Photo via Ted Eytan on Flickr

Mon année extraordinaire à Stanford s’est terminée. C’était une expérience humaine et professionnelle assez rare et, naturellement, cela soulève plein de questions sur ce que je vais faire après.

Ce qui est sûr c’est que je vais continuer à travailler sur mon projet qui consiste à réfléchir à une meilleure distribution et consommation de l’info dans le temps. La question est de savoir maintenant quel va être le meilleur cadre pour le faire et la meilleure localisation géographique. Et j’ai une très forte intuition que cela va être sur la côte Ouest des Etats-Unis.

Je vous ai parlé de mon futur mais je voudrais aussi parler du futur au sens large. Je repense à une discussion que j’ai eue avec un camarade ‘fellow’ qui m’a laissé imaginer le futur dans 10 ans.

Le point de départ de cette conversation tournait autour des projets que nous avons développés cette année. Ces projets qui devaient réinventer le journalisme mais étaient quand même très focalisés sur la réinvention du média, c’est à dire de l’outil dont on se sert pour transmettre l’information collectée. Et nous nous sommes demandés sur quoi est-ce que nous devrions travailler ou réfléchir, une fois posées les questions « Quel va être le journalisme ? Comment va-t-on pratiquer le journalisme dans 10 ans ? ». Etant au cœur de la Silicon Valley, nous étions entourés de personnes portant des Google Glass, et j’exagère à peine.

 

Cela m’a portée à me poser la question du rôle que pourraient jouer ces Google Glass, cette paire de lunettes connectées dans la collecte d’information ?

Si nous nous projetons vraiment dans l’avenir, cela fait de n’importe quel citoyen un journaliste-citoyen, un objet ou une personne capable à tout instant de collecter de la donnée. C'est-à-dire que dès qu’il se passe quelque chose, on n’attend même plus les quelques secondes pour sortir son téléphone, on est constamment en train de capter ce qui se passe partout dans le monde. Si tout cela est branché sur Google, Google peut très facilement, à l’aide d’un petit algorithme, scanner, collecter et analyser les données, les images, les informations, tout le « bruit » qui est collecté par tous les porteurs de Google Glass sur terre. Et à partir de là la firme de Mountain View pourra très facilement repérer que  à tel endroit, à tel moment ou telle localisation géographique, il y a une anomalie qui a été détectée par l’algorithme. Et nous aurons un journaliste qui va enquêter sur cette anomalie. Il va creuser ou voir quels sont les autres individus porteurs de Google Glass qui sont à côté pour commencer à créer une histoire. Comment est-ce que je fais pour ensuite créer des “hashtags” des mots-dièses, pour collecter, organiser toute cette information. Après on peut aller très très loin, rajouter du son, de l’image, etc…derrière tout cela toujours, Google, le « Big Brother » !

Lire l'article sur le site des Observateurs de France24 sur la première arrestation filmée au moyen de Google Glass : http://observers.france24.com/fr/content/20130710-arrestation-filmee-lunettes-google-glass-avenir-journalisme-citoyen

 

Et là on est pas dans la science-fiction, on est dans la projection d’une technologie qui existe déjà qui est déjà en train d’être implantée. Et cela m’inspire un peu d’appréhension. Cet objet que sont les Google Glass a l’air intéressant, fascinant, spectaculaire. Mais mon problème avec les Google Glass, c’est que c’est Google qui est derrière donc une entreprise privée. Et on a vu, avec les récents débats aux Etats-Unis, que cela pose énormément de problèmes éthiques.

Ce sont des questions qu’il faut absolument se poser pour ne pas voir uniquement les Google Glass comme un nouvel outil de transmission de l’information.

Marie-Catherine Beuth est journaliste, spécialiste des nouveaux médias au Figaro. Elle est l'auteure du blog 
Étreintes digitales. Chaque semaine, dans l'Atelier des médias, elle s'arrête sur l'un des aspects de la r/évolution des médias actuellement en cours.

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News Concierge | Co-founder @getnod | 2013 @JSKStanford fellow | Correspondent @Le_Figaro @Atelier_Medias

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Commentaires

  • C'est toujours avec un plaisir de lire Marie-Cathérine Beuth. Et j'apprécie toujours les sujets abordés dans atelier des médias. A propos de cette question: que sera le journalisme à l'avenir? La perspective des technologies qui facilitent la pratique du journalisme est bien réjouissante. Mais personnellement, je pense qu'il faut considérer cette perspective dans ce qu'il a d'incidence sur le volet économique. En claire, toute nouvelle technologie qui facilite la pratique du journalisme devrait prendre en compte la dimension économique, c'est-à-dire, permettre au journalisme de survivre économiquement dans un monde ou l'information ne semble plus une denrée à vendre.

    Du reste, je partage l'inquiétude de MC_B du fait que Google Glass est un produit de Google, une entreprise privée. Cette entreprise pourrait avait une grande influence sur la facon dont on diffuse l'info ou même sur l'info qu'on diffuse.

  • J'y suis allé moi aussi de mon petit tirage de plan sur la comète. C'était en février, mais ça rejoins pas mal ton analyse. 

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