L'Open data, pour quel modèle de citoyenneté ?

 A New York comme dans de nombreuses grandes villes du monde, l'Open Data, ce fonds public de méga-données, apparaît comme la forme achevée d’une citoyenneté participative et responsable. Pour tous ?

L’Open Data, un nouveau genre de trésor public

Une technologie numérique qui vise ouvertement à rendre plus humaines les grandes capitales. En cette rentrée, à New York, pionnière revendiquée en terme de données publiques, le terme d'Open data serpentait toutes les langues. Les commerces et les lieux culturels relayent de plus en plus la publicité faite depuis trois ans à ce fameux service « NYC Open Data », qui a pour vocation de rassembler et d’exploiter la richesse des données publiques produites par divers organismes de la grosse pomme et d’autres organisations de la ville, et de les mettre à la disposition du public.

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Le site de la mairie de New York décrit ainsi l’Open Data comme l’invention d’un trésor public contemporain. Ce catalogue, fonds sans fond, offre « un accès à un référentiel d’ensembles de données lisibles par tous les citoyens.

« N’importe qui peut utiliser ces ensembles de données pour participer à son tour à la recherche de data, voire à la création d’applications. La data, c’est un service public qui va dans les deux sens, se réjouit  la mairie de New York, qui voit dans l’Open Data une technologie propice à l‘instauration de rapports horizontaux entre citoyens et administrateurs de la ville.

La main et le modèle 

Pourtant, ce dispositif technologique n’est pas encore pensé comme un moyen de mettre en place une politique efficace, puisque ciblée, à l’endroit des exclus.

Ce que l’Open Data ne modélise pas, ce sont les données discrètes de ces citoyens de l'ombre, des gens démunis qui n'ont plus accès aux services fondamentaux de la ville, comme l'électricité ou l'instruction. Invisibles, ils peuplent les souterrains des grandes villes.

L'Open Data est-elle en mesure de le formaliser totalement ? Dans les boyaux rouillés de la ville, gisent vivantes des sommes indéfinies de données non communicables. Si elles étaient connues et exploitées, elles pourraient pourtant donner lieu à une politique de logement et d’emploi efficace, car finement ciblée. 

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« Ceux qui trouvent refuge dans cet enfer sont ceux que la société ne recense pas. Ces hommes et ces femmes sont pour la plupart des repris de justice, des délinquants en cavale, des drogués, ou des traumatisés de guerre » explique Stéphane Tonnelat, sociologue, chargé de recherche au CNRS, qui mène un travail ethnographique sur divers types d’espaces publics urbains à Paris et New York. Une  façon de donner pleinement sens à l'Open Data ? 

Reste à savoir comment ces habitants que les institutions ne reconnaissent pas percevront l'Open Data quand cette technologie viendra les sonder : geste citoyen ou entrave aux libertés individuelles  ? De quelle main l'Open Data est-elle le modèle, de celle qui rend service ou de celle qui surveille ?  Le débat ne fait que commencer. 

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Journaliste médias à Intégrales Mag et à Socialter en même temps ; sème aussi des chroniques, notamment à Sud Radio (Le Brunch Médias) ; intervenante au Celsa "nouveaux médias".
Twitter : @ClaraSchmelck
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