« Ne sois pas triste si je ne peux pas assister à ton mariage, sois heureuse » avait écrit à sa fille Shahrokh Zamani depuis sa prison de Gowhardach située dans la ville de Karay à l'ouest de Téhéran.

 Comment pouvait-il y assister quand les autorités interdisent  aux prisonniers tout contact avec le monde extérieur? Comment pouvait-il rester indifférent devant tant d'arrestations, tant de tortures et d'exécutions infligées aux milliers des combattants qui tombent quotidiennement pour la liberté d'un peuple dont plus de 80% vivent sous le seuil de pauvreté; un pays où il y a plusieurs millions de chômeurs, des enfants obligés de travailler et d'errer dans la rue, où la prostitution des jeunes filles, la toxicomanie et la dépression, faute de  moyens pour survivre, font des ravages dans la population. 

Zamani était un travailleur, de ceux qui certainement auraient un instant songé au mot d'ordre : « prolétaires du monde unissez-vous ». Un mot d'ordre qui terrorisa l'Europe au cours du XIXe siècle. Le travailleur Zamani terrorisait les mollahs, misérables diables, lâches et inquiets, agrippés à leur pouvoir chancelant. 

Ils ont eu peur devant la personnalité de Zamani de lui accorder une mort violente. Il est mort néanmoins, mort en prison, dans sa cellule, à 17 heures avant le crépuscule et loin de l'aube. Mort soudainement et pourtant ses camarades de prison l'avaient quitté peu de temps avant en bonne santé. Du sang jaillissait de sa bouche. « J'ai subi des tortures physiques et psychologiques, des menaces de mort; j'ai fait la grève de la faim pour les dénoncer » avait-il confié. Ce qui ne nous dispense pas de penser à l'impensable, « il a été assassiné dans le silence de sa cellule » 

Il fut membre du syndicat des ouvriers du bâtiment et de la peinture, membre du Comité pour la création des syndicats indépendants. Il avait martelé avec courage que la richesse de l'Iran est aux mains d'une petite minorité profiteuse. 

Quoi de plus injurieux que l'accumulation de richesses au profit d'un petit nombre, tandis que le peuple traîne dans la misère et qu'ainsi les richesses soient pour les mollahs un moyen d'ouvrir des foyers de guerre, de subventionner le terrorisme et de prétendre acquérir l'arme nucléaire. 

Le Comité de soutien à Zamani, l'Union Internationale pour la solidarité des travailleurs de l'Iran, la Confédération Internationale des travailleurs Canadiens ainsi qu'Amnesty International condamnent ce lâche assassinat et demandent une investigation complète et indépendante afin d'élucider les causes de la mort de Zamani. 

Shahrokh Zamani est parti vers sa dernière demeure accompagné par ce peuple qu'il  a tant aimé. Un peuple qui se prosterne devant son courage.La colère et les larmes du peuple iranien accompagneront Zamani pour l'éternité et de sa tombe jailliront les fleurs de la  liberté de l’Iran.

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