La colombe noire

Hier folâtrait Jupiter dans le désert de l’univers, comme la danse des spectres au clair de lune.

Je marchais au loin dans une vallée anonyme où les nuages embrassaient le sol.

Sur les monts immémoriaux qui nageaient dans une lave de sang, se trouvait, perchée dans l’arbre de vie, une colombe noire.

Le sage dont la vertu est lumière s’éclipsait dans l’oubli.

Les armes dont la teneur est éternelle s’ébranlaient dans la mélancolie.

Mon monde souffre et je n’ai qu’une voix pour l’appeler à la paix

Une voix immature, une voix maigre, mais une voix engagée.

N’avons nous pas assez souffert ? Ne sommes nous pas, tous, descendants des fiers guerriers du temps, dont le courage sut tenir face aux grands défis de l’humanité ?

Naguère, par la nature qui dévorait et dégorgeait notre espèce, par ces guerres épidémiques et endémiques, par ces maladies qui décimaient nos espérances, par ces sécheresses infernales, par ces désastreuses famines…

Sommes-nous fils du même homme qui tissa un jour, le fil de l’humanité ?

Demandais-je au rayon de soleil qui fourbait en moi cette liqueur brûlante qui envahissait mon âme.

  • Vous ne faites qu’un ! répondit la colombe noire. Mais il est temps que vous réveillez en vous, l’amour perdu, le sourire meurtri, le bonheur agacé, la paix égarée.

         Parce que, cher enfant,

         Il n’ya pas de paix sans amour et n’y a pas d’amour sans existence.

         Parce que l’amour n’a point de frontière. Elle va au delà des croyances, au delà des conflits, au delà des différences.

         Parce que vous êtes du même noyau et formez ensemble, la perpétuelle chaîne de la vie.

Et comme un coup de tonnerre, une frange éclair scinda l’horizon en une radieuse épée d’où jaillit un oiseau immaculé.

Dans les plus beaux déchaînements de l’azur, s’extasiait dans la noirceur de la peur. Cette colombe à la détente royale, s’installa sur l’arbre de l’espoir.

Il me dit à son tour :

« Autant que l’histoire nous unit en une seule terre, notre amour nous unira en une autre »

Deux milles lumières s’éveillèrent pour chanter les quinze délices du remord et des fantasmes. Ces rudes voies que nous sépare les vicissitudes, la haine, l’obscurantisme, devinrent douces, tel du miel ruisselant de charmants ravins.

Comme si le stratus tournait bride, une voix illuminée nous interpellait :

« Vous êtes maîtres de votre histoire, maîtres de votre destinée, maîtres de vos choix  »

Oui ! Le premier choix, me disent-ils si monolithique.

Ce dilemme qu’il fallait assumer.

Construire en ce monde le jardin d’Eden ou y forger le sanctuaire de Lucifer. En vérité il appartient au monde de peindre l’histoire future de l’humanité.

OumarSidibé

Jeune auteur malien.

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Oumar Aboubacar Sidibé, né le 21 février 1995 à Bamako, est l'un des plus jeunes leaders maliens et écrivains africains. Pour plus d'information sur Oumar Aboubacar : http://about.me/omersidibe

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