L'arrivée de nouveaux médias digitaux panafricains vue de RFI

La thématique de cette semaine – « L’Afrique convoitée par les grands médias »- est intéressante à plus d’un titre, vue de RFI. Pendant plusieurs décennies, nous autres, les médias qui travaillent depuis des lustres sur l’actualité panafricaine, étions perçus en France un peu comme de « drôles de zèbres », passionnés par une zone considérée en Occident comme marginalisée. Région à laquelle la plupart des autres médias français faisaient peu de place.

À RFI, nous étions - et restons - la seule radio française à parler autant de l’Afrique au quotidien (10 journaux Afrique par jour), en traitant, certes, d’une actualité politique pas toujours rose, mais aussi des questions de société, de l’économie et de l’incroyable richesse culturelle de ce continent. Une actualité déclinée, dès 1997, sur Internet.

Avec l’apparition, dans les années 90, de journaux et radios privées dans de nombreux pays et, progressivement, de télévisions non étatiques, nous avons assisté à une première révolution, liée à la fin des partis uniques. Une nouvelle étape est en train d'être franchie, avec la « démocratisation » en cours de l’Internet. Certes, des sites de journaux et portails africains existent depuis longtemps. Mais jusqu’à récemment, n’en profitaient sur le continent africain que les habitués des cybercafés et la minorité bénéficiant d’une connexion à domicile ou au bureau. Avec l’explosion du téléphone mobile et l’arrivée de smartphones meilleur marché, offrant une connexion Internet, une nouvelle révolution a commencé. Et ce n’est que le début du processus.

Les géants de la téléphonie mobile et de l'Internet - ce n’est pas un hasard - considèrent l’Afrique comme une « nouvelle frontière ». Parallélisme intéressant, d’ailleurs, avec le positionnement des grands acteurs économiques internationaux qui tiennent exactement le même discours en ce qui concerne les affaires. C’est dans ce contexte que de nouveaux médias non africains, comme le Point, le Monde et d’autres, ont décidé de développer des sites qui viennent enrichir l’offre existante (rfi.fr, jeuneafrique.com, afrik.comslateafrique.com, etc.). Le raisonnement est simple : pour les producteurs d’information, l’Afrique est désormais également perçue comme un « marché » d’avenir, où le nombre de « consommateurs » d’actualité croît très rapidement. Sachant que la diaspora, dispersée un peu partout dans le monde, est, elle aussi, gourmande d’information sur cette partie de la planète.

Pour notre part, à RFI, nous venons de lancer un site spécialisé sur le foot africain,http://afriquefoot.rfi.fr, et nous proposons, depuis plusieurs années, une couverture de l’actualité africaine 24/24 en audio et en texte (http://www.rfi.fr/afrique), ainsi que toutes nos émissions et chroniques disponibles en ligne. Autant de contenus accessibles en version mobile et via nos applications I-phone, I-pad, Android et Windows phone. Offre que nous allons continuer à renforcer.

Quoi qu’il en soit, l’arrivée de nouveaux acteurs ne peut que dynamiser le secteur de l’information panafricaine en ligne, en proposant de nouvelles sources d'informations aux internautes férus de l'actualité du continent.

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Christophe Champin
En charge des Nouveaux médias à la direction de RFI

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Commentaires

  • Bonjour Christophe,

    Votre article est très intéressant. Je constate également que les médias internationaux qui s'intéressent (enfin!) à l'Afrique, prennent soin de travailler avec des journalistes africains, à l'instar du Monde Afrique que je lisais encore ce matin avec des signatures africaines. C'est une bonne chose.

    On a beaucoup parlé, et on parle encore des réseaux sociaux. J'en profite pour vous parler du réseau que je viens de mettre en ligne, avec un nom qui réveillera certainement la curiosité de plus d'un: www.wassadudu.com. Que les devinettes aillent bon train! 

    Mais là n'est pas l'essentiel. Ce qui est important, c'est que www.wassadudu.com trouve sa place à l'ombre ou à côté des géants des réseaux sociaux. Pour la publicité, j'ai pensé à cette petite phrase: Les réseaux sociaux ont un nouveau visage: Wassadudu. En anglais, je fais un petit jeu de mot avec Facebook. The Social Book has a new Face: Wassadudu.

    Bien à vous.

  • merci pour les remaques

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