Le “MoJo”, qu’est-ce que c’est ? C’est le ”journaliste mobile”, et contrairement à une idée reçue, ce n’est pas seulement celui qui sait manier son smartphone comme un as des applications, C’est bien plutôt celui qui sait se jouer des formats pour proposer un autre journalisme. Pour en savoir plus, j’ai donc reçu l’indispensable Nicolas Becquet, journaliste explorant sans relâche depuis des années la boîte à outils du journaliste numérique. Nous y parlons de Facebook Live, de l’instant Détox de FranceInfo ou encore d’un podcast francophone sur le MoJo.

Le mobile, c’est un peu comme l’Internet ou les réseaux sociaux : cet objet que l’on glisse dans sa poche s’est imposé comme une évidence dans nos existences. A telle enseigne qu’aujourd’hui, on le voit comme le prolongement naturel de la main. Le mobile, c’est aussi ce condensé de technologie qui nous enjoint de répondre quand tout en nous aurait envie de s’abandonner au songe et à la rêverie. Mais là, je vous propose de partir d’une autre définition du mobile. Le mobile, c’est cet outil de 12 cm sur 5 qui change radicalement la façon dont on accède à l’information, la façon dont on produit de l’information mais aussi la façon dont l’information nous retrouve, nous assaille, et nous environne.

Nicolas Becquet est journaliste, responsable du numérique pour lecho.be, mais surtout, c’est un extraordinaire pédagogue sur son blog Mediatype.be pour faire le point tout ce qui concerne l’utilisation du mobile et/ou de nouveaux outils dans les rédactions puisqu’il s’efforce, régulièrement, de mettre en place des projets “innovants” : vidéo à 360, tournage en mobilité ou nouveaux formats vidéos…

Retour d'expérience du côté de l'Echo 

D’ailleurs, A L’Echo, il suffit d’aller voir sur le site de la rédaction comprendre que le plus petit dénominateur commun de toutes ces innovations, sur le fond et sur la forme, c’est en un certain sens le mobile. Le public s’informe et consomme ses infos autrement ; il est donc nécessaire de proposer des contenus adaptés à ce nouvel environnement.

Après, la question du MoJo, pour le dire pompeusement, ou de l’utilisation du mobile, ne doit pas être caricaturée : tout le monde n’a pas nécessairement, dans une rédaction vocation à produire des formats vidéos. En revanche, il est opportun de s’appuyer sur “les plus agiles”, comme les appelle Nicolas Becquet, pour tenter d’élargir la focale sur le travail de terrain et de continuer de proposer des expériences immersives fortes. Oui, parce que le mobile, c’est aussi, en un certain sens, une plus grande proximité avec l’info et/ou l’internaute.

Le cas France:Info

D’ailleurs, le Mojo, ça pose beaucoup beaucoup de questions, jusques et y compris en terme d’organisation : à France Info, la nouvelle chaîne, il y a encore beaucoup de crispations autour de ce que peut et doit faire un journaliste.
J’ai l’impression qu’en cette rentrée, on a quand même passé un cap. Comme si Facebook Live, la fonctionnalité permettant de faire du direct, avait fait basculer beaucoup d’usages… Loin devant Periscope.
Forcément, à l’Atelier, on a eu envie d’aller voir ça de plus près. Notre reporter Manon Mella est allée voir Julien Pain, que les auditeurs connaissent puisqu’il avait monté le projet Les Observateurs de France 24, et qui désormais pilote l’équipe de linstant detox de France Info, la nouvelle chaîne.

Voici son reportage >L’Instant Detox de franceinfo : l’émission de fact-checking 100% réseaux sociaux

Avec l'Instant Détox de France Info, on est en face d’un projet assez radical où tout part du Live, est ensuite monté, puis repart sur les réseaux sociaux. Naturellement, la mise en place de ce genre de projet peut poser, pour des acteurs traditionnels des médias, bien des questions : comment se prémunir contre le risque de dénaturation/dilution de l'identité éditoriale ? Et puis : encore une fois, il y a cette hyper-dépendance vis-à-vis de Facebook.

Un podcast francophone sur le MoJo 

En tout cas, produire avec son téléphone et publier sur les réseaux, c'est se rapprocher de son audience. Et de ce point de vue, c’est un lien fort et intéressant. Qui permet même de renouer avec des publics qui depuis de longues années ne venaient guère s’informer sur des canaux classiques.

Mais, soyons honnête, pour l'instant, aucun média n'a véritablement franchi le pas. Chacun essaie, tout le monde progresse. Les formations à la vidéo pour mobile explose, mais pas au journalisme mobile.
Dernier détour dans cet article : il existe en tout cas une véritable communauté d’intérêt autour de cette utilisation du mobile par les journalistes. Et là, je n’ai qu’une recommandation à faire : allez voir du côté du podcast co-animé par Philippe Couve, Guillaume Kuster et Laurent Clause. Ce podcast répond à des questions souvent simples, mais pourtant par évidentes. Exemple avec la dernière livraison. Tourner avec son smartphone : vertical ou horizontal ?

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Crédit image : Esther Vargas (cc-by-sa 2.0) 

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Réalisateur de _Tous les Internets, coproduction ARTE / Premières lignes
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