A l’époque je faisais ma cinquième année d’études primaires. Ma vie ne s’était jamais passée en dehors de la maison de mon père. Mais il en était temps, sans que je ne le voie arriver. Des milices rwandaises, « les Interahamwe », exilées dans le parc national congolais de Kahuzi-Biega depuis la guerre génocidaire du Rwanda et l’arrivée de Laurent-Désiré KABILA, commençaient à sévir dans mon milieu natal. C’était dans la province du Sud-Kivu, à l’Est de la R.D. Congo. On vivait la cruauté la plus atroce jamais connu dans par ma génération. Ces rebelles descendaient presque toutes les nuits dépouiller mes paisibles compatriotes pendant des périodes bien ciblées. Les tortures, les pillages, les viols sexuels, les tueries et les déportations régnaient. Avant de subir le même sort que les autres, ma famille choisit l’exile. C’est alors je  découvre la vie de réfugié après plusieurs nuit passées dans la brousse pour le bien de ma peau.

Mes différents articles constituent pour certains une menace mais je ne vous écris que ce que je sais, que j’ai connu, vu ou vécu et cela sans prétentions ni prix, mais d’un cœur pluraliste et honnête. Alors, qu’on m’en veuille, je ne comprends rien…  A vous de me juger et d’apprécier mes publications… Je voudrais produire un livre mais je mlanque de moyens!

J_ai_connu_et_v_cu_la_guerre_au_KivuDepuis la brousse on pouvait suivre leurs mouvements, entendre les balles crépiter et crier les femmes se faisant violer souvent devant leurs familles. Pendant ce temps, le gouvernement de Laurent-Désiré KABILA qui venait de renverser Mobutu depuis trois ans, célébrait le pouvoir à l’autre bout du pays à Kinshasa la capitale. Comme plusieurs autres enfants, je provenais alors de ma famille d’accueil pour aller à l’école. C’est fut tellement pénible que je ne sais oublier ce passé si douloureux. Parfois on retourner dans nos familles respectives pour mettre la propreté et revenir au nouveau chez-nous. C’était en 2000!

A leurs passages, plusieurs femmes et filles se faisaient violer sexuellement et d’autres déportées pour devenir esclaves sexuelles. Certains jours, les hommes étaient déportés comme transporteurs des butins pillés dans leurs propres maisons ou celles des voisins. D’autres se faisaient tuer parfois après avoir assisté ou lutter contre le viol de leurs femmes et/ou leurs filles. Des familles où les malfrats ne trouvaient rien d’intéressant devaient connaitre la torture, la déportation ou la mort d’au moins un membre. Pour la protection des enfants, les adultes nous épargnaient certaines réalités. Petit gosse, j’ai vécu cette tragédie, elle est en moi.

Certaines nuits, la population prenait le risque de faire face au groupe des pillards. Le lendemain matin, on constatait alors davantage de dégâts. Des personnes tuées dans les deux camps et d’autres blessées pouvaient se compter. Le bilan s’alourdissait car les rebelles se vengeaient en plus de passer à leur sale besogne. Les déportaient qui pouvaient avoir le malheur d’arriver dans leurs installations de la brousse n’en revenaient souvent jamais vivants de peur qu’ils trahissent leur cachète. Il fallait alors être habile, intelligent et courageux pour s’échapper, bien que cela puisse causer des ennuis à ceux qui restent. Sans qu’on ne sache comment, ils avaient des hérauts qui précédaient leurs ravageurs  passages pour repérer des coins propices, où bétails, femmes et autres richesses étaient trouvables. Leurs différentes arrivées étaient donc éclairées par des personnes qui avaient au préalable visité le milieu. En route, les déportés fatigués recevaient un repos, la mort.

Des années sont passées et l’histoire s’écrit en grands caractères mais les gouvernants s’interdisent de la lire. Aujourd’hui, plus de dix ans après, ceux qui nous dirigent ne sont pas capables de finir les guerres qu’ils ont en partie commencées. Les populations de l’Est de la RDC vivent encore et toujours sous la menace de la mort, dans la peur et dans les guerres dont les origines sont parfois internes. Malgré les discours de promesse de paix du pouvoir de KABILA, les congolais de l’Est du pays sont au bout de leurs espoirs. « Désormais, c’est du bruit tous leurs discours irrespectueux à notre égard, me confiait il y a peu un d’entre eux, tout  abattu. Fatigués d’attendre, ils ont arrêté de compter sur Kinshasa, car souvent à chaque promesse de paix correspond souvent un retour de guerre... Ce n’est qu’une brève histoire que je vous raconte… J’en ai un peu assez connu, un peu trop vécu… Alors ma vie est plutôt une survie! ©fideleblog.canalblog.com

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Commentaires

  • Merci beaucoup. C(est dur mais c'est ça, hélas! On tient le coup. Nos dirigeants ne les sont que pour eux-mêmes dans la plupart des cas. Malheureusement l'occident sponsorinse leur jeu de mauvais goût!

    Merci pour votrecommentaire et à très bientôt.

  • Témoignage touchant! Quelle triste réalité! Et dire que vous êtes des centaines de milliers sinon des millions à avoir vécu ou viv une telle tragédie. Pourquoi les dirigeants africains sont si aveuglés par leurs ambitions personnelles?

    Du courage

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