L'opposition iranienne et syrienne solidaire

L'Iran a été le maître d'œuvre de la guerre en Syrie. Il a encadré, armé et financé à coups de milliards de dollars les forces syriennes. Il a ordonné au Hezbollah, sa force supplétive au Liban, et au régime irakien qui lui est inféodé, d'entrer dans la bataille pour arracher le régime de Bachar al-Assad d'une défaite certaine. Ce dernier a véritablement faillit être emporté par le vent de révolte qui enveloppa la Syrie à son apogée durant 2012 et 2013.


Dans le drame syrien le rôle de l'Iran est incontestable. L'Observatoire syrien des droits de l'homme déplore 162.000 personnes tuées en Syrie depuis le début du conflit en mars 2011 et près de 10 millions de réfugiés sur les 23 millions de Syriens que compte le pays. Le régime iranien a pesé de tout son poids dans la bataille sachant très pertinemment que le renversement d'Assad sonnera les glas pour le pouvoir des mollahs Iran.


Le général des pasdaran Hossein Hamedani a fait le 4 mai cet aveu sans précédent à propos de la Syrie: « Aujourd’hui, 130.000 miliciens du Bassidj, entrainés, sont en attente d’aller en Syrie. Aujourd’hui, nous nous battons en Syrie pour les intérêts de la révolution islamique (…) En organisant 70.000 jeunes « alaouites », « sunnites » et « chiites » dans 42 groupes et 128 bataillons, le corps des pasdaran se bat en Syrie. Avec le plan de la direction et des tactiques de guérilla urbaines, une sécurité durable s’est à peu près installée. » (Agence de presse iranienne Fars, 4 mai 2014)


Auparavant, Khamenei avait souligné à l’adresse des dirigeants de la dictature que « la Syrie est la première ligne de défense stratégique du régime. C’est pourquoi malgré les difficultés et la complexité de la situation, il ne faut pas désespérer et il faut soutenir Assad jusqu’au bout. » Le mollah Taeb, un proche de Khamenei et chef de groupe extrémiste Ansar Hezbollah, avait aussi clairement reconnu que « la Syrie est la 35e province de l’Iran (...) Si l’ennemi veut s’emparer de la Syrie ou [de la province iranienne] du Khouzistan, la priorité sera donnée à préserver la Syrie. Si on la perd, on ne pourra pas garder Téhéran. » (Médias officiels en Iran, 15 février 2013).


Ahmad Jarba et Maryam Radjavi: cause commune


Si les régimes iranien et syrien se sont unis à mort, la résistance démocratique des deux camps n'ont également pas manqué d'affirmer leur solidarité. L'Agence France Presse a rapporté le 24 mai le soutien apporté par le chef de l'opposition syrienne, Ahmad Jarba, à la présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), Maryam Radjavi, lors d'une rencontre à Paris. Lors de cet entretien, à l'occasion de la visite en France d'Ahmad Jarba, qui réclame avec force des armes à l'Occident, le chef de l'opposition syrienne a "salué la solidarité et la fraternité de la Résistance iranienne avec la révolution syrienne".


"Nous sommes dans le même camp que le peuple iranien, nous nous battons contre un ennemi commun pour atteindre un but commun. Les mollahs au pouvoir en Iran ne bénéficient d'aucune légitimité. Le destin du peuple syrien et de la révolution syrienne est lié au destin du peuple iranien et de son représentant légitime, à savoir la Résistance iranienne dirigée par Mme Maryam Radjavi", a déclaré Ahmad Jarba. La dirigeante de l'opposition iranienne a condamné le "soutien total" apporté par le pouvoir iranien au régime de Bachar al-Assad et à sa politique de répression.


Le régime iranien et le Hezbollah ont réagit avec hystérie concernant la rencontre d'Ahmad Jarba et Maryam Radjavi. Les medias du régime ont largement diffusé la nouvelle de cette rencontre historique, sans chercher à cacher leur rage. « Ahmad Jarba a rencontré Maryam Radjavi, le chef du groupuscule terroriste des Monafeghine et a dit qu’il considère les opposants iraniens comme les frères des opposants syriens, » a déclaré la chaîne d’informations du régime, « Chabakeh Khabar ».


Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais, s’est insurgé contre cette rencontre le qualifiant de geste « désespéré » de l’opposition syrienne.


Les observateurs du Proche Orient particulièrement dans le monde arabe ont souligné la une véritable démarcation stratégique. Le rapprochement de l’opposition syrienne avec la résistance iranienne place cette opposition sur une phase offensive par rapport à l’axe Iran-Bachar-Hezbollah. Dorénavant le régime du guide suprême à Téhéran comprend que son soutien sans réserve à Bachar al-Assad et son implication dans le massacre du peuple syrien aura un prix politique inquiétant pour les mollahs.

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