"Que le Conseil économique et social soit opérationnel"

Mme Aïssatou Seye Cissé, opératrice économique dans le transport (Pendis-Ci), a la particularité d’exercer dans un secteur réservé  aux hommes. Elle parle du milieu des affaires en Côte d’Ivoire.

Vous venez de prendre part, à Barcelone, au Programme Amp initié par Mde Business School d’Abidjan, qu’avez-vous retenu ?

Cette formation de haut niveau permet d’acquérir des connaissances supplémentaires utiles sur l’administration des affaires. Elle permet d’améliorer les performances des uns et des autres sur le marketing opérationnel stratégique, d’améliorer les ressources humaines et de permettre de mieux analyser mes décisions de finances.

Comment comptez-vous implanter les connaissances acquises ?

C’est le but poursuivi, en mode formation, nous opérateurs économiques et chefs d’entreprise. Pour que notre formation puisse traverser les frontières des salles de salle, nous avons appris les rudiments nous permettant de mettre en application ces acquis dans nos différentes entreprises, pour avoir une meilleure gestion de nos ressources humaines, afin de pouvoir développer et créer des emplois durables et insuffler une dynamique à nos activités. Nous avons eu aussi, comme en travaux pratique, des B to B, ici à Barcelone, avec des chefs d’entreprises espagnols, pour nous inspirer de leurs expériences et amener à venir dans notre beau pays pour apporter leurs connaissances et leur savoir.

Au moment où il est de plus en plus question de relance économique, comment appréciez-vous le milieu des affaires en Côte d’Ivoire ?  

Le milieu des affaires est très favorable et la période des affaires opportunes. Nous avons différents instruments mis en place, notamment,  le nouveau code des investissements plus attrayants, le cadre de partenariat public-privé que développe désormais le gouvernement. Nous avons espoir, le moment est opportun et il faut en profiter.

Certains opérateurs se plaignent tout de même de contraintes qui freinent leurs activités, est-ce le cas pour vous ?

Ce n’est pas faux. Précisément dans le transport, secteur dans lequel j’évolue. Nous avons de sérieux problèmes au niveau de la pression fiscale. Elle est tellement élevée qu’elle plombe nos activités. Nous devons payer des taxes de stationnement, transport des patentes et vignettes. C’est vrai que nous remercions le Président de la République et son Premier ministre qui nous ont épargné la pression fiscale l’année dernière. Mais cette année, au sortir de la crise, nous devons faire face à la prime fiscale, c’est normal, mais nous la trouvons très élevée. Nous leur demandons de voir dans quelle mesure ces taxes peuvent être revues pour alléger nos charges.

Nous pouvons participer, à notre niveau, à la création d’emploi. Mais, avec cette pression, ce n’est pas facile. C’est pourquoi nous estimons qu’il serait bon qu’une institution comme le Conseil économique et social, déjà mis en place par le Président de la République soit maintenant opérationnel, pour porter nos préoccupations et donner du coffre à nos vœux.

Est-ce que vous êtes nombreuses dans votre secteur ?

Malheureusement, non. Les femmes sont très discrètes. Il y en a, mais elles n’osent pas parce que c’est un métier réservé, entre guillemet, aux hommes. Je pense qu’il faudrait que nous femmes de Côte d’Ivoire, démontrions qu’il n’y a pas de métier réservé aux hommes. Que tout métier est possible, à condition de mettre en avant la valeur, et beaucoup de considérations dans la pratique.

En tant que femme leader, vous faites partie de celles qui ont lancé le projet de recensement des compétences des féminines pour constituer un répertoire. Où en est le projet ?

Le projet évolue. Je suis intervenue, lors du Compendium des compétences féminines, en 2011, en présence de la Première Dame, dans le but d’inciter mes sœurs à s’intéresser à tous les corps de métier et monter que nous avons des compétences en Côte d’Ivoire, à tous les niveaux. Qu’il serait bon de créer un système qui permette à toutes les femmes évoluant dans divers secteurs d’activité, de mieux se connaitre, mieux faire connaitre leurs préoccupations et partant, amener les autorités à créer des banques de données incitant les femmes à se prendre en charge.

Un mot à l’endroit de toutes celles qui n’ont pas vos moyens, qui sont de petites commerçantes, etc., et qui voudraient voir leurs affaires grandir ?

La première chose est de chercher à avoir de la visibilité par rapport à leur activité, à la moderniser. On peut être vendeuse d’attiéké ou d’alloco, mais avoir un système moderne qui permet d’avoir une vision sur l’activité sur les moyens en long termes. Je demande donc à ses dames de sortir de l’informel, car tant qu’on y reste, on évolue sans avoir de visibilité. Cela nécessite un compte d’exploitation, ce qui leur ouvrira, plus tard, des portes des institutions s’intéressant à la taille de leur activité, relativement à un financement, car elles seront plus concrètes dans l’approche de développement de leur business.

Interview réalisée à Barcelone par Adama Koné (Source Frat-Mat)

                                                                  

Légende: Mme Aïssatou Seye Cissé de la société Pendis-CI, en tenue noire congratulée par la Première Dame, Dominque Ouattara (Ph: Archive)  

       

 

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