Information préoccupante que celle parue dans
Editor & Publisher, le plus vieux journal US parlant de l'industrie du journalisme, et reprise par Robert MacMillan sur le blog
Mediafile de Reuters. On y apprend que le plus important journal du New Jersey, le Star-Ledger, après avoir réduit son personnel de près de 40%, avait affecté deux journalistes au tri du courrier.
Dans le marasme économique actuel, la direction du
Star-Ledger avait décidé de se séparer d'une partie de son personne..., tout département confondu, en proposant des départs transactionnels.
L'offre de départ négocié était un pis aller, un "catch-22" comme disent nos cousins américains, car la baisse des revenus du journal aurait autrement amené la direction à le vendre à un acquéreur qui aurait purement et simplement licencié le personnel non désiré.
Bref, nombreux départs ont permis au journal de continuer à exister.
La surprise, c'est que deux journalistes sont passé au tri du courrier -l'article ne dit pas si c'est permanent ou pas-, peut-être parce que le personnel de ce département avait subi un plus grand écrémage qu'escompté. Pour reprendre le titre du blog Mediaflife de Reuters, une nouvelle carrière de journalisme existe : la salle du courrier (mailroom) par opposition à la salle de rédaction (newsroom).
La note se termine avec une citation d'un rédacteur en chef, Jim Sheppard : "Il n'y a pas de petit boulot dans le journalisme". Sauf qu'en principe on commence de bas pour prendre plus de responsabilités !
Pour reprendre Pierre Bourdieu, “c'est une profession très puissante composée d'individus très fragiles. Collectivement, les journalistes peuvent écraser. Individuellement, ils sont sans cesse en péril.” (La misère des médias, Télérama n°2353, 15 février 1995, p.10)
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