Le Buzz européen de Maria Afonso

Un Espagnol, Mario Costeja, a remporté devant la Cour de justice de l'Union européenne un procès historique, obligeant le moteur de recherche le plus connu au monde, pour ne pas le nommer, Google, à effacer les liens conduisant à ses données privées. Une victoire du pot de terre contre le pot de fer.

Tout a commencé en 1998, lorsque le journal espagnol, La Vanguardia, publie dans son édition papier des annonces concernant un recouvrement de dette visant Mario Costeja. Par la suite une version électronique du journal est mise en ligne. En novembre 2009, l'intéressé ayant remboursé toutes ses dettes, estime que la mention de son nom n'est plus pertinente et qu’elle lui porte préjudice. Et il dépose une réclamation auprès de l'Agence espagnole de protection des données visant Google. Lorsque le géant américain interjette l’appel de la justice espagnole, l'affaire est portée devant la Cour de justice européenne. Celle-ci vient de confirmer l’application du droit de la protection des données aux moteurs de recherche. Elle a donc tranchée en faveur du droit à l’oubli sur le web. Mina Andreeva, porte-parole de la Commission européenne, se réjouit de cette décision.

« C’est une bonne nouvelle qui confirme la position de la Commission européenne. La loi européenne peut s’appliquer à un moteur de recherche, et Google doit contrôler les données qui sont sur ses sites. Ce n’est pas seulement bon pour la Commission mais pour les citoyens dont les données seront mieux protégées. » 

Internet retient tout et souvent nous postons nous-même des informations que l’on regrette parfois d’avoir divulguées.

Avec nos J’aime sur Facebook,  messages, et autres tweets nous laissons des traces. C’est une empreinte informatique enregistrée, archivée qui permet de nous identifier. Une information associée à notre nom. Mais pouvons nous nous opposer à sa diffusion, faire effacer un lien ou rectifier l’information ? Et bien la loi européenne vient de poser des limites selon Joaquin Munoz l’avocat de Mario Costeja.

« Ce que nous avons obtenu c’est de savoir quelles sont les règles du jeu. »

C’est un équilibre à trouver entre le droit à l’oubli, le droit à l’information, et celui de la liberté d’expression.

Il peut y avoir une information qui ne plait pas ou encore celle qui vient d’un passé plus ou moins lointain. C’est quand toutes ces informations que l’on croyait derrière nous, réapparaissent et qu’elles s’associent avec toutes les autres données disponibles sur notre vie qu’elles peuvent nous porter préjudice. Pour Enrique Dans, enseignant et blogueur espagnol le droit à l’oubli est aussi impossible qu’absurde. 

«  Ce qui est hallucinant ! Nous sommes en train de demander à un moteur de recherche de ne plus chercher ! »

En tout cas Mario Costeja, celui qui voulait se faire oublier, est depuis cette décision juridique sous les feux des projecteurs. Et la toile avec ses milliers de liens raconte son histoire et son issue heureuse grâce à une décision de la justice européenne.


 

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