du pays, 82,3 % des ménages dont 69,4 % en milieu rural utilisent la lampe à gaz

(lampe à pétrole) comme principal mode d’éclairage.

Secteurs d’activités socioéconomiques

Moins de cinquante pour cent des actifs occupés (49,6 %) dont 93,3 % en milieu rural se concentrent dans

la branche « Agriculture, sylviculture, élevage, chasse et pêche » dominée surtout par les hommes. La

branche « Commerce de gros et de détail» dominée surtout par les femmes vient en second rang avec une

proportion de 25,3 %. Indépendamment du milieu de résidence, les femmes restent majoritaires dans la

branche « Commerce de gros et de détail » avec 69,2 % en milieu urbain et 88,0 % en milieu rural.

En milieu urbain, parmi les actifs occupés, certains travaillent comme « personnel des services et

vendeurs de magasin et de marché » (35,7 %) et d’autres comme « artisans et ouvriers des métiers de type

artisanal » (21,0 %) alors qu’en milieu rural, ils sont surtout constitués de travailleurs agricoles (71,6 %).

L’économie est essentiellement tournée vers l’agriculture. Une agriculture de subsistance dont les surplus

sont commercialisés par les femmes, avec une très faible part destinée à l’exportation constituée de café,

des écorces d’oranges, etc.). La pêche malgré le potentiel n’a jamais été un secteur très productif. Les

principaux gisements (bauxite à Miragoâne, cuivre à Terre –Neuve, lignite à Mirebalais) sont sousexploités.

Les terres cultivées manquent, et le quart de la population rurale ne possède pas de terre. Le riz,

le maïs et les patates douces sont récoltés deux fois par an. La plupart de ces productions ne suffisent pas

à satisfaire la demande intérieure et 4/5 de la nourriture doit être importée. On pratique également des

cultures commerciales comme le café, les mangues, la canne à sucre, etc. Le cheptel se compose de

bovins, chèvres et porcs.

Le secteur secondaire est dominé par l’artisanat et la prédominance de petites unités de transformation de

produits agricoles (huiles essentielles, clairin, rhum). Les rémittences envoyées par la diaspora permettent

à des milliers de familles restées au pays de survivre.

ONTEXTE DEVULNERABILITES SOCIALES ET RISQUES ENVIRONNEMENTAUX

La situation environnementale et sociale actuelle du pays résulte de la combinaison de plusieurs facteurs

dont principalement la forte pression sur les terres agricoles, l’urbanisation anarchique, la forte pression

sur les ressources naturelles, les menaces naturelles et la déficience du cadre institutionnel et légal

applicable à l’environnement et à la gestion des ressources naturelles.

VULNERABILITES SOCIALES ET RISQUES ENVIRONNEMENTAUX

La population totale du pays estimée en 2010 à environ 10 millions d’habitants ne cesse de croitre. Déjà

en 2003, la population avait plus que doublé par rapport à 1982. Composée de 51,76% de femmes contre

48,23% d’hommes, elle reste à prédominance rurale (59.18%). En termes d’occupation de l’espace, la

distribution géographique de cette population est fortement inégale. Elle se concentre dans le département

de l’Ouest (37% de la population totale du pays) en particulier dans l’aire métropolitaine de Port-au-

Prince où elle était estimée à 2,5 millions d’habitants avant le séisme, soit 13 fois plus élevée que celle de

Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays.

La pauvreté s’est beaucoup accentuée au sein de cette population. Sur environ 8.3 millions d’habitants en

2003, 4,4 millions de personnes soit 55% se situent en dessous de la ligne de pauvreté extrême de 1$US.

Cet état de fait est plus prononcé en milieu rural, où habite 82% de cette population pauvre. Les autres

indicateurs sociaux révèlent que le pays fait face à un très faible accès aux services sociaux de base,

notamment à la santé, l’éducation, l’eau potable et l’assainissement. Par ailleurs, de part sa position

géographique et sa morphologie, le pays est exposé à un niveau de risques naturels et écologiques élevés.

L’absence d’un système d’alerte efficace rend la situation encore plus complexe.

En 2007, les dommages et pertes causés par les ouragans ont été estimés à 14,6% du PIB dont 51% ont

touchés aux infrastructures physiques et 49% à la production. Les quatre ouragans de 2008 ont été encore

plus désastreux et aux conséquences considérables.

Depuis plus de deux décennies, Haïti fait également face à une crise environnementale due

principalement à une mauvaise gestion des ressources naturelles. Les trente (30) grands bassins versants

du pays ont connu une dégradation accélérée et une forte déforestation. Selon l’étude « Post Disaster

Need Assement (PDNA, mars 2010), Groupe thématique Développement Territorial », seulement 6 des

12 principaux bassins du pays ont une couverture végétale supérieure à 5%.

A ces phénomènes, l’absence d’une politique d’aménagement du territoire a engendré une hypertrophie

de la zone métropolitaine de Port-au-Prince qui est devenue par rapport au reste du pays le centre de

toutes les décisions politiques, administratives, monopole de l’administration publique (75% de

fonctionnaires et employés), le pôle financier et économique (avec 80% des installations industrielles,

commerciales et bancaires du pays). La capitale concentre l’essentiel des équipements et services avec

plus de la moitié des hôpitaux du pays, plus d’un quart des écoles primaires, secondaires et techniques,

plus de 3/4 d’écoles supérieures et facultés.

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted a blog post
Les récentes législatives et l’état de santé du président Ali Bongo Ondimba ont ravivé certaines pr…
4 févr. 2019
mapote gaye posted a blog post
Ceci après avoir publié par «erreur» l’information selon laquelle la présidente du Sénat,  Lucie Mi…
4 févr. 2019
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv. 2019
Plus...