La dégringolade des cours de l’or noir, à leur plus bas niveau en plus de cinq ans, ne révèlent plus que jamais qu’aucune économie ne s’est jamais développée et ne se développera jamais de l’exploitation des richesses issues du sol et du sous-sol, et que l’industrialisation s’impose comme une nécessité à réaliser. En effet, c’est de la contraction de la production manufacturière chinoise, le plus gros consommateur d’énergie au monde et le deuxième plus gros consommateur de pétrole derrière les Etats-Unis, qu’on attribue la dégringolade ainsi observée des cours de l’or noir.

Plusieurs faits permettent d’étayer notre raisonnement.

Au courant de la décennie 1980, qualifiée au sein de la littérature de décennie ou d’opportunité perdue, la plupart des économies africaines entrent en crise. En effet, le taux de croissance du revenu réel par habitant des PED (exclus la Chine et l’Inde) établi à 2.9% entre 1973-1980 passe à 0.2% sur la période 1980-1988, soit une baisse d’environ 13.5%. Il semble que les larges aubaines des indépendances aient eu tendance à déstabiliser la dépense gouvernementale, autrement dit, les gouvernements auraient engagé des dépenses importantes mais insoutenables dans le temps (à long terme). En tout cas, puisqu’on attribue le marasme des économies africaines, ainsi observé au courant de la décennie 1980, à, d’une part, la dégringolade du cours des principaux produits d’exportation (les matières premières), d’autre part, l’appréciation du dollar US, la principale monnaie de libellé des transactions, l’on comprend, dès lors, que le commerce occupe une place de choix pour le développement des africains.

Alors que les magrébins ont connu les printemps arabes, et qu’ils parlent de transition économique aujourd’hui, en vue de devenir des émergents, depuis l’aube du nouveau millénaire, les économies africaines nourrissent aussi, quant-à-elles, l’ambitieuse vision de devenir des émergentes ou à revenu intermédiaire, d’ici un horizon qui ne pourrait excéder la moitié de la décennie 2030. Y parviendront-elles? En tout cas, elles ont fait de la modernisation de l’économie, via les projets dits « structurants », le principal instrument (levier) de leur action, dans l’idée, longtemps martelée déjà, en particulier, par les initiateurs du NOPADA (plus connu, sous son vocable anglo-saxon, comme NEPAD), que l’amélioration des infrastructures constitue un puissant catalyseur pour le développement industriel; par exemple, au Cameroun, on peut citer, la construction du complexe industrialo-portuaire (dit port en eau profonde) de Kribi dans le département de l’Océan, du deuxième pont sur le Wouri, des barrages hydroélectriques de Lom-Pangar, Mekin et Menve’ele, des autoroutes Douala-Yaoundé et Nsimalen-Yaoundé. A l’image aussi de la construction du CATI (Centre africain des technologies de l’information) au Tchad, du nouvel immeuble de la BEAC (à Malabo) en Guinée-Equatoriale, du troisième pont d’Abidjan en Côte d’Ivoire, … .

Le plus souvent, les africains sont confrontés à des crises à répétition de la faim, à l’exemple des émeutes de la faim de 2008, dont les conséquences en pertes de vie humaine, du fait de la répression armée des gouvernements, font été assez sévères, à l’image du Cameroun. A ces crises alimentaires à répétition, autre paradoxe, c’est la cause principale, celle de l’insuffisance de la production agricole du continent face à la demande qui leur est adressée, ceci malgré l’étendue de ses terres et de ses paysages verdoyants, et, c’est ainsi que l’on parle, de plus en plus, sur le continent, d’agriculture de seconde génération, c’est-à-dire, de la mécanisation des techniques agricoles, en vue d’améliorer le rendement des terres cultivables, via l’usage d’intrants agricoles, et d’accroître la superficie des terres cultivées, via l’emploi des tracteurs, batteuses, ou autres machines agricoles, ceci, avec l’avantage d’offrir plus d’emplois et d’accroître les revenus du paysan.

Oscar KUIKEU est docteur ès sciences économiques, avec la mention Très Honorable, de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (FRANCE)

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