Interview

Jacqueline Gueu Seuyanou (Maire Udpci )

" Je tends la main à tous pour le développement de Bin-Houyé"

-         Ce que je vais faire

 

Après Ouguin Panpoa Julien de l’Union pour la démocratie et pour la Côte d’Ivoire (Udpci) en 2001, Célestin Noutoua Youdé du Pdci-Rda en 1995 Auguste Sévérin Miremont de 1985 à 1990, Jacqueline Gueu Seuyanou est la première femme maire de Bin-Houyé, élue en 2013. Dans cet entretien, Jacqueline Gueu Seuyanou invite toutes les forces vives de sa commune à l’accompagner dans son développement. Elle tend la main à ses adversaires, après le résultat des urnes.

 

Madame le maire, la Cour suprême vient de trancher le contentieux électoral, confirmant ainsi votre élection comme maire la commune de Bin-Houyé. Quels sont vos sentiments ?

 

C’est un grand plaisir pour moi et pour tous ceux qui m’ont soutenue tout au long de la campagne. La Commune a une superficie de 500 km² et une population d'environ 60 000 habitants. La sous-préfecture de Bin-Houyé est bordée au sud par celle de Toulépleu (27km), au nord par Zouan-Hounien (21km), à l'ouest par le fleuve Nuon qui forme trois kilomètres de frontière naturelle avec la République-sœur du Libéria et à l'est par le fleuve Cavally qui la sépare de la sous-préfecture de Bloléquin.

 

Si vous êtes arrivés à un contentieux électoral, c’est dire qu’il y a une déchirure entre les filles et fils de la commune. et particulièrement de la commune. Comment comptez-vous gérer cela ?

 

Le mot déchirure est trop grand pour cette situation-là. Nous avons tous opté pour ce poste de maire. C’est un peu comme une coupe qui se joue dans une région. La finale ne peut pas entraîner une déchirure dans une région. On a fini de jouer, celui qui devait prendre la coupe l’a prise, je pense que c’est le moment pour moi de démontrer ce que j’ai dit théoriquement, lors de la campagne électorale.

 

Peut-on savoir ce que vous avez tenu comme langage ?

 

Ce que j’ai dit est bien traduit sur ma liste qui est : Unité-Equité-Développement. Je pense que c’est le moment de mettre en pratique ce que j’ai visé comme objectif, en nommant cette liste-là, ainsi. Je ne pense pas qu’il y ait une déchirure. Il me revient de tendre la main, à mon petit-frère, qui est mon petit-grand-père, parce qu’il (Ndlr : Narcisse Méman) vient du village de ma grand’mère paternelle. Je n’ai aucune animosité contre lui, encore moins parler de rancœur. Au contraire, cela a permis à chacun de nous d’exposer devant nos parents ce que nous voudrions faire. Ce sont ces choses mises ensemble qui feront développer notre commune.

 

Avez-vous déjà tendu la main à votre adversaire, ou c’est pour bientôt ?

 

Je le ferai très bientôt. Je vais associer à ma démarche certains de nos aînés qui m’ont épaulée, je vais aussi toucher ceux qui l’ont épaulé. Je souhaiterais que le développement soit l’affaire de toutes les forces vives de la Région.

 

Avez-vous déjà des projets pour la Commune de Bin-Houyé qui ne vivra que de subvention de l’Etat. Lesquels ?

 

C’est vrai que nous aurons la subvention de l’Etat mais, la Commune de Bin-Houyé ne vit pas seulement de cela. Nous sommes à la frontière du Libéria. Il y a le bac qu’on doit réhabiliter, pour la traversée du fleuve Nuon qui fait frontière avec la Côte d’Ivoire et le Libéria. Il y a aussi un poste des Douanes, les marchés comme celui de Boutouo, et le marché principal de Bin-Houyé, pour vous dire qu’il y a des chantiers déjà en place pour faire rentrer des devises.

 

En tant que fille de la commune êtes-vous sûre que l’union entre les filles et fils de Bin-Houyé est possible. Comment ?

 

Quand on veut, on peut. Comme on visait le même objectif, je parviendrai à ce que la main tendue soit acceptée et qu’ensemble, nous développions notre commune.

 

Après votre élection, quels sont les projets prioritaires, selon vous ?

 

Avant l’élection de ma liste, j’avais mis sur pied une association dénommée : "Délà" (qui signifie en langue Dan : seuls nos efforts peuvent nous sauver), qui a été un de nos principaux instruments pour mon équipe et moi. Cette association qui est un Institut de formation et d’éducation féminine (Ife) a eu son arrêté, et a été autorisée grâce, au ministère de la Solidarité, de la Famille et de la Femme et de l’Enfant. Nous allons lancer nos activités, très bientôt et le ministre sera l’invitée principale. Le ministre du Plan et du Développement, Mabri, fils du terroir, ne sera pas en reste.

 

Pourquoi cette association ?

 

Il faut dire qu’avec la crise, les mœurs sont dégradées, les filles ne sachant que faire, s’adonnent à des pratiques qui n’honorent pas la femme.

 

A vous écouter, on a l’impression que la prostitution est grandissante dans cette région…

 

Parler directement de prostitution, c’est trop dire. Il faut dire qu’elles ont des préoccupations qui nécessitent de l’argent, raison pour laquelle j’ai mis sur pied l’association dont je vous parlais plus haut, afin qu’elles puissent s’épanouir par leurs efforts.

 

Que préconisez-vous pour l’ensemble des jeunes ?

 

Quand le Président Alassane Ouattara parle d’emplois, ce n’est pas seulement dans les bureaux. Il sera question de sensibiliser les jeunes, parce que les projets, il en existe. Depuis, que je suis rentrée de l’Italie, il y a de cela plus d’une dizaine d’années, j’ai pu faire le constat. Il y a beaucoup de réalisations à faire chez nous, que les jeunes peuvent faire.

 

Comme quoi par exemple ?

 

L’agriculture, l’élevage etc. C’est pourquoi, je soutiens que : "je ne serai pas un maire qui va désigner un résident". Je serai moi-même résidente pour mieux suivre les travaux de développement. Par exemple, au niveau la Direction de la production animale, il existe des projets de jeunes où on donne des échantillons de bovins, d’ovins et autres. Pour tout cela, il faut que je sois sur place pour que ceux qui ont bénéficié de ce genre de projets puissent travailler effectivement. Mon frère est certes mon premier partenaire, mais j’ai des partenaires qui m’ont soutenue moralement, matériellement et financièrement qui sont prêts et qui attendent.

 

Ces partenaires veulent faire quoi exactement ?

 

Certains veulent créer un complexe hôtelier, et d’autres des boîtes de nuit. Ce sont des choses qui existaient au temps du maire Miremont et les gens venaient d’ailleurs. Tout cela faisait vivre la commune et faisait rentrer de l’argent. Il y a aussi l’exploitation du bois et pourquoi pas de l’or. Il y a des partenaires qui sont déjà venus en prospection pour voir au niveau de l’or à Bin-Houyé. Construire comme il en existe à la mine d’or de Ity.

 

Avez-vous des partenaires extérieurs ?

 

Je vous le confirme. Je profite de votre micro pour remercier toutes celles et tous ceux qui m’ont soutenu. A mes adversaires, je n’appartiens plus à un camp, j’appartiens à tout le monde. C’est ensemble, dans l’union que nous pourrons bâtir Bin-Houyé.

 

Réalisée par Sériba Koné

 

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