Impression étrange ce matin 21 janvier, après la soirée d'investiture présidentielle aux Etats-Unis, et l'intronisation de Barack Obama. Comme le sentiment d'être ressorti d'une "expérience" unique, à double étage : la prise de pouvoir d'un noir à la Maison Blanche; la prise de pouvoir du web 2.0 sur la presse classique.
Sur ce second aspect, cela dit, cette interface CNN/Facebook est-elle si révolutionnaire que cela? Non, mais elle a le mérite de proposer un produit de fusion, un usage mutant. Soit de synthétiser et optimiser plusieurs technologies et pratiques antérieures :
- la session de webcast : écran multiple comprenant de la vidéo en streaming, des éléments écrits, des pages webs, etc. J'avais connu personnellement un tel dispositif pour l'annonce du plan 2009 de Carlos Ghosn, et pour une conférence de presse EDF;
- la vidéo streaming live et HD : connue déjà sur de nombreux sites de films et séries, le point fort est de l'avoir utilisé ici en "live", et de façon planétaire;
- le module de twit boosté : l'outil Facebook a en effet été sorti de son contexte, et modifié dans sa finalité. L'"état" est normalement exposé sur son profil et dans le tronc commun. Là, tous les états étaient associés pour créer un flux, où l'on se causait à l'intérieur du flux. Expérience pour une nouvelle interface à venir chez Facebook? Il est vrai qu'on tient là à la fois du twit et de la messagerie instantanée.
Quant à mon utilisation de ce dispositif, j'avoue m'être un peu laissé porté par la dispersion induite, le papillonnage généralisé et le caractère hypnotique de cette diffusion. Mais je l'ai vécu à la fois comme utilisateur lambda et journaliste, donc en cherchant à commenter dans l'interface Facebook, tout en regardant le flux vidéo, et en écrivant sur un de mes blogs. Ce dernier effort, deux notes pour commencer à analyser ce dispositif, ont donc, dans ce contexte précis, étaient rudes à écrire. Ce pour plusieurs raisons :
- l'impression de "bordel général", le palpitant à fond, à pianoter entre interface CNN/Facebook, mails, logiciels, etc. A hésiter aussi entre télé classique (allumée aussi dans la maison) et web...
- la difficulté à vouloir écrire dans le flux de témoignages, à participer, tout en gardant un morceau de cerveau disponible et lucide pour réfléchir et écrire à part.
- le sentiment d'inutilité de ces deux notes, alors que tous les yeux et doigts étaient concentrés sur un dispositif quasi unique mondial... Moi-même j'avoue ne pas avoir eu le temps de regarder ailleurs sur le web et les blogs que je connais par ailleurs pourtant.
De toute évidence, il y aura eu un avant et un après 20 janvier 2009. Comme la date clé de la fusion, en live, de la télévision avec le web communautaire. Les évolutions de cette nouvelle convergence seront passionnantes à observer.
Pour compléter : lire aussi
l'analyse de P. Gammaire; ainsi que mes deux notes référentes,
Investiture d’Obama : le coup réussi de CNN et Facebook,
Investiture d’Obama : le dispositif web, 2 heures après…
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